lundi 15 janvier 2018

Saintes : analyses à la source de Lucérat

Dans le cadre de la protection du captage d’eau de Lucérat, un traçage coloré est prévu mercredi 17 janvier au niveau du vallon sec de Fond Barbeau, afin d’étudier le circuit souterrain de l’eau. 

 
De la fluorescéine (colorant vert) sera déversée au niveau de l'infiltration des eaux pluviales. La connaissance du délai entre l’infiltration et la détection du colorant à la source d’eau permettra d’étudier plus finement le circuit de l’eau et d’anticiper les pollutions accidentelles.
La fluorescéine est un colorant couramment utilisé pour ce type d’étude. Ce traçage est organisé avec toutes les précautions nécessaires concernant l’eau potable. Il n’y a donc pas d’impact sur l’eau distribuée au robinet des consommateurs. Des traces de coloration ponctuelle pourront être visibles dans la Charente, mais sans nuisance pour l’environnement.
Parallèlement à cette étude, des prélèvements d'eaux seront réalisés d’ici fin janvier (selon conditions météorologiques), afin de compléter les données de connaissance concernant les eaux se déversant dans la source de Lucérat.
L'objectif de ces analyses est double :

- mieux connaître le circuit de l’eau au niveau du bassin versant de Fond Barbeau,
- anticiper les pollutions accidentelles.
Cela permettra ainsi de protéger la source d’eau de Lucérat, source stratégique au niveau départemental pour l’alimentation en eau potable.

L’origine de la galette des rois et de sa fève

C’est vers 1870 qu’apparaissent les figurines miniatures en porcelaine qui remplacent la fève naturelle. A Limoges, leur production se développe à partir de 1875 grâce à Martial Ducongé (article extrait de Patrimoine et Inventaire d'Aquitaine).


La coutume de l’Epiphanie, du terme Epiphania : apparition, évoque le cheminement des Rois Mages, partis d’Orient, qui furent guidés par une mystérieuse étoile jusqu’à Bethléem. En Nouvelle-Aquitaine, le thème religieux de « L’Adoration des Mages » est souvent représenté dans des vitraux, des  peintures murales ou des tableaux, comme c’est le cas au Moutier-d’Ahun (Creuse). Sur cette toile du XVIIIe siècle, les rois Gaspar, Melchior et Balthazar, parés de costumes orientaux, ajoutent une touche d’exotisme : ils offrent l’encens, la myrrhe et l’or, symbolisé par une couronne. Ce sujet iconographique illustre également des châsses émaillées du XIIIe siècle en Corrèze, Creuse et Haute-Vienne.
Au fil du temps, la solennité liturgique de l’Epiphanie chrétienne a inspiré diverses coutumes qui ont contribué à la popularité comme à la pérennité de la fête des Rois. La tradition du partage de la galette des Rois est la plus célèbre d’entre elles. Dès le XIVe siècle, à Limoges, les marchands offraient une galette à leur seigneur dans laquelle une pièce de monnaie était cachée. Sa découverte désignait le roi qui choisissait ensuite sa reine et donnait aux pauvres une part du gâteau, appelée « la part de Dieu ». Toutefois, la graine légumineuse en forme de haricot, appelée fève, était plus communément utilisée.

Le gâteau rituel du jour des Rois était désigné, en langue limousine, par l’expression « Lou Reibeu », ainsi dénommé parce que les convives acclamaient par ces mots celui qui découvrait la fève et devenait roi, chaque fois qu’il levait son verre pour boire. Les boulangers avaient pour coutume d’offrir le gâteau des Rois à leurs clients, ce qui occasionnait des frictions avec la corporation des pâtissiers.
Dans son manuscrit de 1778, l’abbé Legros nous donne un dessin de cette pâtisserie à base de farine de froment : de forme ronde, elle est décorée de stries croisées en diagonale. En janvier 1790, les boulangers de Limoges profitèrent des évènements politiques et de leurs répercussions économiques sur la cherté des grains pour cesser de fournir les galettes à titre gracieux. Face au mécontentement populaire, les officiers municipaux donnèrent l’ordre de reprendre cet usage.


C’est vers 1870 qu’apparaissent les figurines miniatures en porcelaine qui remplacent la fève naturelle. Elles proviennent tout d’abord d’Allemagne. Leur production se développe ensuite à Limoges grâce à Martial Ducongé (Limoges, 1875-1918), modeleur dans une manufacture à Lille, lorsqu’il revient dans sa ville natale en 1913. Suite à sa rencontre avec un pâtissier de Limoges qui achète des fèves en porcelaine de Saxe à Thuringe, il décide de se substituer aux anciens fournisseurs et fonde sa propre manufacture rue Saint-Surin, à Limoges, en 1914. Il la nomme « Au biscuit français ». Peu avant la fin de la première Guerre mondiale, l’usine se développe et occupe des locaux plus importants. Martial Ducongé crée des modèles et des moules qui permettent de reproduire des petits sujets et met au point leur fabrication.

De 1914 jusqu’aux environs de 1950, les fèves sont obtenues manuellement. Après cette date, elles sont produites à la machine. Après démoulage, séchage et ébardage, certains sujets reçoivent une glaçure d’émail. Les figurines, en biscuit de porcelaine blanche ou émaillées, représentent des baigneurs, animaux divers ou porte-bonheur comme le trèfle à quatre feuilles et le fer à cheval. Pour ses clients, Martial Ducongé qualifie sa porcelaine « d’articles jouets autrefois fabriqués par nos ennemis ». Du fait de la rupture du commerce avec l’Allemagne suite à la guerre, Limoges détient alors le monopole exclusif de cette production. En 1918, Martial Ducongé meurt, victime de la grippe espagnole. Sa femme prend la direction de l’entreprise et, à la suite de son second mariage, la fabrique prend le nom de Ranque-Ducongé.

En 1924, Raoul Mousset, Léon Cloups et François Gaumondi créent une petite usine de porcelaine, avenue Galliéni, à Limoges, spécialisée dans la fabrication de porcelaine blanche fantaisie, dont les fèves. En 1964, Henri Laplagne, succède à son beau-père Léon Cloups. En 1974, la manufacture Ranque-Ducongé est acquise par la société Limoges Castel qui transfère la production dans de nouveaux locaux en zone industrielle. En 1987, Limoges Castel est le premier fabricant français porcelainier de miniatures et objets cadeaux. Après ces périodes de prospérité, l’usine ferme dans les années 1990.

Si de nos jours, ce type de production n’existe plus à Limoges, la traditionnelle fève en porcelaine est encore réalisée à Aubusson, en Creuse, depuis sept ans par Alain Pinquier, l’un des trois derniers artisans français dans ce domaine. Formé aux métiers de la porcelaine à Limoges, il crée son propre atelier où chaque année, il conçoit une douzaine de collections et produit environ 80.000 figurines. Il reçoit des commandes par milliers : de France ou de l’étranger. Les fèves, essentiellement plates, sont fabriquées à l’unité. Après une première cuisson, elles sont émaillées, puis elles subissent une deuxième cuisson avant d’être décorées, et à nouveau cuites. Leur iconographie s’inspire de caricatures comiques modernes ou de cartes postales anciennes du village du boulanger qui utilise ces fèves dans ses galettes. Cette production, 100 % française, entre en concurrence avec celle des fèves d’importation, de Chine notamment, pour un coût de réalisation supérieur mais avec un prix de vente identique. Ainsi, grâce à une distribution sans intermédiaire, l’activité d’Alain Pinquier reste viable et connaît actuellement un nouvel essor.

Des fèves diverses et variées !
Aujourd’hui encore, le premier dimanche de janvier, nous aimons continuer cette ancienne coutume, partager la galette avec convivialité, et découvrir la fève cachée ; en France, comme à la Nouvelle-Orléans, à New-York, Londres ou Berlin.

Françoise Bourdillaud

samedi 13 janvier 2018

Claire-Lise Boulch : « ses bijoux ont tout dans la tête ! »

Elle vous donne rendez-vous au musée de Saint-Pierre d'Oléron pour les Journées des Métiers d’Art en avril prochain

Claire Lise Boulch est bien connue à Talmont où vous la rencontrerez à la boutique Rose Outremer. Artisan d’art, elle réalise des bijoux de tête et autres "parures" qui allient délicatesse et fantaisie. Elle a été sélectionnée pour participer à l’exposition des Métiers d’Art qui se tiendra en avril prochain au musée de Saint-Pierre d’Oléron.


Claire Lise Boulch est discrète, raffinée et joliment originale. Son regard pétillant en dit long sur l’idée qu’elle se fait de la féminité. C’est à Talmont qu’elle a posé ses valises, rue de la Tour Blanche, après avoir travaillé pour des bureaux de style à Paris où se dessinent les dernières tendances.
Son parcours est intéressant. Après des études préparant aux métiers de la haute-couture (BT mesures et créations), elle entre à l’Atelier Fleuri-Delaporte, puis rejoint Peclers Paris. En parallèle, elle organise des soirées à thème avec costumes et décors pour " Le Palace" et devient créatrice de chapeaux diffusés chez Maria-Luisa et Absinthe, boutiques du quartier des halles. Elle fonde ensuite sa propre entreprise avec son associé Philippe Robert, designer de renom. Ils conçoivent des collections pour les éditeurs de la décoration : Lelièvre, Boussac Fadini, Tassinari et Chatel, le linge de maison, les tissages Moutet, Bouchara, et les arts de la table Geneviève Lethu, Guy Degrenne, Hermès. Elle poursuit une collaboration avec Marie Mercié au sein de son atelier, œuvrant à la mise en valeur du savoir-faire de la créatrice de chapeaux du quartier Saint-Sulpice.
« A un moment, nous avons réalisé avec Philippe que le marché du textile pour lequel nous travaillions tous les deux commençait à s’effriter. Est née l’envie d’écrire une nouvelle page d’existence en dehors de la capitale » souligne-t-elle. Venu en vacances à Talmont, le couple craque devant une maison. C’est là qu’ils s’installent. Une page se tourne. Lui sort son chevalet, elle imagine des modèles dédiés à la beauté et l’esthétique. Entrer dans l’atelier-boutique Rose Outremer, c’est pénétrer dans un univers où l’imagination est souveraine…

Autour de la rayure
 
Promouvoir les métiers d’art est l’une des priorités de Claire Lise Boulch. Et elle s’implique ! Elle a exposé aux côtés de créateurs de mode à La Rochelle et dans cette même ville, elle a présenté, dans le cadre de l’exposition de l’Union de la Couture "Savoir-faire du lien Mode et Musée au Musée des Beaux-Arts de La Rochelle", un serre-tête s’inspirant d’une encre chinoise. Etamine de lin peinte, perles de jais. Ravissant !

Bijou de tête inspiré d'une encre chinoise (Musée des Beaux Arts de La Rochelle)
Du modèle initial à la création
Elle a également fait les costumes et les décors de la comédie musicale Komma jouée par Compagnie de l’Arène dans le cadre d'une résidence au lycée de l’Atlantique à Royan, projet soutenu par la région Nouvelle-Aquitaine. Trois comédiens, huit silhouettes à habiller ! Une expérience aussi passionnante que celles de Saint-Emilion ou du musée de Royan où elle a été chargée de réaliser la scénographie et l’agencement des décors de l’exposition "Picasso-Royan 39-40", en collaboration avec Gérard Dufaud et Bernard Mounier. Ce rendez-vous, qui apportait un éclairage sur le séjour prolifique du peintre dans la cité balnéaire, a drainé plus de 20.000 visiteurs ! Durant l’été 2017, on l’a vue aux côtés de Philippe Robert au cloître des Carmes de Jonzac, « un moment dont elle garde un excellent souvenir ». 
 
Cette année, elle a été sélectionnée par le musée de Saint-Pierre d’Oléron qui valorise les métiers d’art du 10 mars au 30 septembre. Le thème 2018 en est « la rayure ». Savez-vous que ce musée de Charente-Maritime est labellisé Musée de France ? Claire Lise y présentera les 6, 7 et 8 avril prochains un bijou de tête unique (avec des rayures bien évidemment, paille naturelle, sisal laqué or et vert bronze). Elle animera une rencontre avec le public le 7 avril avec confection d’un bracelet orné de fleurs.
« La sélection a privilégié l’excellence des savoir-faire, la créativité, la variété des techniques utilisées et la correspondance avec la thématique retenue pour l’exposition. Des objets rayés des collections du musée seront également exposés faisant ainsi écho aux créations contemporaines. La rayure est, de nos jours, associée au bord de mer et l’île d’Oléron n’y échappe pas. En 1926, trois bandes noires sont rajoutées au phare de Chassiron afin de mieux le différencier du phare également blanc des Baleines. Des cabines de bains aux cabanes ostréicoles en passant par les ganivelles, les rangs de vignes, les aires des marais-salants… les lignes répétées à intervalles réguliers se distinguent dans le paysage » expliquent les organisateurs. Un monde à découvrir !

Rendez-vous au Musée de Saint-Pierre d'Oléron
Claire Lise Boulch a d’autres projets avec une ligne directrice : que les créateurs d’art puissent s’exprimer et surtout partager leur travail. Une façon pour eux de valoriser leurs talents respectifs et susciter des vocations !

vendredi 12 janvier 2018

La communauté hospitalière de Saintonge fidèle à la mémoire de Philippe Marchand

La communauté hospitalière rend hommage à Philippe Marchand, homme politique saintais qui a apporté sa pierre à l'édifice du territoire : 

Philippe Marchand lors de la cérémonie de départ 
de l'ancien directeur de l'hôpital, Alain Debetz
Sur le parvis du centre hospitalier de Saintonge, les drapeaux sont en berne, dans un hommage discret à celui qui 24 années durant a présidé, avec toute la fougue qu’on lui connait, le conseil d’administration de l’hôpital de Saintes.
Alors premier adjoint du maire de Saintes Michel Baron, Philippe Marchand élu par délégation président du conseil d’administration de l’hôpital en 1977, s’est immédiatement investi dans cette fonction à laquelle il était très attaché.
 Ceux qui l’ont bien connu sont unanimes : sa disponibilité pour le centre hospitalier dont il se sentait très proche était totale malgré ses nombreuses obligations politiques, président du Conseil général de Charente-Maritime en 1982, vice-président de l’Assemblée Nationale en 1985, puis Ministre délégué aux collectivités locales en 1990 et Ministre de l’intérieur de janvier 1991 jusqu’en 1992.
Pendant toutes ces périodes, il n’a cessé de présider régulièrement tous les conseils d’administration.
Il s’est toujours montré à l’écoute de la collectivité hospitalière dans toutes ses composantes. Il savait apaiser les tensions, dépassionner les débats à travers un sens du pragmatisme chaleureux et facilitateur. Sa verve, son esprit brillant, son humour espiègle rehaussaient le climat des rencontres informelles organisées en marge des manifestations officielles.

Sous sa présidence, le centre hospitalier de Saintes a engagé sa mue vers le pôle de référence qu’il est aujourd’hui pour le territoire Sud et Est du département, au même titre que les hôpitaux de préfecture de la Région.

Visionnaire, il a favorisé activement la coopération inter hospitalière et a participé à la création dès 1996 de l’une des premières communautés d’établissements, bien avant que les rapprochements entre établissements d’un même territoire ne soient rendus obligatoires.
Philippe Marchand a accompagné et favorisé la transformation in situ de l’ancien hôpital Saint-Louis qu’il a porté au maximum de ses capacités avec l’ouverture de nombreux nouveaux services, l’affirmation et le développement de diverses spécialités, l’humanisation et la modernisation de plusieurs secteurs. Il a pris une part très active auprès du Ministère de la santé en vue d’obtenir l’autorisation d’installer le premier scanner dans l’établissement et son financement.
Dès le milieu des années 90, lorsque le projet de construction d’un nouvel hôpital a été lancé, Philippe Marchand n’a pas cessé d’œuvrer pour faire aboutir ce projet auquel il était très attaché, tout d’abord auprès de Jacques Métais, alors directeur de l’Agence régionale hospitalière de Poitou-Charentes, puis auprès du Ministère de la Santé où il avait conservé d’amicales relations.

Départ d'Alain Debetz. Philippe Marchand y rappelle son engagement 
pour la communauté hospitalière de Saintonge
Lorsque Bernadette Schmitt, en 2001 élue maire de Saintes, lui a succédé à la présidence du conseil d’administration de l’hôpital, c’est tout naturellement qu’il s’est mis à sa disposition pour l’accompagner dans la conduite du dossier qu’il connaissait bien.
Depuis cette période et en toutes circonstances, il ne perdait jamais une occasion de se rendre dans le nouvel établissement dont il était très fier. 
Invité en 2007 pour inaugurer ce bel ensemble, c’est avec un immense plaisir et ses dons d’orateur qu’il a rappelé l’histoire de la création du centre hospitalier de Saintonge.
Avec la disparition de Philippe Marchand, le centre hospitalier de Saintonge perd l’un de ses fondateurs.
 La communauté hospitalière de Saintonge se souvient...
  
• Remerciements
Fabrice Leburgue, directeur des centres hospitaliers de Saintonge et de Saint-Jean-d’Angély, remercie les personnes qui par leurs récits et anecdotes ont contribué à la rédaction de ce communiqué, et tout particulièrement Georget Cano et Denis Guirand, anciens directeurs du centre hospitalier et Jean-Noël Parola, ancien président de la communauté médicale d’établissement.

Quand Sophie, artisan potier en Saintonge, rencontre Ahmed Attaher, orfèvre au Niger…

De quels projets parlent-ils ? De la préparation d’une collection, bien sûr, où les deux artistes conjugueront leurs talents respectifs. Artisan potier, Sophie Duvois créera les supports (vases, coupes, vasques) tandis que l’orfèvre nigérien les ornera d’argent ou de pierres semi-précieuses. Une alliance « séduisante » qui est le fruit du hasard, comme toutes les belles histoires…
 
Ahmed Attaher, Sophie Duvois et Jo Neuvy
Cette histoire met en scène deux personnes qui exercent des métiers différents, mais que réunit l’esprit artistique. Invité par Jo Neuvy à exposer en France, Ahmed Attaher est membre d'une grande famille d’orfèvres touaregs. Au Niger, il évolue dans les pas de son père et de son grand-père dont les œuvres figurent au quai Branly à Paris. Lui-même possède un atelier à Agadez.  Quand il le peut (les visas sont parfois difficiles à obtenir), il se rend en France pour présenter ses œuvres. Au domaine du Chapitre, à Arces-sur-Gironde, où nous l’avons rencontré la première fois, ses bijoux ont été remarqués. Joignant le geste à la parole, le public a découvert lors d'une démonstration comment une barrette d'argent peut se transformer en bracelet, bague ou collier ! L'assistance est généralement fascinée par ces opérations « digne d’un alchimiste » qui nécessitent expérience et précision.

Arces sur Gironde : démonstration devant le public
Sophie Duvois, quant à elle, a installé son atelier de poterie à Rouffignac, près de Montendre. En véritable passionnée, elle crée, invente et s’autorise quelques audaces. Souriante, elle explique sa démarche et montre les techniques aux curieux qui s’interrogent sur les secrets de fabrication. Accomplie ? Pas tout à fait… elle gardait en elle cette petite flamme qui ne demandait qu’à s’embraser. Sa rencontre avec Ahmed Attaher s’est déroulée aux halles de Montendre, au salon des artisans. Alors que cette manifestation allait fermer ses portes après les fêtes, eux, au contraire, ont ouvert une page d’écriture. Leur rapprochement s’est fait instinctivement. Ils ont longuement discuté et échafaudé des projets. « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis » disait Saint-Exupéry.
Il n’existe pas de poterie ornementale au Niger où elle est destinée au cadre alimentaire. « J’ai été attiré par la forme de l’un des vases de Sophie. J’ai tout de suite pensé aux décorations qui pourraient le mettre en valeur » souligne Ahmed Attaher.

Partage franco-nigérien

Sophie à la foire aux potiers de Soubran
Sophie est enthousiasmée par ce partage artistique : « Ahmed devant rentrer dans son pays, nous allons travailler par internet. Je lui enverrai les croquis des modèles que nous choisirons ensemble. Une fois que la pièce sera définitive, je laisserai les emplacements pour qu’il puisse intervenir à son tour ». De cette union, naîtra une collection franco-nigérienne axée sur l’élégance et l’originalité puisque seront travaillées des matières nobles, la terre, l’argent, les pierres, l’ébène.
Cette terre, qui prend vie entre les mains de Sophie, sera ornée par Ahmed qui excelle dans les ciselures héritées de ses ancêtres. Par leurs dessins géométriques, ces gravures racontent la vie de ces hommes libres que sont les Touaregs, les dunes, le chemin des caravanes, les sources, le puits, le village et les étoiles indiquant les quatre points cardinaux, repères immuables dans le ciel du désert. On y trouve aussi des animaux, la trace du serpent dans le sable ou du mille-pattes qui symbolise le lieu où se trouve la vie, la tente, le dromadaire, le caméléon et le chacal qui représente à la fois l’intelligence et la joie : « Au Niger, les histoires qu’on raconte aux enfants ont souvent un rapport avec le chacal ! ». 

Chaque gravure a une signification
 Comme on le suppose aisément, Sophie a déjà la tête dans ses futures compositions. Un défi qu’elle entend relever, consciente de ce rendez-vous particulier que lui donne l’existence. Les mois qui viennent seront déterminants. C’est donc avec impatience que nous attendons cette première « édition » qui portera en elle deux cultures et un bel objectif, celui de faire rêver le public.

• Création inspirée d’un bracelet d’esclave.
Ahmed a travaillé à partir de la collection d’objets anciens que possède le Sultan d’Agadez. « Nous avons un Président, mais les régions ont conservé un chef qui règle les affaires selon la tradition ». Les orfèvres travaillent pour lui. « Quand j’ai vu ces bracelets en bronze qui étaient placés autour des bras et des chevilles, symboles de l’asservissement, j’ai tout de suite pensé à une forme moderne, légère et libérée faite en ébène et incrustée d’argent ». Le modèle réalisé est magnifique…

 
• En Europe, Ahmed Attaher a tissé des liens avec la France, l'Espagne et l'Allemagne où se trouvent plusieurs points de vente de bijoux touaregs. Faire connaître cet artisanat d’art est important. Cette prise de conscience est essentielle pour le devenir de gestes que les ethnies conservent depuis des siècles. Soudées, les familles préservent ces acquis de génération en génération. Ahmed Attaher est le gardien d'une tradition ancestrale. C’est lui qui a été choisi pour la perpétuer (chaque enfant de la fratrie est toutefois initié). La chaîne doit rester intacte et Ahmed est heureux, sa femme Mina vient de lui donner un petit garçon !

• La situation au Niger :
Il y a moins de problèmes avec Boko Haram, semble-t-il, mais de nombreux réfugiés venant des pays déstabilisés par la guerre cherchent refuge au Niger. Ce pays possède, en effet, des frontières avec la Lybie, l'Algérie, le Mali (où les Islamistes sont très présents), le Bénin, le Burkina Faso, le Nigeria et le Tchad.
Face aux Haoussas qui occupent une large partie de la population, les Touaregs, en moins grand nombre, veulent défendre leur culture. Ecriture, symboles, histoire : chaque témoignage est précieux.


Reportage/photos © Nicole Bertin

jeudi 11 janvier 2018

Distinctions à la mairie de Saintes

Mercredi, plusieurs agents travaillant pour la mairie ont reçu la médaille du travail tandis que les retraités ont été salués par l’équipe municipale. Aux vœux de belle année 2018, des félicitations et des souhaits de bonne et active retraite ont été adressés aux récipiendaires. 
Cette sympathique cérémonie, orchestrée par Jean-Philippe Machon, maire, Jean-Pierre Roudier et Dominique Deren, s’est achevée par le traditionnel verre de l’amitié.

Les médaillés du travail

• Médailles d’argent : Ammar Berdai (vie associative), Francis Bert (gestion urbaine), Eric Gendron (bureau d’études), Céline Marmet (aménagement urbanisme), Alda Peralta (courrier), Nathalie Saverys (ressources humaines), Marc Villalon (médiathèques)

• Médailles d’or : Xavier Cotinat (action culturelle), Miguel de Dios ((équipements), Patricia Douzenel (gestion), Patricia Grosjean (ressources humaines), Marielle Mimaud (état civil)


• Médailles de vermeil : Stéphane Chaillou (stades, terrains), Françoise Dubant (finances), Martine Dubois (Conservatoire), Jean François Kot (salles municipales), Patricia Renaud (médiathèques), Bruno Rousseau (équipements urbains), Dominique Nicolas (Ephad Recouvrance).

Les personnels retraités
• Retraités : Bernard Barraud (service communication), Jean-Claude Chuat (adjoint au patrimoine), Jeannine Cousin (DAAJ archives), Chantal Bordeille (brigadier chef principale), Gil Colin (adjoint du patrimoine), Corinne Nicolet (médiathèque, assistante de conservation), Daniel Renaud (agent de maîtrise site Saint-Louis), Dominique Rivière (service voirie), Philippe Suire (gestion et propreté urbaine), Jean François Tessier (espaces verts, entretien), Pascal Le Bourdonnec (professeur au Conservatoire), Catherine Kitous Goncalves (professeur Conservatoire), Raymonde Langlois (adjoint technique golf), Mary Claude Bories (entretien logistique), Brigitte Favreau (CCAS aide à domicile), Hélène Villaume (auxiliaire de soins), Danièle Morellet (auxiliaire de vie sociale).

Un panier de saveurs pour les retraités
Un verre de l'amitié a clôturé cette manifestation

Philippe Marchand sera inhumé à Clam samedi 13 janvier

Avec la disparition de Philippe Marchand, ancien député de la circonscription de Jonzac et ministre de l'Intérieur de François Mitterrand, c'est toute une époque que révèle cet élu qui portait avec ferveur les couleurs de la Saintonge, sa terre d'adoption. Député à quatre reprises de l'arrondissement de Jonzac/Saintes de 1978 à 1991 (avant de céder les rênes à son suppléant Pierre-Jean Daviaud), président du Conseil Général de la Charente-Maritime de 1982 à 1985, cet homme de gauche, engagé au parti socialiste, s'inscrivait dans la grande mouvance radicale qui anime le département depuis des lustres.
Une cérémonie publique d'adieu est organisée samedi 13 janvier à 11 heures à l'Abbaye aux Dames de Saintes. A 15 h, aura lieu l'inhumation à Clam, la municipalité de son vieil ami Henri Vion, une figure emblématique de la région, disparu en 2002. Jean-Jacques Pichon, maire actuel, se souvient du jour où Philippe Marchand et son épouse Odile l'avaient appelé pour solliciter un rendez-vous. « C'était un peu mystérieux » avoue-t-il. En fait, le couple envisageait d'acheter une concession dans le petit cimetière de Clam (proche de Jonzac), la commune d'Henri resté dans les mémoires pour ses engagements et son authenticité. Il figure d'ailleurs parmi les portraits de la mairie aux côtés des Présidents de la République !

C'est donc à Clam que reposera Philippe Marchand. Un hommage lui sera rendu à 15 h. Il comprendra plusieurs allocutions dont celles de Claude Belot, maire et ancien sénateur qui l'a côtoyé durant de nombreuses années et Jean-Jacques Pichon.
La famille ne souhaite ni fleurs, ni couronnes. Elle invite les personnes présentes à faire des dons à deux associations qui étaient chères à Philippe Marchand : SOS Méditerranée et le Comité Amérique latine Saintes. 

• Quelques photos de l'album des souvenirs (© Nicole Bertin)

Philippe Marchand et Richard Picotin, alors en poste à Sud-Ouest Saintes
Philippe Marchand, député, accueilli à la mairie de Pons 
par Marc Simon, premier adjoint du maire F.P. Delapeyronnie
De gauche à droite, M. Maxime, Philippe Marchand, Dominique Bussereau,
 Jean Noël de Lipkowski, François Blaizot, M. Faucœur sous-préfet de Saintes
Henri Vion, ancien maire de Clam et ami de Philippe Marchand (© mairie de Clam)
• Interview réalisée en juillet 2002

Philippe Marchand : Que devient l’ancien député de Jonzac ?

Dans la région, ils sont deux élus à avoir appartenu au gouvernement Mitterrand. En 1981, l’ancien maire de La Rochelle, Michel Crépeau est ministre de l’environnement, dans l’équipe Mauroy, puis ministre du commerce et de l’artisanat en 1983. Un an plus tard, sous le gouvernement Fabius, il a en charge le tourisme. En 1986, il est nommé Garde des Sceaux, fonction qu’il occupe un mois seulement.
Philippe Marchand, bien connu à Jonzac, dont il a été député à partir de 1978, est devenu ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur en 1990, puis Ministre de l’Intérieur en 1991 (son suppléant, Pierre-Jean Daviaud, lui a succédé à l’Assemblée nationale). Il y a remplacé Pierre Joxe, devenu ministre de la Défense du gouvernement d’Édith Cresson (la seule femme Premier Ministre). Aujourd’hui, Philippe Marchand, conseiller d’État honoraire, est président de section à la Cour nationale du droit d’asile.
Quel regard ce retraité actif porte-t-il sur les Présidentielles et le retour au pouvoir de la Gauche ? Nous lui avons posé la question…


• Est-ce que vous avez l’impression, avec l’élection de François Hollande, de vous retrouver en 1981 avec François Mitterrand ?

Non, ce n’est pas la même situation. En 1981, avec la nomination de ministres communistes dans le gouvernement Mitterrand, il y avait une réelle peur de certains Français. La Droite promettait l’arrivée des chars russes dans Paris et la privatisation des propriétés. Il régnait une ambiance quasi révolutionnaire ! Aujourd’hui, nous avons affaire à une alternance tranquille, un peu à l’image de François Hollande. D’ailleurs, je connais des personnes qui ne sont pas de gauche, mais qui ont voté pour Hollande parce qu’elles ne souhaitaient pas la réélection de Nicolas Sarkozy.

• Comment expliquez-vous le rejet qui a entouré Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy est un homme très actif, mais il peut apparaître survolté. Par son comportement, il s’est mis à dos certaines corporations, dont des magistrats. On peut y ajouter le corps préfectoral. Ce n’est pas un secret d’état : quand il arrivait dans un lieu et qu’il voyait une malheureuse pancarte brandie par un manifestant, il le prenait mal. De telles attitudes ont fait que ce président n’était pas facile à vivre. Finalement, il avait surtout de l’admiration pour ceux qui avaient réussi financièrement…

• Quelle est la vraie marge de manœuvre de François Hollande vis-à-vis de la zone euro et de l’Union européenne ?

Sous des allures relativement débonnaires, François Hollande est un homme qui réfléchit depuis longtemps au fonctionnement de l’Union européenne. Il possède de bons outils de réflexion et sa formation, à la fois littéraire et économique, est importante. N’oublions pas qu’il a fait HEC, l’ENA et qu’il a été conseiller à la Cour des Comptes. Il a déjà réussi à faire avancer le curseur au niveau de la croissance en Europe. Ce qui est bon pour lui, c’est qu’arrivé aux États-Unis, Barack Obama le soutient. Évidemment, ça profite aux Américains, il ne faut pas non plus se faire d’illusion…

• Vous êtes avocat, vous avez été ministre. Que pensez-vous des nouvelles dispositions permettant aux ministres de devenir automatiquement avocats ?

C’est un scandale. Que des énarques, comme Pierre Joxe, puissent s’inscrire au barreau me semble normal, mais prenons le cas d’un homme qui n’a aucune culture juridique et qui se retrouve élu député. Il siège à Paris dans une Commission technique qui n’a rien à voir avec la Commission des lois et voici qu’il peut être avocat. Je ne préjuge pas de la décision du Conseil d’État, mais je serais fort étonné que ce décret ne vole pas en éclats. Il a d’ailleurs été attaqué avant les élections.
Il s’agit en fait de reclasser des élus. Il ne faut tout de même pas faire n’importe quoi. C’est comme si les députés, qui s’occupaient des problèmes de santé, étaient autorisés à pratiquer la médecine une fois leurs mandats accomplis !

Philippe Marchand (à gauche de la photo) lors d'un déjeuner au Conseil Général avec Josy Moinet, ancien président du Département de la Charente-Maritime comme lui (© Nicole Bertin).

• Le Conseil constitutionnel joue de plus en plus un rôle de cour suprême. Il répond aux questions préalables de constitutionnalité des lois. Pensez-vous que les présidents de la République ont encore une place dans ce dispositif ?

Robert Badinter a écrit un article dans Le Monde à ce sujet. Ses remarques sont excellentes. Toutefois, je pense que ce n’était pas le moment. Ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy risque d’entrer au Conseil constitutionnel que l’on peut soutenir que les présidents ne doivent pas en faire partie.
Charles de Gaulle est à l’origine de cette « ouverture », mais dans un but bien précis. Il s’agissait de trouver un sort digne au président René Coty qui venait de quitter ses fonctions. Depuis, les choses ont évolué. Le Conseil Constitutionnel, qui ne se réunissait que deux fois par mois, a changé de rythme. Il est devenu une véritable juridiction en raison de l’exception de constitutionnalité.
Par ailleurs, les présidents partent de plus en plus jeunes (Sarkozy a 57 ans), ce n’est donc pas leur place. Un moment, il était question de s’inspirer du système italien où les anciens présidents sont sénateurs à vie. Pourquoi pas ? Mais pas membres du Conseil constitutionnel, car c’est un travail juridique là encore…

• Philippe Marchand, vous êtes un retraité actif. Parlez-nous de la Cour nationale du droit d’asile à laquelle vous appartenez ?

Je suis revenu à mes amours premières, c’est-à-dire au droit, et je suis président de section à la Cour nationale du droit d’asile. Cette Cour juge en dernier ressort les demandes d’asile politique. Je tiens à Paris trois audiences dans la semaine et je vous assure que je fais fonctionner mes méninges ! Actuellement, 200 000 Syriens sont dans des camps en Turquie. Ils ne sont pas considérés comme réfugiés, mais comme “invités“. Cela ne veut rien dire. D’autres viendront en Europe, c’est certain. Comment refuser l’asile politique à des gens qui arrivent d‘Homs par exemple ? Juger de tels cas est vraiment terrible…

Photo d'archives (inauguration de la médiathèque de Saintes par Alain Decaux). Aux côtés de Rolande Beix, alors député de Saintes/Saint-Jean d'Angély, Philippe Marchand (à gauche) : « Je suis un retraité heureux ! J’arrive à 73 ans et il y a deux choses qui comptent, la tête et les jambes. Pour les jambes, je continue les randonnées en montagne et je fais du vélo. Pour la tête, il y a la géopolitique. C’est un domaine très exigeant et passionnant » (© Nicole Bertin).

Espace Mariveillon : Les tendances du printemps !

Vendredi dernier, l'espace Mariveillon a dévoilé, à l'occasion d'un défilé, les premières tendances de la mode printemps-été. Des modèles décontractés ou plus habillés selon les circonstances, à accessoiriser (sacs, étoles, foulards). Parmi les "originalités", le pantalon court et les motifs safari. A découvrir chez Marie Veillon et Claude Le Berre, rue Saint-Pierre à Saintes.

Version décontractée en baskets
Ou habillée avec étole "zèbre" et sac assorti
Tailleur pantalon classique
ou version pantalon court !

Motif savane pour ce pull


Robe à la fois élégante et facile à porter
La robe de mariée magnifique, "spécialité" de la boutique Mariveillon

mercredi 10 janvier 2018

Dominique Bussereau, président du Conseil Départemental, rend hommage à Philippe Marchand

Philippe Marchand (au centre) aux côtés de Francis Bouygues, Jean Harel et François Blaizot lors de l'inauguration du pont de l'Ile de Ré ( © Nicole Bertin)
« La Charente-Maritime vient d'apprendre avec tristesse le décès de Philippe Marchand, responsable politique majeur de notre Département. Avocat de profession, Président du Conseil Général de la Charente-Maritime, Conseiller régional de Poitou- Charentes, Député, Vice-Président de l'Assemblée Nationale puis Ministre de l'Intérieur, Philippe Marchand était de ces hommes dont le parcours politique est sincère et authentique, il s'est personnellement intéressé à tous ses concitoyens.
Comme législateur, il s'est beaucoup investi en faveur des libertés individuelles et fut également un acteur convaincu de la décentralisation. Philippe Marchand s'est très vite engagé durablement dans la vie politique et institutionnelle de la Saintonge et de la Charente-Maritime.
Il fut Conseiller général du canton de Saintes-Nord en 1976, premier adjoint au Maire de Saintes en 1977, Député de la Charente-Maritime de 1978 à 1990 et Président du Conseil Général de 1982 à 1985.
Chacun a pu apprécier pendant ces nombreuses années les qualités humaines et les talents qu'il a mis avec intelligence et détermination au service de notre département. Il entre dans le Gouvernement en 1990 comme Ministre délégué chargé de la décentralisation et de la sécurité civile, puis en 1991 il est nommé Ministre de l’Intérieur. Il siégea également au Conseil d’Etat.
Avec tous mes collègues de l’Assemblée Départementale, je rends hommage à Philippe Marchand et salue l'élu et l'homme progressiste et humaniste qu'il était, grand juriste et amoureux de sa Saintonge. Aujourd'hui, le Département de la Charente-Maritime est en deuil et s'incline respectueusement ».

Dominique Bussereau
Président du Département de la Charente-Maritime
et de l'Assemblée des Départements de France,
ancien Ministre

Le Parti Socialiste rend hommage à Philippe Marchand


« Avec la disparition de Philippe Marchand, c'est une page de l'histoire du socialisme charentais-maritime qui se tourne. Comme de très nombreux camarades, je pense à toutes ses années de militantisme passées à sillonner cette terre saintongeaise d'adoption dont il a su porter les valeurs jusqu'à la place Beauvau, auprès de François Mitterrand, cet autre charentais, dont il était si proche. J'ai eu la chance de siéger avec lui au Conseil Général de la Charente-Maritime. Les mots et le verbe y brillaient à chacune de ses interventions. Son soutien aux peuples opprimés, combat d'une vie, avec Odile son épouse, restera pour longtemps un modèle. Outre François Mitterrand, dont nous avons célébré lundi le 22ème anniversaire de sa disparition, Philippe rejoint aujourd'hui d'autres de ses amis : Michel Baron, Michel Cheneau, Michel Crépeau et Xavier de Roux ».

Cyril Chappet, Premier Secrétaire fédéral

Saintes : Philippe Marchand, député, ancien ministre de l'Intérieur de François Mitterrand, nous a quittés

Saintes est en deuil. Philippe Marchand a tiré sa révérence mercredi à l'âge de 78 ans avec cette élégante discrétion qui l’a toujours caractérisé. Paix à cet humaniste que nous n'oublierons pas. Nos sincères condoléances à son épouse, ses enfants et sa famille. 

Mobilisation devant le Palais de Justice de Saintes en décembre 2017 : 
Philippe Marchand est au premier rang (à gauche)
Philippe Marchand : Paix à cet humaniste que nous n'oublierons pas
C’était en décembre dernier quand les avocats de Saintes, réunis sur les marches du palais de justice, ont exprimé leurs inquiétudes quant à la nouvelle carte judiciaire. Au premier rang, Philippe Marchand était présent. Un peu plus tard, par ces hasards que la vie réserve, il était à la Musardière autour d‘un café. Nous avions alors évoqué le temps d'avant, ses mandats législatifs, cette fameuse émission télévisée de Michel Polac où il avait été question du financement du pont de l'Ile de Ré, ses relations avec le président François Mitterrand. Nous avions longuement échangé sur ces événements qui ponctuent le monde journalistique avec simplicité et franchise, plus rien ne justifiant une quelconque langue de bois. J'ignorais alors que c'était la dernière fois que je parlais avec Philippe Marchand, un homme qui a compté sur la scène politique et pas seulement puisqu'il a siégé au Conseil d'Etat et présidé une section de la Cour nationale du droit d’asile.
En 2016, lors d'une conférence, il avait confié ses souvenirs sur le Ministère de l'Intérieur. Intéressant !

• Article publié en décembre 2016

« Ministre de l’Intérieur ? Une fonction délicate, passionnante et épuisante » : Philippe Marchand à cœur ouvert !

Retiré de la scène publique (enfin presque), Philippe Marchand n’est pas avare d’anecdotes sur le temps d'avant, quand il était ministre de François Mitterrand ou député de l’honorable circonscription Saintes/Jonzac. Le temps a passé, les souvenirs restent : c’est heureux pour le public qui l’a écouté avec intérêt lors d’une conférence donnée à Saintes à l’initiative de la Société des Membres de la Légion d’honneur. 

Photo souvenir avec Jacques Rapp, ancien conseiller général de Saint-Genis lors d’un salon 
(© Nicole Bertin)
Philippe Marchand est bien connu en Saintonge dont il a été le député durant quatre mandats. Chacun faisait alors ses premières armes, lui au Parlement, nous autres jeunes journalistes affûtant nos plumes pour rapporter les faits marquants de l’actualité. Avec le recul, il est amusant de constater combien les joutes entre la gauche et la droite nous mobilisaient, cherchant les bons mots à rapporter aux lecteurs.

Accueilli par Alain Philippe, président de la société des membres de la Légion d’honneur et le bureau du comité Saintes/Jonzac, Philippe Marchand n’a pas changé. Longue silhouette et regard qui scrute l’horizon, comme le font les montagnards quand ils cherchent un point sur les cimes. Les chaises ont été prises d’assaut et pour cause, le sujet est tentant : le ministère de l’Intérieur vu de l’intérieur.
Tel un acteur sur les planches, Philippe Marchand connait son texte. Les tribunes, il en a l’habitude. Combien de discours a -t-il prononcés quand il inaugurait dans le Sud Saintonge, la région de son vieux camarade Henri Vion, maire de Clam ! Des salles des fêtes, des foires grasses, des manifestations, des rubans tricolores et même des face-à-face dont l'un, organisé par FR3, l’opposait à Claude Belot à la mairie de Jonzac ! Cette photo est intéressante : Claude Belot, son éternelle cigarette aux lèvres, regarde Philippe Marchand qui bouquine, décontracté, se faisant maquiller. Et nous d’immortaliser la scène comme le faisait Velasquez à la Cour d'Espagne (sauf que nous n'avons pas le talent du peintre). Souvenirs, souvenirs !


Débat télévisé entre Claude Belot et Philippe Marchand animé par Jean Hay à la mairie de Jonzac . Ici, la séance de maquillage, ce qui n'empêche pas Claude Belot de fumer sa cigarette !
(© Nicole Bertin)
Une longue chaîne

Alain Philippe : « Philippe Marchand a eu un parcours impressionnant, mais il est resté 
un homme simple et fidèle en amitié ».
Philippe Marchand est le maillon d’une chaîne de 300 ministres de l’Intérieur depuis 1790, époque de la Monarchie Constitutionnelle. Il rappelle sa fierté d'avoir occupé « cette fonction délicate, passionnante et épuisante durant deux ans ». Fin janvier 1991, il a succédé à Pierre Joxe devenu ministre de la Défense du gouvernement de Michel Rocard. C'était la grande époque de François Mitterrand dont il avait la confiance, « un homme d'état comme le furent Charles de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing et Georges Pompidou ». Tant pis pour les suivants, ils ne sont pas cités !
Philippe Marchand énumère des ministres de l’Intérieur qui l'ont marqué. Parmi eux, Raymond Marcellin, très bon technicien, debout dès quatre heures du matin avec une sieste l'après-midi (son garde du corps étant chargé de surveiller les pigeons afin de ne pas le réveiller), Pierre Joxe, Charles Pasqua, Jacques Chirac qui resta trois mois en 1974… juste le temps de débloquer des fonds pour la rocade de Cahors ! Sur ces 300, plusieurs sont originaires de la région dont Jules Dufaure, natif de Grézac, grand avocat qui plaidait sans notes (XIXe), Emile Combes qu'on ne présente plus et François Mitterrand pour qui cette période ne fut pas la plus passionnante (1954).

Le ministère de l’Intérieur est une énorme machine qui comprend entre 16 et 18 directions (parmi elles, la direction générale de la police nationale, la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises, la Sécurité Intérieure, la Gendarmerie Nationale, le secrétariat général - Haut fonctionnaire de défense, la Direction Générale des Étrangers en France, la Direction générale des collectivités locales, la Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières).
Quand il occupait cette fonction, Philippe Marchand avait pour directeur de cabinet Bernard Grasset qui devint plus tard député-maire de Rochefort. Le Ministère de l'Intérieur, c'est aussi le renseignement (bien utile pour la sécurité des citoyens)  : « avoir supprimé les RG est une erreur, ils doivent être de proximité ». Ce ministère chapeaute 143000 fonctionnaires et 95000 militaires.

« Je n’avais peut-être pas assez d’autorité »…

Comment devenir Ministre de l'Intérieur ? Pour entrer en lice, il faut être élu local, avoir l'expérience du Parlement et les bonnes grâces du Président… sans se faire pressant ! A ce poste, Philippe Marchand estime qu'il n'a pas été assez sévère, contrairement à Joxe ou Pasqua : « je n'avais peut-être pas assez d'autorité ». Ministre, il ne s'est jamais détaché de sa circonscription (gardant une permanence à Saintes). Sur le terrain, il a passé la main à son suppléant, Pierre-Jean Daviaud (natif de Saint-Aigulin) qui le représentait à l'Assemblée Nationale.
Confidences. Il est ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur - du 17 juillet 1990 au 29 janvier 1991 - quand il reçoit un coup de fil de Mitterrand qui lui demande de venir à 9 h 45. Il rentre dans le bureau, apprend que Joxe occupera la Défense (nous sommes en pleine guerre du Golfe) et qu'il va hériter de l'Intérieur, place Beauvau.
Son statut change. On ne le salue plus de la même façon et ses poches se remplissent des billets de ses collègues qui lui demandent d'intervenir sur des dossiers.
Nouveauté pour lui, il peut désigner les préfets, Mitterrand étant pour l'équilibre politique « à droite, il en faut » ! Il revoit la nomination de Claude Guéant dans le département des Alpes. « Il a été convoqué par un barbu socialiste à 8 h 15 du matin. Ancien conseiller technique au cabinet de Christian Bonnet, il était secrétaire général de la préfecture des Hauts de Seine. Je lui ai dit qu'il n'était pas à sa place, il est devenu tout rouge » explique Philippe Marchand qui avoue « avoir été pas mal déçu par la suite » (sans doute veut-il parler de l'époque Sarkozy).
Parmi ses satisfactions, il a vu arriver des femmes en préfectorale ainsi qu'Edith Cresson au poste de Premier Ministre (notons au passage que François Hollande n'a pas été aussi complaisant avec Marisol Touraine ou Najat Vallaud-Belkacen).

Une nombreuse assistance réunie au Camélia. Dans les rangs, Bernadette Schmitt, 
l'ancien directeur de l'hôpital de Saintes, etc
La journée d'un Ministre de l'Intérieur commence de bon matin avec l'analyse des événements de la nuit. La question est de savoir diriger cette information vers Matignon ou l'Elysée : « c'est une question de doigté ». S'ajoutent la lecture de la presse, les passages à la radio et les télés. Il garde un bon souvenir de Catherine Ney, Jean-Pierre Elkabbach, Alain Duhamel, Anne Sinclair et son émission 7/7, contrairement à Guillaume Durand qui lui avait reproché d’avoir expulsé des Maliens par avion (« je n’allais pas les renvoyer dans leur pays en vélo »).
La vie du ministre est conditionnée par l'actualité, interventions sur le terrain, gestion des manifestations (grèves, mouvements sociaux, agricoles, embrasement des cités, Corse), déplacements à l'étranger (Philippe Marchand a contribué à l'arrestation d'un leader de l'ETA, ce qui lui a valu de recevoir la Grand-Croix d'Isabelle la Catholique). Il raconte quelques anecdotes comme la création de la fondation Brigitte Bardot (l'actrice a donné la Madrague en garantie) ou le survol en hélicoptère de Paris par Nicolas Hulot, opération théoriquement interdite.
Pendant la guerre du Golfe, il n'y a pas eu d'attentats en France, « la DGSE et la DST ont fait un travail remarquable » souligne le conférencier qui craignait également des affrontements comme ceux qui avaient entraîné le mort de Malik Oussekine tué par la police en 1986 (manifestation contre la loi Devaquet).
Comment ne pas mentionner la grève des infirmières de 1991, entraînant une polémique entre le ministère de la Santé et le ministère de l'Intérieur après les incidents du 17 octobre ? Les malheureuses avaient été refoulées par les canons à eau et les grenades lacrymogènes des forces de police, faisant deux blessées. Une affaire que Philippe Marchand trouve « lamentable » et dont il se serait bien passé. Apparemment, on aurait cherché à lui faire endosser la responsabilité de ce triste épisode…

Philippe Marchand et le journaliste Patrick Guilloton qui vient de consacrer 
un ouvrage à Ségolène Royal
A l'entendre, l'écriture de ses mémoires s'impose ! Aujourd'hui, Philippe Marchand vit à Saintes, une ville qu'il connaît bien, mais dont le paysage politique a changé. Michel Baron et Xavier de Roux ont tiré leur révérence, on ne voit plus guère Alain Bougeret, Catherine Quéré ne se représente pas à la députation et les tentatives d'Isabelle Pichard de reprendre le pouvoir municipal ont été vaines face à l'équipe de Jean-Philippe Machon. On le verrait bien en sage occuper un poste au conseil municipal, mais en a-t-il réellement envie ? Voilà bien la question !

• Portrait : Agé de 77 ans, Philippe Marchand est né à Angoulême. Avocat de profession, il est élu conseiller général du canton de Saintes-Nord de 1976 à 2001, devient président du conseil général de la Charente-Maritime de 1982 à 1985, député de Charente-Maritime (élu à quatre reprises du 19 mars 1978 au 28 janvier 1991) ; vice-président de l'Assemblée nationale (en 1985). Il a aussi été conseiller régional de Poitou-Charentes. Membre du Parti socialiste, il est ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur du 17 juillet 1990 au 29 janvier 1991 avant d'être ministre de l'Intérieur du 29 janvier 1991 au 2 avril 1992. Il a quitté le parti socialiste en février 2006 à la suite des propos de Georges Frêche contre les harkis.
Philippe Marchand est conseiller d’état honoraire et il préside une section de la Cour nationale du droit d’asile.

• Des liasses de billets transportées dans un cabas !

Le ministre de l’Intérieur étant doté de fonds secrets (non imposables), le ministre pouvait alors récompenser ses collaborateurs et aider sa région. Ainsi, la construction de l'hôpital de Saintes, le pont Briand, l’achat du musée Dupuy Mestreau. « J'ai aussi aidé Jean-Louis Léonard à Châtelaillon en octroyant 25000 euros à sa commune ». Apparemment, Jospin aurait mis fin à l'opacité ambiante (l'argent arrivait de la Banque de France transporté dans un cabas par une personne de confiance).

• Les petits avantages du poste : du personnel de maison, un sommelier, une voiture de fonction avec chauffeur, des gardes du corps, une facilité de circulation (les feux étaient toujours au vert !), un large carnet d'adresses. Le ministre de l'Intérieur est aussi ministre des cultes, ce qui l'amène à rencontrer prêtres, rabbins, pasteurs et imams. Et d’être bien placé à l’église quand il assiste aux offices…

 • Les huissiers partent toujours à reculons car ils ne doivent jamais tourner le dos au Président ou aux ministres : héritage de l'Ancien Régime ?

• Fureur de Mitterrand au sujet d’une grande manifestation paysanne dans le Sud-Ouest
 A-t-on des noms et y a-t-il eu des gardes à vue ? Non, les gendarmes connaissent généralement bien les manifestants du monde paysan et se montrent tolérants à leur égard. Ultimatum de Mitterrand : « je veux des responsables ». Le préfet de secteur est chargé de localiser les coupables. Dès le lendemain, des agriculteurs sont interrogés. Le Président est content.

• Philippe Marchand est à l'origine de la loi sur l'intercommunalité qui est pour lui « une satisfaction obtenue sans le 49-3 ».

• Rocard, Mitterrand, deux personnalités fortes qui s'opposaient : « ils avaient tort tous les deux ».

• Confidence de Philippe Marchand sur sa première entrée au Gouvernement : « Le président Mitterrand avait choisi de me nommer ministre délégué à l’Intérieur. Il m’avait convoqué et m’avait annoncé sa décision. Je lui avais rétorqué que c’était au Premier Ministre de faire la proposition. Il m’avait alors répondu d’aller chez Michel Rocard. Lequel a essayé de me dissuader, voulant me confier la direction du groupe socialiste que j’ai déclinée ». Il entre donc au gouvernement. Odile, l''épouse de Philippe Marchand se trouvant au Chili, il ne peut lui annoncer la bonne nouvelle en direct !

• Ministère de l'Intérieur : rue des Saussaies, c’est là que se trouvaient les anciens bureaux de la Gestapo : « sous une table, figure encore une croix gammée » ! Difficile de ne pas penser au résistant Pierre Brosselette qui s’est suicidé pour ne pas parler sous la torture…

Philippe Marchand lors des vœux de l'hôpital de Saintes aux côtés de Françoise Mesnard, 
maire de Saint-Jean d'Angély
• La durée moyenne d’un ministre de l’Intérieur est de deux ans. Certains ont fait plus court : Chirac trois mois et Maurice Faure quatre jours.

• Philippe Marchand n’est pas près d’oublier le DC 10 abattu par Kadhafi au Niger en 1989. Un matin, les services lui ont apporté sur son bureau un gros morceau de l’appareil. Il était un peu surpris…

mardi 9 janvier 2018

Saintes : Radicaux valoisiens et Radicaux de gauche unis pour créer une nouvelle Fédération départementale

Séparés depuis 1972, la brouille entre les Radicaux de droite et de gauche avait assez duré d'autant que l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République a bouleversé la donne politique habituelle. Faisant du passé table rase, les Valoisiens (UDI) et les Radicaux de gauche (PRG) ont donc uni leur destinée à l'échelon national avec une présidence bicéphale assumée par Laurent Hénard et Sylvia Pinel. Une stratégie se met en place dans le département.

Les ex-présidents Pierre Malbosc (PRG) et Jean-Pierre Tallieu (UDI) prêts à former 
une fédération du Mouvement radical en Charente-Maritime

Le Mouvement Radical, né des Valoisiens et des Radicaux de gauche en décembre dernier à Paris, pose ses jalons. Samedi dernier à Saintes, aux côtés d'une soixantaine de militants, les présidents des deux ex-partis, Pierre Malbosc (PRG) et Jean-Pierre Tallieu (UDI) ont exprimé leur satisfaction de travailler ensemble, les contacts s'étant établis naturellement. Un centre réuni était espéré de longue date tant par Jean-Pierre Brecq (cercle de Saintes) que Colette Chaigneau (ex-député rochelaise, proche de Michel Crépeau), Gérard Desrente, actuel maire adjoint de Saintes ou encore Philippe Callaud. Pour mémoire, ajoutons que l'ancien maire de Chaniers, Xavier de Roux, a longtemps œuvré pour ce rapprochement, mais en vain. C'est maintenant chose faite. Les Radicaux, jusque là inféodés aux grands partis (Républicains et Socialistes) sont aujourd'hui libres de voler de leurs propres ailes : « un parti indépendant, c'est encourageant, plein d'espoir » souligne Pierre Malbosc.

Réunion à la Récluse samedi matin

La réunion organisée à la Récluse a fixé les différents objectifs à mettre en place. Le premier est de créer une fédération "Mouvement Radical de Charente-Maritime" lors d’une assemblée générale constituante qui se tiendra fin mars : « nous ne devons pas perdre de temps pour nous structurer »  estime Jean-Pierre Tallieu. Il se sent très à l'aise pour agir car il ne se représente pas aux prochaines échéances électorales, « je pense à la relève, aux jeunes en particulier » explique-t-il. Nombreux se réjouissent de l'unité des Partis radicaux qui possèdent « une histoire ancienne et commune ».

A l’issue de la prochaine assemblée générale, un nouveau bureau sera constitué ainsi qu'une organisation humaine et territoriale validée. En l'attente, les anciens responsables, dont les secrétaires Renée Lauribe Benchimol et Gérard Desrente, sont appelés à travailler ensemble. Les réunions de cercles et de comités seront communes.
Un prochain rendez-vous a été fixé en février à Rochefort. La présence de Sylvia Pinel, Laurent Hénard et Olivier Falorni est annoncée...

Au centre, Colette Chaigneau, ex élue rochelaise et femme au grand cœur
               
Henriette Diadio Dasylva a été élue Secrétaire nationale du Parti radical. Elle fera le lien entre les instances parisiennes et la Charente-Maritime dans la création de la Fédération
• Un peu d'histoire : La bipolarisation de la vie politique française, entraînée par la Ve République, a conduit à une marginalisation du radicalisme qui s'est divisé en 1972. Le Parti radical, désormais dit « valoisien », s'allie alors aux partis de droite et du centre pendant qu'est créé, par une minorité de ses membres un nouveau parti, ancré à gauche, signataire du Programme commun avec le parti communiste, le parti socialiste et les Radicaux de gauche. Fin de la brouille en décembre 2017 avec la création du Mouvement Radical.

Tous unis ? Pas vraiment ! Le parti des Radicaux de gauche existe toujours, soutenu par Virginie Rozière, député européenne et Stéphane Saint-André, ancien député-maire de Béthune. Notons que samedi matin, Benoit Biteau, conseiller régional PRG et Pascal Ferchaud, maire de Saujon, étaient absents. Idem à l'UDI pour Bruno Drapron, également conseiller régional et maire adjoint de Saintes qui ne souhaite pas rejoindre le nouveau Mouvement radical.