lundi 22 juin 2009

Orgue : Cédric Burgelin, distingué par l’Académie de Saintonge


Quand l’orgue s’éveille, la musique envahit la cathédrale Saint Pierre. Imposants, les piliers séculaires accompagnent ses notes harmonieuses qui montent en puissance
et emplissent l’espace de solennité.
Le musicien qui veille aux destinées de cet instrument majestueux et complexe n’est autre que Cédric Burgelin, que le public a unanimement apprécié à Jonzac lors d’un concert donné en l’église Saint Gervais.

En octobre prochain, l’Académie de Saintonge lui décernera un prix lors de sa cérémonie annuelle.


À trente huit ans, Cédric Burgelin est l’un des plus jeunes organistes de France. Physique romantique, chevelure longue et brune, il semble sorti d’un roman de Stendhal.
L’un des chemins qu’il connaît le mieux le conduit régulièrement à la cathédrale Saint Pierre. Un édifice emblématique de Saintes.
Après avoir gravi l’escalier en colimaçon vieux de plusieurs siècles, il accède à une vaste pièce où l’orgue trône dans toute sa splendeur. Une échelle est nécessaire pour en ouvrir les battants. Des tuyaux apparaissent, semblables à une forêt argentée et touffue, illisible pour le néophyte. Cédric Burgelin comprend cet étonnement et apporte des explications. Il en a l’habitude puisqu’il enseigne les subtilités de l’orgue à une quinzaine d’élèves du Conservatoire.


Révélation


Sa passion pour l’orgue est née très jeune. Sa famille, qui vivait à la Rochelle, était musicienne.
Il dansait avec sa sœur « quand son père jouait du piano, en amateur ».
A son tour, il étudia cet instrument avant de choisir l’orgue. « Mon père m’a alors acheté un orgue à un seul jeu que nous avons installé dans une grande pièce » se souvient-il.
Adolescent, Cédric Burgelin hésite quant à la voie à emprunter : « j’ai même voulu être pasteur » dit-il. Il opte pour le métier d’éducateur et s’inscrit en psychologie. C’était sans compter sur le hasard, l’orgue n’étant jamais éloigné de son existence !
Lors d’un concours organisé à la Rochelle où il obtient la médaille d’or, l’un des membres du jury, Gaston Litaize, lui parle d’avenir. Séduit par la qualité de sa prestation, il lui demande de l’accompagner à Paris.
Après avoir réfléchi, le jeune homme accepte de rejoindre le Conservatoire National Supérieur.
Les journées y sont bien remplies et la sélection est sévère. Cédric Burgelin y trouve un épanouissement qui le conduit à la réussite. Il remporte deux premiers prix, orgue et basse continue, à l’unanimité du jury, ainsi que le diplôme de formation supérieure, mention très bien.



Créer un cours d’orgue à Royan


Le voici donc organiste, mais il a la nostalgie de la Rochelle : « J’ai pris contact avec les écoles de Charente-Maritime, y compris les plus petites. Il se trouve que Claude Révolte, alors directeur de l’EMHS, m’a recruté et j’ai créé à Jonzac un cours d’orgue ».
Par la suite, il devient titulaire des orgues de Saint Pierre, accompagnant un grand nombre d’offices, et chargé de cours. Il est également responsable de l’orgue de Jonzac qui a été restauré (un livre sur son histoire est en préparation).
Depuis, il poursuit sa lancée, donnant de nombreux concerts en France et à l’étranger (Mexique, Hollande, Allemagne, Russie, etc). Il n’oublie pas Saintes où il a joué pour la fête de la musique. Il se produit régulièrement en soliste ainsi que dans diverses formations comme l’ensemble de musique ancienne “Arcante“ ou le trio “Rhapsodies“ (orgue, cymbalum et flûte de pan) avec lesquels il a enregistré un C.D.

Varié, son répertoire ne se cantonne pas à la musique religieuse. L’apanage de l’originalité ! « Contrairement au chef d’orchestre qui dirige un ensemble, l’organiste a le choix des instruments en direct. Je suis libre et il m’arrive de changer des notes » avoue-t-il. Il aime la difficulté et la nouveauté. Après avoir osé - et avec quel talent - les musiques de film, pourquoi pas le jazz ?
Parmi ses projets, il aimerait créer une classe commune entre Saintes et Royan, ville qui dispose d’un orgue, mais ne dispense aucun cours. Par ailleurs, la cathédrale de Royan offre une acoustique intéressante, idéale pour jouer des morceaux de Louis Vierne et Pierre Cochereau. Deux compositeurs qu’apprécient particulièrement Cédric Burgelin.

En octobre prochain, Cédric Burgelin sera distingué par l’Académie de Saintonge lors de sa séance annuelle. Au terme de cette cérémonie, il donnera un concert en l’église Saint-Pierre. Une perspective dont se réjouissent Marie Dominique Montel, directrice, et les membres de l’Académie.

Photo 1 : Après avoir obtenu cinq médailles d'or à La Rochelle et à Saint-Maur-des-Fossés, Cédric Burgelin a travaillé avec les plus grands maîtres de l'orgue : Gaston Litaize, Michel Chapuis, Michel Bouvard et Olivier Latry, organiste titulaire de Notre Dame de Paris.

Photo 2 : Cédric Burgelin est titulaire des grandes orgues de la cathédrale de Saintes et de l’orgue de Jonzac. Il assure également l’enseignement de cet instrument particulier.
L’orgue de Saintes dispose de 36 instruments, celui de Jonzac de 14.

Photo 3 : Dans l'orgue, l’émission sonore est assurée par des tuyaux qui reçoivent, à leur base, l’air sous pression (le vent) venant du sommier. Le plus souvent, les tuyaux ont une position verticale ; ils peuvent aussi être disposés horizontalement (disposition en éventail dite « en chamade » souvent usitée en Espagne).
Chaque tuyau émet un seul son de hauteur et de timbre déterminés. La hauteur du son émis par un tuyau dépend essentiellement de sa longueur et le timbre dépend de plusieurs paramètres qui sont sa forme, sa matière et le mode de production du son (anche ou bouche, respectivement comparables à la clarinette et à la flûte).

Photo 4 : Une échelle est nécessaire pour en ouvrir les battants de l'orgue

Photo 5 : Cédric Burgelin et ses amis Jacques Bachet et Anne Marie Molinié.

Photo 6 : La cathédrale Saint Pierre de Saintes. Lors de leur concert à Jonzac, Cédric Burgelin et Roman Orlov, clarinettiste, avaient associé le répertoire classique (Bach, Mozart, Schumann, Bach, Schubert, Françaix) à d’autres formes d’expression musicale, morceaux populaires roumains, tango étude de Piazzola, valse de Chostakovitch, sans oublier un clin d’œil aux films (Mission d’E. Morricone, Les feux de la rampe de Charlie Chaplin, la musique du Grand blond de Cosma) et du gospel.

Photo 7 : Se confesser en musique peut présenter des inconvénients !

Photos Nicole Bertin

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