lundi 22 mai 2017

Législatives à Royan : Gérard Potennec et Laura Durand-Tenailleau en marche

• 5ème circonscription de la Charente-Maritime
Le binôme composé de Gérard Potennec (MoDem) et de Laura Durand-Tenailleau (En-Marche) sa suppléante, confirme sa candidature sur la 5ème circonscription de la Charente-Maritime (Royan). Au titre de l'alliance entre le MoDem et En-Marche, c'est le candidat investi par le MoDem qui portera la candidature de "La République en Marche".

Gérard Potennec, 66 ans, a travaillé dans le domaine de la santé à l’hôpital de Royan en imagerie médicale. Élu à la ville de Royan de 1983 jusqu’en 2010 et à la Communauté d’agglomération, il a déjà été candidat notamment aux élections départementales en 2015 à Saujon. Il fait à nouveau équipe avec Laura Durand-Tenailleau, 30 ans, accompagnatrice d'élèves en situation de handicap au titre de l'Education nationale.
Ancien Vice-Président du Conseil Economique et Social de 1995 à 2007, Gérard Potennec est Président fondateur de l'Université Inter-Ages de Royan.
La liste de ses réunions publiques dans la circonscription sera publiée très prochainement.

Raphaël Gérard, candidat aux élections législatives : « Avant Emmanuel Macron, je ne m’étais jamais engagé dans un courant politique car aucun ne me convenait totalement »

Raphaël Gérard est candidat de la République en Marche aux Législatives sur la quatrième circonscription Jonzac/Royan. Habitant Lonzac (dans l’ex-canton d’Archiac), ce Lorrain d’origine est chargé de la valorisation du patrimoine de la Maison Hennessy à Cognac. Il appartient à cette génération qui croît, comme Emmanuel Macron, que la modernisation du pays est liée à la conjugaison des talents et des synergies et non à la désignation d’hommes et de femmes politiques par les apparatchiks. Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice à condition d’y contribuer dans un esprit constructif et collectif, et non dans l’intention de renforcer les rangs d’un parti. 
Les résultats de cette Législative 2017 seront intéressants en ce sens où l’on saura si les Français souhaitent changer d’oxygène. Oseront-ils rompre avec le passé en cautionnant un Gouvernement qui possède à sa tête un Président de 39 ans ? Lui donneront-ils une majorité parlementaire ? Question ! Dans ce cas-là, les deux grands blocs gauche/droite (PS et LR), qui alternent depuis des lustres selon le balancier électoral, seront fort embarrassés…
Rencontre avec Raphaël Gérard partant sur un territoire tenu jusqu’alors par Dominique Bussereau (Les Républicains) qui n’a pas souhaité se représenter pour se consacrer à la présidence du Conseil départemental.


Raphaël Gérard au milieu de lycéens samedi matin place du château à Jonzac
• Raphaël Gérard, les habitants de la quatrième circonscription de Jonzac/Royan où vous êtes candidat à la députation vous connaissent peu. Pouvez-vous vous présenter ?

Je vis dans la circonscription, à Lonzac, depuis quelques années. Je suis natif d’un petit village de la Lorraine du Sud, plutôt agricole. J'ai fait mes études à Paris, à l’Ecole du Louvre.  J’ai débuté ma vie professionnelle dans une collectivité territoriale où j’étais responsable d’un musée de la région parisienne, sur un statut d’attaché de conservation du patrimoine, avant de prendre la direction du musée de Montmartre. Ensuite, j’ai fait le choix de travailler dans le secteur privé pour Louis Vuitton pendant six ans. J'étais chargé des grands projets d’exposition patrimoniaux à l’international. Une tâche passionnante ! J’ai eu la chance de faire le tour du monde, de la Chine aux Etats-Unis en passant par l’Argentine. En matière d’expérience professionnelle, c’est très formateur. Quel est le regard porté sur la France à l'étranger ; quel est le rapport au travail d’un pays à un autre ? Cet éclairage est intéressant.
Depuis 2012, je travaille à Cognac pour la Maison Hennessy qui m’a confié un projet ambitieux de valorisation du patrimoine dans le cadre de ses 250 ans. Organisation des archives, gestion des documents, univers de la viticulture, débats de fond qui ont animé le monde du cognac. S’y ajoute l’action culturelle qui comprend à la fois le circuit de visites et des spectacles qui mettent en scène différentes disciplines. La programmation attire un nombreux public.

• Quand avez-vous rejoint Emmanuel Macron et le Mouvement En Marche ?

J’ai une forte conscience politique et j'ai toujours eu des débats passionnés avec ma famille ! Quand j’étais étudiant, j’ai mené une action militante associative dans la lutte contre le sida avec Sol En Si qui s’adressait aux familles victimes ou touchées par le sida.
Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais engagé auprès d’un parti politique car aucun ne me convenait totalement. J’ai rejoint le mouvement En Marche après la déclaration de rassemblement d’Emmanuel Macron. Je me suis alors beaucoup impliqué sur les réseaux sociaux et auprès de mes amis.
Quand j’ai déposé ma demande d’investiture aux Législatives auprès des équipes d’En Marche à Paris, j’ignorais quelle en serait l’issue car je n’étais pas le seul postulant !
Désigné officiellement, je suis en campagne. Des réunions sont programmées ainsi que des rencontres avec les élus et les acteurs de terrain pour me présenter et échanger. Mes premiers contacts sont avec le maire de Jonzac, Claude Belot, et les élus du secteur d'Archiac. La dynamique d’En Marche étant ascendante, il sera question d’aménagement du territoire, d'économie, tourisme, viticulture.
Notre objectif est de donner une majorité parlementaire à Emmanuel Macron pour qu’il puisse mener à bien ses projets. Aux grands chantiers, développement, amélioration du pouvoir d’achat, s’ajoutent les préoccupations des habitants de la quatrième circonscription qu’il est important d’aborder. Le rôle du parlementaire est d’être un lien entre le terrain - élus, associations, professionnels - et le Gouvernement.
Le projet de gare à Neuvicq, par exemple, est un vrai challenge. Pour avoir suivi le même débat dans la région d’Angoulême, je constate que les efforts déployés en Haute-Saintonge sont constants. Quand Emmanuel Macron dit « qu’il faut encourager la mobilité », une gare qui desservira un creuset de population de plus de 300.000 habitants est un véritable enjeu. Nous devons également œuvrer avec les départements limitrophes, Gironde, Dordogne, Charente en élaborant des dynamiques communes.

• La campagne sera brève puisque les élections auront lieu les 11 et 18 juin. Qui est votre suppléante ?

La campagne sera effectivement courte. D’où l’importance d’une bonne organisation et mobilisation. Ma suppléante est Evelyne Delaunay, l’épouse du maire de Chenac Saint-Seurin d’Uzet. C’est une femme dynamique et engagée qui porte un projet de musée du caviar. C’est une bonne idée qui entre dans le cadre de l’attractivité du territoire. Nous avons de nombreux points en commun.

Evelyne Delaunay a été distinguée par l'Académie de Saintonge 
pour son projet de musée du caviar à Saint-Seurin d'Uzet
• Vous travaillez pour un groupe puissant dans le cognac. Si vous êtes élu, ne risquez-vous pas d’être "partagé" entre les intérêts de votre créneau professionnel et ceux de la collectivité ?

Un aspect du programme d'En Marche est la moralisation de la vie politique. Pour moi, il est clair qu’il n’y aura pas concomitance entre l'activité de mon employeur et celle de député. Je pense qu’un député doit être sur le terrain et à l’Assemblée Nationale. C’est pourquoi, si je suis élu, je mettrai en marge mon activité professionnelle. J’ai averti mon DHR la semaine dernière, l’informant que je menais une campagne électorale. Quand j’ai soumis ma candidature au comité d’En Marche, j'ai agi avec de vraies convictions. Ce n’est pas une fantaisie de ma part ! Ma carrière, atypique, m’a donné un certain nombre d’atouts. Il y a des moments dans la vie où il faut avancer. J’aime la région et j’ai envie de m’investir.

• A vos yeux, quelles sont les qualités du nouveau Président Emmanuel Macron ?


Il est brillant, cultivé, possède une vraie vision et une capacité à casser les codes. Je suis convaincu que les Français attendent un homme comme lui, même si le discours est un peu brouillé actuellement par de vieux réflexes d’opposition. Les Français veulent que les élus travaillent ensemble. Les programmes des uns et des autres ne comportent pas de divergences colossales quant aux grandes questions gouvernementales. La véritable opposition se joue aujourd’hui entre les progressistes et les conservateurs. A droite, à gauche, au centre, des gens sont prêts à prendre le risque de sortir d’un appareil pour travailler dans le même sens, comme le démontre la composition du nouveau Gouvernement.
Travaille-t-on pour un appareil politique ou pour les citoyens ? C’est la question qui est posée. Emmanuel Macron l’a dit dès le départ : l’étiquette politique n’est pas très importante à partir du moment où il faut dynamiser l’économie, créer des emplois, favoriser l’égalité des chances.

• Vous êtes sur une circonscription où les « richesses » sont réparties d’inégale façon, du florissant tourisme royannais aux secteurs ruraux qui rencontrent des difficultés ?...

Les choses bougent. Il ne faut pas opposer le tourisme de Royan à l’agriculture et la viticulture en Saintonge. La nature de l’économie est différente, mais il y a certainement des passerelles à créer. Pour avoir travaillé le sujet, l’œnotourisme est un réalité. Prenez par exemple le succès remporté par la cité du vin à Bordeaux. Il faut créer des synergies entre les régions viticoles qui ont des points en commun.
La ville de Bordeaux draine un tourisme fluvial qui remonte l’estuaire de la Gironde. Il y a des spécificités à développer. Nous avons un nombre important de croisiéristes américains qui viennent pour découvrir le vin : on leur montre le Bordelais, un peu la région de Cognac, mais on peut aussi leur présenter des expériences en biodynamie sur les bords de l’estuaire. Tout cela doit s’organiser en  dehors des frontières administratives. La philosophie d’En Marche est de dire « on a des intérêts communs. Ne travaillons pas les uns contre les autres, mais ensemble pour tirer partie de nos atouts ». L’estuaire, c’est à la fois la Charente-Maritime et la Gironde avec une vraie logique de bassin à la fois culturelle, naturelle et économique.

• Vous estimez que ce manque de passerelles et de dialogue nuit à l’essor des territoires ?

En effet. Revenons à la Petite Champagne. Aujourd’hui, la question des droits de plantation est un sujet sensible entre la positon du négoce et celle de la viticulture. La balle est dans le camp de l’interprofession en partenariat avec les décideurs locaux. En bon "macroniste", il y a sans doute une position intermédiaire à trouver.
On est sur un produit naturel, la vigne mettant cinq ans avant de produire. Des mesures sont à prendre parce que les ambitions du négoce sont fortes. Dans les années à venir, le risque serait que la région ne soit pas en mesure de répondre à la demande et que le marché soit déstabilisé.
Pour la première fois dans leur histoire, les viticulteurs sont dans une position de force, les prix montent tout seuls ! Pour cette raison, il faut se projeter dans l’avenir. Tout le discours que j’entends porter est « regardons devant ! On discute pour voir jusqu’à quel point on peut produire, sans que ce soit un risque, et jusqu’à quel point ceux qui sont en face s’engagent. Tout en tenant compte de la solidité des marchés ». Il n’est pas question de placer les viticulteurs dans les situations du passé où la surproduction avait entraîné des arrachages.
Par ailleurs, les ventes à l’export peuvent être fluctuantes en raison des règlementations des pays. La Chine en particulier est très stricte en matière de santé publique. La transition écologique est au cœur du sujet viticole.

• On parle beaucoup de pesticides…

En Charente, on est encore dans un système où ce sont les distributeurs de produits phytosanitaires qui font eux-mêmes le diagnostic des vignes de nos viticulteurs. D’autres régions ont su mettre en place des agences indépendantes avec des scientifiques qui donnent leurs points de vue sur l’opportunité des traitements et conseillent les producteurs. Ce type d’outil permet aux viticulteurs de « raisonner » leurs productions dans une recherche de qualité.

• Votre premier baptême du feu a eu lieu vendredi dernier sur France 3 à l’occasion d’un débat télévisé avec trois de vos concurrents, Loïc Girard (LR), Fabienne Dugas Raveneau (PS) et Lucie Kirchner (FI). Tout le monde n’était pas sur le plateau…

La rencontre a été courtoise. Ces trois candidats sont sérieux et engagés, certains étant sur le terrain depuis longtemps. Avec Lucie Kirchner, professeur de philosophe au lycée représentant la France Insoumise, nous sommes issus de la société civile et incarnons le renouvellement du "casting" politique. L’émission ne durait que 28 minutes et pouvait être suivie sur le net.
Sur les grands sujets fédérateurs, nous nous retrouvons sur la fracture numérique par exemple. Dans ce domaine, les territoires sont inégaux. Habitant Lonzac, j’ai du attendre deux ans et demi pour avoir une connexion à peu près fiable ! J’imagine la difficulté du viticulteur qui doit envoyer ses déclarations par internet… Ce sont des sujets qui nous préoccupent tous ; ensuite chacun a sa méthode pour être efficace. Si je suis élu, ma logique sera de travailler avec les forces vives de la région.

• Manquait Benoît Biteau, candidat PRG bien connu pour ses engagements en faveur d’une agriculture respectueuse de l’environnement ? 

J’ai eu un échange avec son équipe sur l’agriculture biologique, le bio dans les écoles. Je suis forcément pour et confidence, je cultive moi-même mes salades ! On m’a également demandé si Hennessy envisageait de faire du cognac bio. Je ne vois pas comment c’est possible en raison du modèle de production et des assemblages. Ce serait forcément de petites séries.
En revanche, le créneau économique du bio est réel, c’est un boulevard pour les petits producteurs. On est sur une tendance mondiale baptisée "craft" qui valorise ces productions. Accompagner les agriculteurs, les viticulteurs dans leurs démarches, encourager leurs filières est un créneau que les élus doivent soutenir. Je me souviens d’un retour de Pékin où dans l’avion, j’avais rencontré Dominique Bussereau et des chefs d’entreprise de Charente-Maritime dans le cadre d’un partenariat qu’ils avaient entrepris avec la Chine : de tels échanges sont à poursuivre.

• Quel est votre slogan de campagne ?

En Marche ! Il correspond à une logique de rassemblement, on a assez perdu de temps à ergoter ! Ma volonté est de faire avancer le territoire en invitant tous ceux, de droite, de gauche et du centre, qui sont prêts à entrer dans une logique de coopération. Qu’ils nous rejoignent !

dimanche 21 mai 2017

Patois : Maryse Guédeau et ses amis expliquent à la Nouvelle-Aquitaine pourquoi le Saintongeais n'est pas du Poitevin !

Le collectif pour la défense de l'identité saintongeaise a été reçu le 15  mai à l'hôtel de la Région Nouvelle-Aquitaine par Charline Claveau-Abbadie, conseillère régionale déléguée Langues et Cultures régionales. La délégation était constituée de Pascale Burjade (Gironde saintongeaise), Didier Catineau (Saintes – Association Esprit saintongeais), Pierre Couprie (Pays bas saintongeais), Jacky Ferrand (Charente saintongeaise – Cognaçais qui conduit la délégation), Maryse Guedeau (La Rochelle – Association les Amis de Xaintonge) et René Robin (Saintonge maritime).

 Communiqué de Maryse Guédeau :

La carte qui fâche...

Le 15 Mai 2017, une délégation saintongeaise s’est rendue à l’Hôtel de Région à Bordeaux pour remettre à M. Alain Rousset, Président du Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine les trois  pétitions spontanément lancées au national sur Internet, en Nord-Gironde et dans le secteur de Saintes-Jonzac en Charente-Maritime, suite à l’étonnant retour du poitevin-saintongeais sur deux pages dans le numéro d’hiver du journal de la nouvelle région.

Après avoir été chaleureusement accueillie par BENOIT BITEAU, conseiller régional de Charente-Maritime, la délégation a été reçue par Mme CHARLINE CLAVEAU-ABBADIE, Conseillère régionale déléguée Langues et Cultures régionales de Nouvelle-Aquitaine, accompagnée d’un fonctionnaire de la région en charge de ce dossier.

Mme CHARLINE CLAVEAU-ABBADIE a remercié les Saintongeais de s’être déplacés jusqu’à elle pour lui expliquer pourquoi une telle opposition au poitevin-saintongeais ; la délégation l’a remerciée en retour de sa démarche d’avoir accepté de les entendre.

La délégation s’est en premier lieu attachée à lui expliquer l’historique de l’invention du poitevin-saintongeais.

Il lui a été rappelé que le saintongeais est un vieux patois de France qui compte des traces écrites depuis le XIIIe siècle et qui a toujours été un dialecte de France à part entière.
Il était encore considéré comme tel en 1998 (cf. rapport sur les LANGUES ET CULTURES REGIONALES de BERNARD POIGNANT, Maire de Quimper à LIONEL JOSPIN, Premier Ministre - 1er juillet 1998 – Documentation Française), jusqu’à ce qu’en 1999, suite à un incroyable lobbying en feu région Poitou-Charentes en quête d’identité, des intellectuels - tous en lien avec l’UPCP de Parthenay en Deux-Sèvres - obtiennent de Paris le remplacement du saintongeais et du poitevin par une langue unique appelée « Poitevin-Saintongeais ». Quelques années ont suffi pour découvrir tout le néfaste de cette création.

A l’invention de cette langue sans aucun locuteur, les Saintongeais ont fait opposition en mettant en place en 2006, un COLLECTIF POUR LA DÉFENSE DE L’IDENTITÉ SAINTONGEAISE comptant nombre de Saintongeais et d’élus (de Gironde, Charente et Charente-Maritime) dont députés et sénateurs et ce, tout horizons politiques confondus.

En Février 2007, le Ministre de la Culture a tranché. Il a reconnu que « le nom “poitevin-saintongeais” est apparu au moment où s’affirmait la région Poitou-Charentes pour faire coïncider une aire dialectale avec les limites de la région (…), mais que le caractère spécifique du saintongeais ne pouvait être éludé ». Il a replacé le saintongeais à son rang de Langue de France autonome bien distincte du poitevin. Ce que la région Poitou-Charentes n’a jamais respecté, les Saintongeais n’ayant jamais été conviés à siéger au groupe Langue de l’ex région.

Mme CHARLINE CLAVEAU-ABBADIE a précisé que compte tenu du nombre de parlers en Nouvelle Aquitaine, il n’y aurait plus de groupe  Langues dans la région.

La délégation a ensuite longuement expliqué en quoi le saintongeais est différent du poitevin et ne peut être amalgamé. Il lui a été précisé que ce n’est pas parce que le mot « chat » se dit « gato » en espagnol et en italien (et aussi en portugais) que l’on peut dire qu’existe une langue unique Espagnol-Italien, ce qui soulèverait un tollé général des locuteurs respectifs de ces langues si des intellectuels s’engageaient à l’imposer.

La représentante de la région a demandé si les Saintongeais se reconnaissaient dans le calendrier récemment publié par la région dans “ses” trois langues : Basque, Occitan et poitevin-saintongeais. La délégation a enregistré que le lobbying poitevin-saintongeais s’exerce pleinement en nouvelle région Aquitaine.

La parution tous les ans en feu région Poitou-Charentes d’un calendrier en poitevin-saintongeais n’a jamais eu d’autre mérite que d’exacerber. Le document présenté par Mme CLAVEAU-ABBADIE a été l’occasion de préciser que les Saintongeais ne se reconnaissent déjà même pas dans le nom des mois qui ne sont pas du vocabulaire saintongeais. Quant aux textes qui accompagnent le document, ils ont permis d’expliquer ce qu’est exactement le poitevin-saintongeais : du français, retranscrit dans des codes arbitraires (« on » est remplacé par « un », « ain » est remplacé par « én », etc…) qui aboutissent à un écrit parfaitement illisible laissant croire aux profanes qu’il s’agit d’une langue quand ce n’est que du français transfiguré qui ne porte ni la musique du saintongeais ni celle du poitevin, pourtant si différentes. Le mot « mauvaise bouillie » a été évoqué.

Mme CHARLINE CLAVEAU-ABBADIE a avancé que le poitevin-saintongeais serait attesté depuis 1905. La délégation a recommandé à la région Nouvelle Aquitaine de ne pas être dupe de ces pseudos récentes recherches supposées linguistiques émanant toujours des mêmes personnes qui ne visent qu’à étayer la thèse de l’existence envers et contre tout d’une langue poitevine-saintongeaise, soit disantes études bâties en sortant les propos des contextes et en faisant dire à des auteurs ce qu’ils n’ont pas dit ou en leur faisant dire, après vérification, ce qu’ils n’ont jamais écrit.

Mme CLAVEAU-ABADDIE a demandé si les Saintongeais se reconnaissaient d’un domaine linguistique. A l’unanimité, la délégation a répondu que le saintongeais est du domaine d’Oïl.

Il lui a été rappelé que le saintongeais, au même titre que le corse ou le breton est une couleur de France et non une couleur du Poitou. Mme CLAVEAU-ABBADIE, d’une excellente écoute, propose alors que dans la conversation, on remplace le mot « poitevin-saintongeais » par « Ziiip » en faisant glisser l’index sur les lèvres pour évoquer la fermeture éclair qui se ferme. Le mot « Ziiip », avec le sourire, a été adopté.

Mme CLAVEAU-ABADDIE a demandé si les Saintongeais se reconnaissaient d’un sous-domaine linguistique commun avec le poitevin. Toujours à  l’unanimité, la délégation a répondu que poitevin, saintongeais mais aussi vendéen sont des parlers cousins (non siamois) et qu’il n’y a jamais eu de main basse d’un groupe sur les autres, comme ce à quoi on assiste aujourd’hui. Occasion de préciser à la représentante de la région que le poitevin-saintongeais n’est défendu que par des Poitevins et aucun Saintongeais (ni Vendéens) – ce qu’elle dit avoir effectivement découvert. Il a été ajouté que le grave de cette invention est d’avoir fait monter un mouvement fort détestable de militants pour la suprématie d’un Poitou jacobin, à qui on a offert un territoire « Entre Loire et Gironde » et « une langue » (il a été omis d’ajouter le fameux drapeau à l’effigie d’un lion prédateur sorti d’on ne sait où dans les années 1990 que le Conseil régional Poitou-Charentes n’avait jamais acté et que l’on s’étonne de retrouver dans le logo de Nouvelle Aquitaine).

Un changement de nom de ce sous-domaine linguistique a été proposé par la déléguée régionale. Le mot « aguiainais » a été cité (mix récent entre les mots Aquitaine et Guyenne). La délégation n’a pas manifesté d’intérêt particulier pour ce mot dès lors qu’on lit déjà sur Internet : « Le poitevin-saintongeais (en aguiainais : poetevin-séntunjhaes), appelé aussi aguiain et aguiainais, est une langue d’oïl fortement marquée par le substrat occitan. Comme il fait transition entre l'occitan et les autres parlers d’oïl bien plus proches du français, certains auteurs décrivent le poitevin-saintongeais comme une langue franco-occitane, sur le modèle du francoprovençal. » (sic) (source : page Poitevin-saintongeais Wikipédia où les Saintongeais ne peuvent apporter aucune correction).

Le fonctionnaire de la région faisant référence à une langue unique pour identifier ce sous-domaine linguistique, la délégation a corrigé en évoquant le terme pluriel de « Parlers d’Oïl du Centre-Ouest » qui sera accepté par tous les locuteurs.

A plusieurs reprises, le représentant administratif de la région a opposé que « la langue française évolue bien, le poitevin-saintongeais est amené à évoluer également pour remplacer le saintongeais et le poitevin ». Ce à quoi il lui a été répondu qu’au contraire, le poitevin-saintongeais doit disparaître car « c’est un cancer » qui conduit à la destruction pure et simple des parlers que l’on dit vouloir défendre.

Le représentant administratif régional jugeant le propos violent à l’image de la violence que ressent la communauté saintongeaise qui se refuse à toute annexion, la délégation a rappelé que les Saintongeais sont bien au contraire une communauté calme et sereine, à l’image de la cagouille.

La délégation a précisé que si pour l’heure, il n’y a pas lieu de s’inquiéter du devenir du saintongeais en pleine santé, bien vivant et productif en littérature, folklore, théâtre, locuteurs (conteurs et autres) avec un compte Facebook de près de 2000 membres, le poitevin-saintongeais a condamné l’existence même du poitevin qui n’a plus d’expression, les Poitevins-Saintongeais, obnubilés à créer une fausse langue, n’en transmettant plus la musique ni le vocabulaire et s’exprimant aujourd’hui en saintongeais croyant faire du poitevin.

La délégation a rappelé le farouche attachement des Saintongeais, non à l’intellectualisation universitaire des langues régionales, mais à la transmission de leurs ancêtres à leurs enfants. Elle en a appelé au respect de leur culture et de leurs auteurs tels Burgaud des Marets de Jarnac ou Raymond Doussinet, toujours occultés par les tenants du « Ziiip » car père de l’orthographe et de la grammaire saintongeaise et dont le remarquable travail sur la spécificité même du saintongeais et son enracinement ancestral balaie toute invention de poitevin-saintongeais.

La délégation a rappelé que le saintongeais est inscrit dans une continuité et que son existence ne peut être soumise aux aléas des jeux politiques ou des découpages administratifs, avec en toile de fond, les tractations budgétaires. Le poitevin-saintongeais a été généré par la création de Poitou-Charentes, mais cette région a disparu. Quant à le voir revenir dans une nouvelle région recomposée, la délégation a fait remarquer que nul ne peut aujourd’hui préjuger du devenir de Nouvelle Aquitaine.

La délégation a enfin indiqué que si la communauté saintongeaise devait encore subir cette agression qui heurte tant et nie son existence comme entité propre avec sa langue autonome, elle mettra en place avec les collectivités locales charentaises un Institut de la culture saintongeaise qui regroupera toutes ses forces vives et sera l’interlocuteur du Conseil régional, du Ministère de la Culture et des instances européennes.

Il a été ensuite remis à la déléguée régionale des Langues et Cultures régionales de Nouvelle-Aquitaine un dossier conséquent demandant à la nouvelle région :

- de respecter la spécificité ancestrale de la culture saintongeaise et de sa langue

- de supprimer toute référence au « poitevin-saintongeais » qui n’existe pas et va à l’encontre de toute politique de sauvegarde des parlers régionaux de la nouvelle région

- de mener une politique culturelle équitable à égale parité entre le saintongeais et le poitevin qui ne peuvent être confondus.

Ont été jointes au dossier les 562 signatures aux pétitions, assorties des nombreux commentaires sur ce qu’inspire le poitevin-saintongeais.

Après avoir évoqué l’Ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 imposant le français dans les documents publics édictée par François 1er (roi saintongeais) et plaisanté sur le petit-fils de sa sœur Marguerite d’Angoulême, le béarnais Henri IV qui a beaucoup bourlingué dans les Charentes au temps de sa jeunesse quand il protestait pour récupérer un trône familial, Mme CHARLINE CLAVEAU-ABBADIE a indiqué qu’elle allait réfléchir à tout ce qui lui a été dit et tiendrait les Saintongeais informés.

La délégation, qui a enregistré que le saintongeais était absolument inconnu de nos élus régionaux, est bien consciente que pour Nouvelle Aquitaine, il est plus facile d’imposer un poitevin-saintongeais inventé en Poitou-Charentes que de tenir compte de ce qui existe vraiment dans le secteur géographique de Charente-Maritime, Charente et Nord Gironde. Aussi l’a t-elle informée que les Saintongeais sont disposés à participer à toutes réunions ou études sur le sujet pour apporter leur regard, leur expertise et leur expérience car la cohésion de Nouvelle Aquitaine ne pourra être effective que si sa politique linguistique est proposée et non imposée.

Que des Saintongeais se déplacent pour se faire entendre à Bordeaux est un fait tout à fait historique. La dernière fois remonte à la Révolution française, ce qui leur valut d’être baptisés par les Gascons : Les Ventres rouges, en raison de l’écharpe rouge qui entouraient leurs ventres.

Les Saintongeais de 2017 se sont félicités de leur « descente » à Bordeaux, de l’excellent accueil qui leur a été réservé et de la qualité d’écoute de Mme CHARLINE CLAVEAU-ABBADIE qui leur a consacré plus d’une heure trente.
Et tels qu’ils étaient venus, ils sont repartis dans l’état d’esprit qui les caractérise : la bonne humeur.

Conservatoire de Saintes : la scène aux élèves

Fort d’un apprentissage riche et diversifié, le Conservatoire municipal de Saintes permet également à ses élèves de s’essayer à la scène et de présenter le fruit de son travail en public. Les élèves auront plusieurs occasions d’ici la fin de l’année scolaire de franchir les feux de la rampe. 

 
Les Auditions à Portées Ouvertes permettent aux élèves de toutes les familles d’instrument de croiser leur talent au travers d’un programme musical éclectique. Après celui du 10 mai, un second rendez-vous est donné Espace Béatrix du Conservatoire, à l’Abbaye-aux-Dames :
- Mercredi 21 juin, à 18 h 30, à l’occasion de la Fête de la Musique
Autre temps plus formel pour les élèves : les certificats d’études seront aussi l’occasion de faire aboutir et valider une année de travail appliqué de leur instrument. Une carte blanche est donnée à cette occasion aux musiciens de fin de 3e cycle et perfectionnement, afin de faire découvrir leur univers musical et artistique.
Deux instruments sont à l’honneur avant l’été :
- Les flûtes, mercredi 24 mai, à 19 h, à l’Espace Béatrix

- Le piano, mercredi 7 juin, à 18 h 30, également Espace Béatrix
Enfin, les concerts Récréa sont l’occasion pour différentes familles d’instruments de finir l’année en beauté.
Pour la 3e année consécutive, les Récréacordes et l’Ensemble à Cordes Junior se retrouveront le jeudi 22 juin, à 18 h 30, dans la cour de l’Abbaye.
Les élèves de 1ère année de l’ensemble Récréavents présenteront à leur tour un programme de styles différents, alliant musique classique et contemporaine, lundi 26 juin à 18 h, dans la cours de récréation de l’école Jean-Jaurès.
L’ensemble de ces concerts est gratuit et ouvert à tous les publics.

Saint Palais sur Mer : La Maison des Douanes transformée en lieu culturel

En 2017, la Communauté d'Agglomération du Pays Royannais ouvre au public la Maison des Douanes, transformée en lieu culturel dédié aux arts et au patrimoine. Inauguration mardi 13 juin à 16 heures.

Un peu d'histoire : En 1729, le bureau des fermiers généraux est le premier bâtiment construit sur le rivage de Saint-Palais-sur-Mer. On retrouve son nom sur la carte de la Guyenne en 1766.

(crédit : Archives départementales de la Gironde, 1 Fi 222).