mercredi 10 juin 2015

Xavier de Roux : Personnalités et amis
lui rendent un dernier hommage

Jeudi 11 juin, auront lieu les obsèques de Xavier de Roux, avocat international et homme politique, en l’église de Chaniers à 10 heures, suivies de son inhumation dans le petit cimetière, là où reposent ses frères bien-aimés et ses proches. Un moment d’émotion pour tous ceux qui l’ont connu et apprécié.

A chacun, il a laissé une part de son caractère, de son engagement, de ses analyses fines et réalistes. Cet homme qui voulait s’affranchir des servitudes pour éprouver l’esprit de liberté, ce tribun qui naviguait entre l’Europe, les Pays de l’Est et le Moyen-Orient, qui était-il vraiment ? Dans les témoignages qui suivent, les personnalités qui l’ont connu apportent des éléments de réponse.
A Chaniers, où il reposera pour l’éternité, il se sentait bien. C’est là que gambadait son âme d’enfant, celle qu’on garde en son jardin secret, qui court comme l’eau de la Charente et s’éclaire soudain de poissons argentés.
La Boucauderie était un havre de paix, un endroit où les affaires, le bruit, les orgueils et les égocentrismes n’avaient pas leur place. Un lieu, aménagé avec ses frères Dominique, Jacques et Hervé, qui s’élevait comme un solide pilier sur le gravier de leurs vies perdues. Il les a rejoints pour reprendre avec eux des conversations inachevées où ils refaisaient le monde.

On pourrait transposer les écrits du journaliste Renaud Matignon, consacrés à son frère l’écrivain Dominique de Roux, à Xavier de Roux : « Xavier de Roux réside à Paris, à Chaniers et ailleurs. Demain peut-être dans une île russe ou à Tahiti. Toujours en révolte contre les nouvelles scolastiques ou des modernes logorrhées. Mais contradictoirement épris, jusqu’à la passion, de littérature et de mots. Pris entre Dieu et l’absence de Dieu. Et fasciné, au moment de faire naître une nouvelle entreprise, par cette chose dérisoire, dans le fracas des armes et la chute du dollar ou de l’euro, des livres et de l’écriture. Cette double obsession de la fiction et de la réalité n’est pas si contradictoire qu’elle le semble. Rimbaud et Mallarmé, Joyce et Proust étaient au fond des précurseurs de ce qui s’est passé dans le monde politique. La dissolution des genres, l’éclatement des formes étaient des signes. C’est la littérature qui a précédé, qui a préfiguré l’histoire »

Xavier de Roux nous laisse plusieurs ouvrages consacrés au droit européen et des essais, « Pitié pour la justice », « Chroniques impertinentes », « Une fin de siècle », livre dont il citait des passages avec plaisir : « J’ai écrit Une fin de siècle en 1999 et sur de nombreux sujets, je ne m’étais pas trompé, l’endettement, la crise des subprimes, les changements ».
La conclusion est d’ailleurs révélatrice : « Il faut réveiller Marx ! Sa barbe et son impeccable chemise blanche n’auront servi à rien qu’à se moquer des Proudhon et de Boukharine. La Gauche a perdu son âme à la roulette libérale de l’Europe en marche. La Droite va laisser la sienne, en loques, sur les ruines du mur du Berlin. La République est appelée de toute urgence. En fait, nous sommes en train de passer d’une société à une autre sans avoir le clair instrument de mesure. Notre civilisation nous dépasse parce que sa durée est bien plus longue que notre existence qu’on rend chaque jour plus immédiate. Il appartient aux élus de la Nation d’arrêter de croire en des certitudes qui n’en sont plus pour, dominant l’histoire, imaginer un destin collectif nouveau ».

Xavier de Roux ne sera plus dans la mêlée, mais il aura contribué à faire avancer les pions sur l’échiquier. En créant, par exemple, des bureaux annexes du cabinet d’avocats Gide Loyrette Nouel à l’étranger, dont la Chine. Sa façon à lui de s’inscrire dans l’universalité…


TEMOIGNAGES 

• François Drageon, 
président de l’UDI de Charente-Maritime 

J’étais en voyage bien loin de nos terres charentaises, m’apprêtant à plaider, lorsque j’ai appris le décès de notre ami Xavier de Roux. Je suis rentré dimanche, et la nouvelle de cette disparition a hanté tout mon voyage. 
Xavier était un homme hors du commun. 
Il était un avocat splendide. Fondateur du plus grand cabinet d’avocats français de la place de Paris, il plaidait comme il vivait. Comme un prince. J’en payais le prix lorsqu’il m’arrivât de le rencontrer, adversaire souriant mais intraitable, en audience correctionnelle. 
Il était aussi à mes côtés, cette fois Député, lorsque nous regardions atterrés le siège du Mouvement des entreprises de France, anéanti par un incendie qui n’avait rien d’hasardeux. A nos côtés, proches de cette liberté bafouée, main dans la main avec Yves Perrotin, simplement pour nous témoigner de son amitié et de ces valeurs indéfectibles dont il était le défenseur : la liberté, la liberté d’expression, la liberté de penser, de se réunir, de militer. 
Xavier souriait, toujours. 
Mais ceux qui le lisaient savent aussi qu’il ne cessait de penser. 
Xavier jamais de penser, mais encore moins d’agir. 
Il a été un exemple d’élu local, très local, lui le « parisien ».

Maire de Chaniers, Conseiller Général, Député. 
Xavier était au fait de problèmes d’adduction d’eau sur sa commune et il siégeait et co-présidait la prestigieuse commission des lois : un accomplissement inouï pour l’avocat.
 Nous l’avons évidemment connu dans ses fonctions militantes, parisiennes et au sein de notre Fédération départementale de l’UDI, et je tiens ici à apporter un petit témoignage sur le grand Monsieur qu’il était : Lors de la création de notre Fédération dont il était le Premier Vice Président, que chacun sache qu’il a été et est resté indéfectiblement l’artisan de l’union de toutes nos sensibilités, avec le sourire, toujours avec le sourire, mais avec quelle classe ! 
Nous perdons un sourire. Nous perdons une pensée. Nous perdons une volonté d’agir. Mais surtout nous perdons un ami.

Xavier de Roux a longtemps présidé la Saintonge Romane

•  Philippe Marchand, ancien ministre et député de Charente-Maritime, actuel président de la Cour nationale du Droit d’asile 

Xavier de Roux et moi n’étions pas issus du même milieu et n’avions pas les mêmes engagements politiques et pourtant, nous avons toujours eux de l’estime l’un pour l’autre. Nous partagions en commun une vue de la société que nous regardions parfois d’un œil goguenard. En effet, au Conseil général que j’ai présidé - je parle de l’ancienne mouture - nous remarquions que les élus qui travaillaient côte à côte dans l’hémicycle n’étaient jamais opposés aux élections !
Qu’ils soient de droite ou de gauche, les élus de Saintes ont contribué à développer la Saintonge, Xavier de Roux, Alain Bougeret et moi-même. Il s’agissait de donner à la région de Saintes une solide envergure.
Xavier de Roux était avocat d’affaires et j’étais avocat de « médecine générale », très pénaliste cependant, et j’ai pu apprécier ses qualités. Mon fils aîné a fait ses premières armes chez Gide Loyrette Nouel, son cabinet parisien où il est resté cinq ans. Cela nous a rapprochés.
Nous avions aussi une passion commune, la pêche au saumon, que nous exercions en des endroits différents : lui préférait la Russie et moi les Etats-Unis. C’était un sujet que nous avions plaisir à aborder. Je me souviens du fameux concours de pêche, organisé par le journal Sud-Ouest, qui nous avait opposés sur les bords de la Charente. Je crois que nos électeurs respectifs n’avaient pas très bien compris ce challenge ! Nous avions pleinement joué le jeu sous l’œil amusé d’Alain de Pracomtal qui arbitrait la partie.
Nous avons également animé les fameux Entretiens de Saintes qui réunissaient chaque année d’importantes personnalités du monde juridique. C’était un événement relayé par la presse nationale ! Je regrette que ces Entretiens soient désormais organisés à Royan.
Quant à la politique locale, je dois reconnaître que Xavier de Roux ne s’entendait pas avec Michel Baron et réciproquement. L’un dirigeait le Sivom, l’autre la Saintonge Romane. Un terrain d’entente aurait pu être trouvé, mais il n’en fut rien. C’était la même chose avec Claude Belot à Jonzac où le courant ne passait pas. Par contre, au sein de la Saintonge Romane, j’ai travaillé sans difficulté avec le maire de Chaniers.
Son problème, c’est qu’il n’a jamais voulu trancher entre sa vie professionnelle d’avocat et ses mandats politiques. S’il avait choisi clairement, il aurait pu être ministre. Ce n’était pas un « arrondissementier » comme on dit dans le jargon et quand il pouvait échapper à une inauguration ou un vin d’honneur, il le faisait. Il est vrai qu’il n’avait pas la langue de bois. Il pouvait être terrible, y compris envers son propre camp !
 Je garde le souvenir d’un homme vrai et talentueux au cœur d’une époque. J’en éprouve d’ailleurs une certaine nostalgie…
Inauguration du Pont de l'Ile de Ré : François Blaizot est alors président du Conseil général aux côtés de Francis Bouygues, Jean Harel, Philippe Marchand (archives N. Bertin)
Inauguration du Pont de l'Ile de Ré en mai 1988 en présence de Francis Bouygues, Michel Crépeau, Philippe Marchand, Xavier de Roux, Michel Rigou, Jean Noël de Lipkowski, Didier Quentin, etc (archives N. Bertin)
•  Président de la Cour Nationale du Droit d’asile, Philippe Marchand quittera ses fonctions en 2016. Après avoir vécu en Aunis, il habite de nouveau à Saintes, ville à laquelle il est attaché.

•  Eric Pannaud, maire de Chaniers    

Lorsque l’on rencontre Xavier de Roux pour la première fois, on remarque sa stature, sa prestance, mais on se rappelle surtout à l’issue de cette rencontre de sa facilité de parole, de sa connaissance des dossiers et de sa capacité à convaincre. Enfant de Chaniers, il est resté amoureux de sa commune, connaissant chaque recoin, chaque vieille famille. J’ai l’ai connu en 2001 pour participer à sa troisième campagne municipale. j’ai eu la chance de le côtoyer durant treize années et d’apprendre à son contact. Mais s’il est facile de l’imiter, il sera impossible de lui ressembler. Il était très accessible, capable de prendre le temps pour expliquer, mais il avait aussi une force de persuasion phénoménale. Il passait d’une réunion à une autre sans fatigue, sans perdre le fil  des dossiers traités dans l’une et l’autre grâce à son impressionnante mémoire. Chaniers a perdu ce 4 juin, un des siens … Une personnalité forte, une personnalité marquante, une personnalité rare.

En 2014, Xavier de Roux remet l'écharpe de maire de Chaniers à Eric Pannaud
Xavier de Roux en campagne électorale, photo dans le square !

• Jean-Marie Pontaut, écrivain 
et journaliste d’investigation à l’Express 

 « La noblesse du sang, la grandeur du courage font, avec le mérite, un illustre assemblage ». Ce vers de Corneille illustre parfaitement la vie et le caractère de Xavier, cet authentique gentilhomme moderne. Un ami de toujours.


• Jean-Philippe Machon, maire de Saintes 

Je suis bouleversé par la rapidité et la brutalité avec laquelle la maladie a emporté Xavier de Roux, et mes pensées vont tout d'abord à sa famille à qui je présente mes sincères condoléances. Xavier faisait partie de ces personnalités marquantes par de multiples facettes, que ce soit sa très grande intelligence qui lui permettait d'en jouer en permanence, son talent incomparable et sa finesse d'analyse des situations ou encore sa convivialité toujours ponctuée d'un humour subtil. C'était un homme brillant aussi bien en affaires qu'en politique, tant au niveau national que local. Je considère comme une très grande chance de l'avoir connu et de l'avoir eu pour ami. Il m'a soutenu et sans lui, avec quelques autres de ses amis, je n'aurais sans doute jamais franchi le pas d'entrer dans la vie publique. Je garderai de lui le souvenir de ces longues conversations passionnantes qui prolongeaient nos déjeuners ou nos dîners et qui nous menaient de l'actualité du monde des affaires ou de la géopolitique à la vallée de la Charente, et au développement de Saintes vers Cognac en passant par Chaniers. Notre territoire vient de perdre une figure de premier plan.

La vie saintaise avec Jean Rouger, Bernadette Schmitt, ex maires de Saintes, et Ginette Maguy
• Frédéric Neveu, adjoint au maire de Saintes 

Pour ma part, je retiendrai un homme brillant, un penseur de notre société, avec un regard toujours pertinent, un orateur extraordinaire qui savait mettre en avant cette pensée profonde. Ayant longtemps habité Chaniers avec mes parents, je sais que le mandat de maire lui tenait particulièrement à cœur. Il fut aussi un député actif et respecté. Enfin, je sais que Xavier de Roux était toujours à l'écoute des autres. J'ai eu beaucoup de plaisir à écouter ses conseils et surtout à bénéficier de son expérience en politique. Mais surtout, nous prenions de temps à autres des cafés à Paris, en semaine, et aimions discuter de cette Saintonge qu'il connaissait bien et qu'il l'aimait tellement. Je crois que la Saintonge lui doit beaucoup. J'espère que des hommages lui seront rendus sur ce territoire qu'il affectionnait. Xavier de Roux restera pour longtemps dans les têtes, mais aussi dans les cœurs. Je suis touché par sa disparition si rapide. Je pense à tous ses proches et je leur adresse mes plus sincères condoléances.

Archives : Venue de Philippe de Villiers à Saintes aux côtés de Xavier de Roux,
Dominique Bussereau et Françoise Clerc (photo Nicole Bertin)

• Bruno Drapron, conseiller régional 
et maire adjoint de Saintes 

Xavier de Roux était un homme de grande valeur et d'une très grande humilité au service de son territoire saintongeais. Il a porté la voix de la Saintonge avec talent à l'Assemblée Nationale, tout comme il s'est toujours appliqué à servir les Chagnolais.

• Gérard Desrente, membre du Parti radical 
et adjoint au maire de Saintes

En deux mois, notre Communauté d'Agglomération perd sans nul doute ses deux plus brillants ténors : Michel Baron et maintenant Xavier de Roux. J’ai eu envie en cet instant de rassembler ces deux personnages qui se sont tant combattus et pourtant s'estimaient beaucoup. Ils avaient en commun l'intégrité, une éthique de la politique et l'objectif d'être au service de leurs concitoyens.
Nous nous sommes affrontés sans concession avec Xavier. Trente ans plus tard, nous sommes devenus très proches. Xavier était pour moi un très bon ami avec lequel j'ai partagé de réels moments de complicité.
Quelle culture chez cet homme pétri de démocratie et la République chevillée au corps, particulièrement rigoureux. Très fin connaisseur des êtres humains , il ne supportait pas la médiocrité. Il était très exigeant sur les valeurs humanistes et l'esprit de responsabilité.
Il a su associer une brillante carrière d’avocat international au sein de l'un des plus grands cabinets parisiens, c'est-à-dire de la planète, avec un engagement politique d'élu local : maire et conseiller général et, plus tard, d’élu national lorsqu'il devint député de la circonscription. Il était évidemment à son affaire dans la commission des lois de l'Assemblée Nationale.
Il était certes parisien, orateur flamboyant, mais fin connaisseur des hommes et de la société, toujours porteur d'une vraie vision sur l'avenir avec un souci permanent de pragmatisme, les pieds bien ancrés dans la glaise charentaise. Il était toujours empreint de simplicité, de proximité car c'était avant tout un homme de contact, l’œil vif, l'oreille à l'écoute.
Homme à l'esprit radical, il a accompagné toutes les étapes de l'évolution du parti éponyme. Il était membre du premier cercle autour de Jean-Louis Borloo pour constituer l'UDI . Il n’aimait pas le Centre éparpillé et rêvait d'un vrai rapprochement avec le Parti Radical de Gauche pour constituer un Centre incontournable et de gouvernement.
Responsable des investitures à l'UDI, il a toujours su rester modeste et a préféré accompagner des cadres plus jeunes pour constituer l'ossature de notre mouvement en Charente-Maritime. S’il reconnaissait la nécessité de cultiver une ambition personnelle pour avancer et faire avancer les hommes et les dossiers, il ne supportait pas les manifestations d'égos souvent préjudiciables.
Il aurait eu les qualités, les compétences pour devenir sénateur. Il en demeurera meurtri à jamais de ne pas l'être devenu. Les jalousies des uns, les combinaisons politiciennes des autres ne lui ont pas permis de siéger au Palais du Luxembourg.
Xavier restera un homme très classe, solidement attaché à ses racines et aux hommes de ce coin de Saintonge. Son bon sens et son professionnalisme, il a su les mettre au service de la France : tout simplement.

• Régis Sainte-Marie Pricot, avocat : 

Xavier de Roux est l’une de ces personnalités fortes et d'envergure nationale que la vie, comme un cadeau, place sur votre chemin. Avocat avant tout, il en a porté haut les valeurs de dignité, d’indépendance et d’humanité dans toutes les facettes de sa riche vie. Il a fait de son cabinet l’un des rares de France présent sur tous les continents. C'est naturellement qu'en s'engageant en politique, il est passé de la défense des intérêts particuliers à celle de l'intérêt général, pour servir et non se servir. Fin juriste, il devint un grand législateur comme vice-présidentde la Commission des Lois de l'Assemblée Nationale. Cette intelligence rare au service d'une élégance naturelle lui permettait d'être vrai de manière égale avec les grands comme avec les anonymes. Il fut un grand serviteur de sa chère terre de Saintonge où il a choisi de reposer. Qu'il y soit en paix. Sa grande voix nous manque déjà.

Archives : On reconnaît Claude Augier, Michel Doublet, Xavier de Roux,
 Jean Noël de Lipkowski, Geneviève Hadet, M. Chapuis, Philippe Marchand (photo N. Bertin) 
• Didier Catineau, écrivain et journaliste 

Je ne parlerai pas de politique, d’autres que moi, plus au fait de ces subtilités le feront. Je voulais parler surtout de l’homme que j’ai connu. Un homme érudit, n’en doutons pas, épris de littérature, aimant écrire lui-même et très au fait de ce qui se passait dans la Saintonge qu’il arpentait au quotidien. J’ai le souvenir qu’à chaque salon du livre (Chaniers, Dompierre-sur-Charente et autres communes gourmandes de l’esprit saintongeais), on le voyait déambuler parmi les écrivains, ne dédaignant personne, achetant véritablement des ouvrages qu’il devait s’empresser de lire une fois rentré chez lui, à Chaniers.
J’ai le souvenir de Xavier de Roux arrivant à l’improviste au château du Douhet quand fut organisée une série d’entretiens autour du grand mystère du fantôme du château. L’esprit saintongeais soufflait parmi nous et avec décontraction et grand sérieux, il se joint à l’assemblée pour parler de notre territoire.
Très attentif à notre histoire, il était homme de conviction et il décida de créer un journal d’opinion « L’Echo des Arènes ». Mes origines ouvrières et cheminotes revendiquées ne me prédestinaient pas à fréquenter Xavier de Roux. Les a priori sont tenaces. Mais j’ai appris avec le temps que défendre ses idées n’empêchait pas l’humanisme de s’exercer.
A une époque de ma vie très difficile, je me souviens qu’il me proposa d’écrire dans son journal en tenant chaque mois une page, deux, voire trois consacrées à la culture. Cette main tendue alors que beaucoup m’avaient tourné le dos, cette ouverture d’esprit à mon égard m’a énormément touché et je lui en suis très reconnaissant.
 A aucun moment, il n’est intervenu sur mes choix de sujets, n’a repris mes textes ou m’a empêché de traiter une information. Je pouvais tout à fait librement parler de mon territoire et je crois qu’il avait compris que malgré les différences, nous partagions ce même amour de la Saintonge.
Nous avons déjeuné ou dîné souvent ensemble. C’était toujours un moment privilégié, entrecoupé de bons mots, d’esprit d’à propos. « Didier, me disait-il en clignant de l’œil, cette bouteille de vin n’est-elle pas un peu vide ? ». « Effectivement, elle l’est ! ». Et il commandait un deuxième flacon parce que la vérité est aussi à chercher dans le vin, le partage, l’échange. Voilà trente ans que nous nous connaissions, côtoyions, apprécions je pense.
Je me souviens à quel point il était heureux, lors d’un salon du livre dans sa commune, de l’hommage que nous avions rendu à Jean-Marc Soyez, un ami écrivain commun et grand Saintongeais disparu. Nous ne nous sommes sûrement pas dit tout ce qu’il fallait, montré aussi que nous étions proches et je le regrette.
Nous devons dire absolument aux autres ce que nous sommes et ce que nous pensons d’eux avant que le temps ne nous engloutisse. La Saintonge est triste car Xavier de Roux faisait partie de ces êtres qui incarnaient l’esprit saintongeais tout en finesse, âpreté parfois, mais justesse. Et c’est rare de trouver en un homme ces qualificatifs réunis.
Si loin que tu sois, bonne route Xavier.

Concours de pêche : Xavier de Roux aux côtés du président de la Fédération départementale de pêche M. Compagnon
Le fameux concours de pêche organisé entre Xavier de Roux et Philippe Marchand à Saintes, sous le regard attentif du journaliste Patrick Guilloton

• Béatrice Vedrenne, responsable 
de la médiathèque municipale de Chaniers 

Xavier de Roux a créé la médiathèque municipale de Chaniers en 2009 et a donné à celle-ci le nom d’un de ses frères, l’écrivain Dominique de Roux. Cette année-là, Xavier de Roux m’a nommée responsable de la médiathèque, poste qu’il m’a laissé libre de gérer avec ma propre sensibilité et je lui en serai toujours reconnaissante. Je le remercie également de m’avoir énormément apporté professionnellement. La richesse de l’expérience et la transmission sont deux points importants, incontournables et déterminants de ces apports. Xavier de Roux a été toujours présent à toutes les manifestations diverses que la médiathèque proposait. Je garderai le souvenir d’un homme d’une grande culture, mais aussi toujours disponible, souriant et à l’écoute. J’ai eu le privilège de pouvoir travailler pour la municipalité de Chaniers dont il était le maire et j’en garde de précieux souvenirs. L’amicale franco-portugaise Les Deux Rives s’associe à l’hommage qui est rendu à Xavier de Roux qui était notre président d’honneur. Il avait approuvé la création de l’amicale et soutenu toutes les activités auxquelles il avait plusieurs fois participé. Il avait accepté ma proposition de faire notre siège social au sein de la médiathèque. L’amicale gardera de lui le souvenir d’un homme chaleureux, sympathique et grand connaisseur de la littérature portugaise.

Archives : Xavier de Roux, M. Renaud de Pons et Claude Belot, maire de Jonzac
Rencontre à Rouffiac - où manifestement il pleuvait - en présence de Xavier de Roux, Alain Bougeret, Dominique Bussereau et le sous-préfet Pellacœur (archives photo Nicole Bertin)
•  Jean-Pierre Brecq, responsable du cercle PRG de Saintes

Mes pensées vont à Xavier de Roux parti trop tôt dans des circonstances cruelles. Il nous restera le souvenir d’un grand homme, humaniste, discret, ouvert, généreux, aimant la vie jalonnée d’exemples, un modèle en politique. Nous sommes tous d’accord pour saluer le travail parlementaire effectué et également localement dans son parcours d’élu. Nous ne l’oublierons pas.

En février 2015, Xavier de Roux a remis les insignes de Chevalier de l'ordre du Mérite 
à Gérard Saliba, ancien président du tribunal de Commerce de Saintes

1 commentaire:

Monique Ropers a dit…

Triste coincidence NOUS SOMMES MI SEPTEMBRE 2015 ... ET CES DEUX HOMMES..... XAVIER DE ROUX ....COMME GERARD SALIBA TRES A L ECOUTE DES AUTRES ET AFFABLES ..... BRILLANTS ET HUMANISTES.. NE SONT PLUS DE CE MONDE A DEUX MOIS PRES ..... ILS s' APPRECIAIENT BEAUCOUP ET SONT POUR TOUS UNE GRANDE PERTE
ILS ONT SERVI L' ETAT AVEC BEAUCOUP DE SERIEUX ET DE PASSION ...
JE LES REGRETTE TOUS LES DEUX ET JE LES PLEURE MËME....
LA SAINTONGE PERD BEAUCOUP....
QU' ILS REPOSENT EN PAIX DANS LE CALME DE CE PETIT CIMETIERE DE Chaniers L' UN PAS TRES LOIN DE L' AUTRE PETIT BOURG Où ils se sont beaucoup estimés....

une de leurs amies à tous les deux