lundi 4 décembre 2017

Jonzac : Les étranges faveurs du maire, Claude Belot, envers sa femme Jeanine ?

Manque de transparence de la municipalité sur le budget annuel alloué à Jeanine Belot pour mettre en place ses spectacles (estimés par manque d'information entre 150.00 et 200.000 euros) ; programmation dévoilée officiellement avant d’être votée en conseil municipal… Une seule question vient à l’esprit : pourquoi tant de mystères de la part du maire Claude Belot envers les sommes d’argent public débloquées pour que son épouse (qui n'est pas élue) puisse élaborer ses Feuillets d'automne et ses Préludes au printemps au nom de la « mairie de Jonzac » ? L’affaire ne date pas d’aujourd’hui, mais compte-tenu du coup de fouet donné par Emmanuel Macron dans le paysage politique, ces pratiques semblent d’un autre âge et peuvent surprendre les personnes de l’extérieur, peu habituées à un tel fonctionnement…
 
Jeanine Belot est "coordonnatrice" des spectacles qu'elle choisit elle-même pour la ville de Jonzac. Hormis les Sites en Scène (en juillet) organisés par le Département, les concerts de jazz de Maïté Auboin Hannoyer (Ville) et les Eurochestries où Claude Révolte doit se battre à chaque fois, le "pré carré" est bien gardé !
Depuis qu’elle a pris sa retraite de l’enseignement, Jeanine Belot, 79 ans, règne sans partage sur la culture à Jonzac. Avec des spectacles qui font l'unanimité et d’autres un peu moins appréciés. Il est vrai qu’on ne peut pas plaire à tout le monde ! Le dernier en particulier, au centre des congrès, a souffert d’une régie anémique, rendant les répliques des comédiens à peine audibles à ceux qui côtoyaient les hauteurs. Lesquelles ne posent pas problème à condition que le son y reste accessible, comme ce fut le cas pour le concert de jazz donné lors de la « première » inauguration de cette structure par Maïté Auboin Hannoyer (conseillère municipale). La « seconde » inauguration, expression employée par Jeanine Belot dans sa présentation vendredi dernier, a été nettement moins swing et chantante ! Toutefois, il eût été dommage de partir avant la fin sans faire offense à Marivaux et aux jeunes comédiens, perdus au cœur d’un îlot de canapés rouges.

La Double Inconstance de Marivaux, spectacle des Feuillets d'automne présenté vendredi au centre des congrès. Une "seconde" inauguration de ce nouveau lieu de spectacle plus fade 
que le concert du Paris Gadjo Club !

Qu’avons-nous découvert sur les programmes officiels distribués ces jours derniers ? Les prochains rendez-vous de Prélude au Printemps (mars, avril prochains) ! Bien sûr, le budget 2018 de la ville de Jonzac, dans lequel leur enveloppe est censée figurer, n’est pas encore voté. Et la majorité des membres de la commission culture ignorent tout de cette programmation choisie par l’épouse du maire qui ne possède aucun mandat électif et ne préside aucune association culturelle. Faut-il s’attrister de cette opacité et finalement de la façon dont on traite les conseillers municipaux placés devant le fait accompli ? Certes, la majorité alliée à Claude Belot ne fera pas de vagues (elle ne peut guère faire autrement) et l’opposition, qui soutient la culture, n’est pas mauvaise fille. Elle fermera les yeux sur ces pratiques et contribuera, sans le chercher vraiment, à faire perdurer un système qui n’est pas vraiment démocratique.

Ces manifestations 2018 sont "actées" avant que leur enveloppe financière 
ne soit votée en conseil municipal
• Déjà en 2015, Gilles Clavel, membre de l’opposition, avait demandé en séance publique à Claude Belot de lui fournir des explications sur le sujet. Les archives sont fort utiles. Voici ce qui s’était dit au conseil municipal :
  
« Mercredi soir, alors que le conseil municipal de Jonzac était axé sur le budget, l’examen des manifestations culturelles et surtout leur coût - sur lequel règne un voile volontairement entretenu - ont suscité des réactions et un échange cocasse entre Claude Belot et Gilles Clavel...

… Quand il fut question de la culture, les choses se pimentèrent. Il s‘agissait de présenter les principaux rendez-vous des mois à venir. La première à parler jazz était Maïté Auboin Hannoyer qui s'attarda sur la programmation sans en définir l’enveloppe financière. Dans un souci de transparence, Gilles Clavel lui demanda - comme il le fait depuis un certain nombre d'années - d'entrer dans les détails et de donner un prévisionnel. L’intéressée le prit assez mal, rétorquant que c'était toujours à elle à qui on posait cette question quand d'autres (devinez qui ?) « fournissent des entrées gratuites à leurs spectacles »… Bien sûr, elle allait communiquer ses chiffres rapidement.
Claude Belot monta alors au créneau, apostrophant Gilles Clavel : « A Jonzac, nous proposons des spectacles de grande qualité. Je rencontre souvent des artistes qui me disent que les salles ferment et que leurs contrats s’amenuisent. Bien sûr que la culture est déficitaire, mais c'est notre choix. Vous ne partagez pas notre point de vue, dr Clavel ? ».
Le rideau s'ouvrit sur une scène inattendue où chacun campa sur ses positions. Gilles Clavel eut beau déclarer qu'il comprenait que la culture était déficitaire et qu'il avait toujours soutenu les actions jonzacaises - jazz, rock, Prélude au printemps ou Feuillets d'automne - rien n'y fit. Il voulait juste en connaître les montants et sur ce chapitre, silence absolu !
Stratège, Claude Belot répondit à chaque interrogation par une autre interrogation, plaçant Gilles Clavel en porte à faux. Ce dernier continua à dire inlassablement qu'il voulait seulement connaître les budgets. Claude Belot fournit tout de même un chiffre global : « Sur 300.00 euros, nous avons environ 100.000 euros de recettes ». Réponse de normand à la sauce saintongeaise.
Les deux intervenants continuèrent leurs échanges, l'un déplorant l’ombre ambiante, l'autre soupçonnant Gilles Clavel de ne pas être un ardent défenseur de la culture en Haute-Saintonge. Dialogue de sourds destiné aux bien entendants !
Pierre-Jacques Rambeaud, estimant que l'affaire nécessitait un minimum d'éclairage, déclara que ses spectacles à lui (danse au Plongeoir) avoisineraient les 9000 euros. Voyez comme c’est simple quand on veut bien briser l'omerta ! Gilles Clavel approuva : « en demandant de la clarté, je ne fais pas preuve d'une curiosité malsaine ». Le maire demanda au secrétaire général des services de fournir des documents détaillés à l’opposition.

Au centre, Claude Belot et Gilles Clavel lors de l'élection du conseil municipal en 2014
• Décembre 2017 : L’opposition les attend toujours et désormais, elle devra les demander à M. Procureur, M. Mougard ayant été nommé à la CDCHS en remplacement de Carine Wilfart.

• Plus près de nous, en 2016
  
Justice ou injustice ? : Le nouveau Vacancier (document estival réalisé par le journal La Haute-Saintonge en partenariat avec la Communauté de Communes de Haute Saintonge que préside Claude Belot) est sorti et c'est avec surprise que le programme complet des Feuillets d'automne de novembre prochain y est publié en page 33. Bizarre : il n'a pas été présenté en commission culture et surtout, il n'a pas été validé en séance publique par le conseil municipal. Aurait-on mis la charrue avant les bœufs ou s'agit-il « d’un parfum du pouvoir », le thème des cinq spectacles ? Leur choix n'est pas remis en cause. Il s'agit simplement de respecter le « protocole » qui veut qu'une délibération municipale soit prise avant toute annonce publique (puisqu'il s'agit d'argent public). Notons que dans ce Vacancier, les Eurochestries chères à Claude Révolte, organisées en août, sont reléguées après les Feuillets d’automne !
Plusieurs questions peuvent légitimement se poser. Pourquoi ces Feuillets d'automne bénéficient-ils d'un régime de faveur, présentés en pleine page dans une brochure tirée à 60.000 exemplaires alors que les membres de l'équipe municipale ne sont pas informés de la programmation ?

• Fin 2017 : 

Dans l'annonce parue sur les programmes distribués aux Feuillets 2017, figurent les cinq spectacles de Prélude au Printemps 2018 dont le contenu semble déjà acté (artistes retenus, contrats signés ?) avant même la validation du volet financier. Le maire fait ce qu’il veut et si les chiens jappent, les caravanes passent ?

Allez, on en discute au prochain conseil municipal aux alentours du 20 décembre. Ça risque d’être animé car Gilles Clavel attend une réponse depuis des lustres ! Question et proposition : transparence des financements et constitution d’une équipe collégiale « culture » qui élaborera une programmation annuelle sur Jonzac en tenant compte de la population et du goût des uns et des autres sur un pied d’égalité… Jeanine Belot serait bien évidemment invitée à en faire partie !

2 commentaires:

Blier Claude a dit…

Enfin un coup de pied dans la fourmilière culturelle jonzacaise! Ou plutôt dans le financement des concerts multiples et variés, surtout multiples d'ailleurs, de Mme Belot, simplement la femme du maire et rien d'autre! Ayant appartenu à une petite association culturelle d'un petit bourg du canton de Montendre, je me suis vue refuser de mettre des affiches de nos propres concerts notamment aux Antilles... Sous le prétexte fallacieux qu'il ne devait pas y avoir d'affiches d'autres manifestations culturelles que celles de Madame. Les mêmes bâtons dans les roues nous ont été imposés au journal Haute-Saintonge...des ordres venus d'en haut peut-être....
C'est bizarre que la politique peut mener à certaines exagérations financières restées non seulement impunies mais ignorées, juste supputées par des personnes comme moi, simple contribuable. Merci Monsieur Macron, nouveau Président de la République, de faire bouger les lignes jusque dans nos campagnes.
La qualité des concerts à Jonzac n'est absolument pas remise en question mais une telle main-mise sur les événements culturels d'une Communauté de Communes est, pour moi tout du moins, absolument insupportable!
Rassurez-vous, Madame Belot, vous n'aurez plus de concurrence insupportable de la part d'une association rivale : les Culturales d'Expiremont ont cessé d'exister : difficultés de communication peut-être....

Baron de Jonzac a dit…

Nous sommes en droit de nous interroger en effet du manque criant de transparence. SEUL le roi Belot de Jonzac peut se permettre de telle largesse aux détriments de tout le reste, il méprisse ses élus, l'opposition et les citoyens. SEUL son avis et ses décisions qui le servent on lieu d'être. Pitoyable et inadmissible