mardi 30 janvier 2018

Laurent Broquaire, président de l’Union des Commerçants de Jonzac : « la balle est dans notre camp. En premier lieu, rassembler, faire preuve d’initiatives, se regrouper »

Succédant à Nancy Salmon, Laurent Broquaire a été élu président de l'UCJ en mars 2017. Jeudi, lors de l’assemblée générale qui réunissait une quarantaine de participants, un bilan de l’année écoulée a été dressé. Le bureau ayant besoin de forces vives, une nouvelle rencontre aura lieu le 1er mars à 19 h 30 à la mairie de Jonzac. Y sont conviées toutes les personnes intéressées par le dynamisme du cœur de ville.
Laurent Broquaire répond à nos questions :


A l'automne 2017, l'UCJ a fêté ses 100 ans
• Comment se porte l’Union des Commerçants de Jonzac dont vous êtes président ?

En février 2017, personne ne se bousculait au portillon pour occuper la présidence. L’association fêtant ses 100 ans d’existence, il m’a semblé intéressant de célébrer cet événement. Je me suis donc présenté, d’une part parce que l’association a un rôle à jouer dans la vie de la cité, d’autre part pour élaborer un événement qui relaterait les tout débuts de l’association jusqu’à aujourd’hui.
Un conseil d’administration a été constitué où j’ai détaillé la manière dont j’envisageais le fonctionnement de l’UCJ. Le président ne pouvant pas tout faire, j’ai fait appel aux bonnes volontés qui désireraient s’investir dans l’organisation des animations. Personnellement, j’ai assumé les tâches administratives aux côtés de Thierry Jullion, trésorier, et Laetitia Detry, secrétaire. Je pense avoir réussi à élaborer une bonne structure. Le bureau a été soutenu par Laurence Agat, membre du CA, qui s’est occupée de la braderie. Elle a fait du bon travail.

• Combien avez-vous d’adhérents actuellement ? 

Nous avons 27 adhérents, chiffre en diminution. Je pense que nous devons revoir notre façon de fonctionner pour une meilleure mobilisation et efficacité. Il semble anormal, par exemple, que les banques, les grandes enseignes et groupes (Intermarché, Leclerc, Thermes, Casino, etc), acquittent la même cotisation de 120 euros qu’un simple commerçant. Un partenariat à nos manifestations serait plus significatif. En ce début de XXIe siècle, la donne a changé et nous ne pouvons plus évoluer sur des modèles anciens. Nous sommes arrivés à la fin d‘une histoire et devons en inventer une autre. On ne peut pas se contenter d’attendre des résultats en reproduisant des schémas qui ont fait leur temps ! Il faut être réactif. Personnellement, je n’ai peut-être pas été assez ambitieux et j’aurais souhaité autour du bureau une large mobilisation. Toutefois, qu’on se rassure, 2017 a été une bonne année avec des événements qui ont eu des retombées positives.
J’ai appris avec intérêt que la mairie avait créé une commission pour étudier l’avenir du centre ville. C’est important de plancher tous ensemble sur ces questions.

• Parmi les pistes innovantes, vous avez mis en secteur piétonnier la rue James Sclafer certains jours ?

En effet, comme pour la rue de Verdun, nous avons fait quelques tentatives rue James Sclafer et nous recommencerons car les commerçants y sont favorables les jours de marché. Il faut mener cette initiative dans la concertation.

Manifestation au marché de Jonzac en hommage aux 100 ans de l'association des commerçants
La recherche et la collecte des documents a été passionnante. Laurent Broquaire (à droite de la photo) a déjà présidé l’Union des Commerçants dans les années 2000, période où ont été créés les marchés nocturnes. A cette époque, l’association comptait une centaine d’adhérents.
Acte fondateur en 1917 ! le Président est alors Georges Alexandre
A gauche, Jean-Luc Garraud, dont la mère a été commerçante à Jonzac durant des décennies. Propriétaire de la boutique "Chantal", elle est la mémoire de la ville !
• Qu’avez-vous prévu cette année ? 

Les traditionnels rendez-vous, braderies de printemps et d’automne, marchés nocturnes et marché de Noël des métiers d’art. Durant les fêtes de Noël, place du château, avec l’association Les amis de Jonzac, Hervé Gourdet, sculpteur, a réalisé une œuvre qui sera installée au printemps dans le chemin de ronde, près de la fontaine. De telles actions, qui concilient art et histoire, sont à renouveler.

• L’une des priorités est de dynamiser le cœur de ville. Comment comptez-vous vous y prendre face aux grandes surfaces ?

Nous avons pleinement conscience des réalités. C’est le discours que j’ai tenu lors de l’assemblée générale : nous devons inventer et nous fédérer. Nous disposons d’atouts dans le centre ville que certains ne mesurent pas à leur juste valeur. Les marchés nocturnes, par exemple, attirent un nombre de visiteurs important de juin à septembre autour de la halle ; idem avec les curistes qui contribuent à l’économie. Le thermalisme est une manne pour la ville ; il profite également aux propriétaires qui proposent des locations.
Les soirs de marchés nocturnes, on peut imaginer une fermeture des magasins plus tardive. En ce qui concerne une ouverture plus souple des commerces, sans doute faudrait-il commencer par le créneau entre 12 h et 14 h, du 15 avril au 15 octobre. Je fais partie des commerçants qui le font et ces horaires drainent une clientèle. Ouvrir le dimanche, sujet largement débattu, peut s’envisager selon les commerces. Tout dépend de l’activité qu’on exerce ! Là encore, le dialogue est essentiel.

• Le centre des congrès devrait attirer un nombreux public qui intéressera forcément le centre ville…

Pour relier les Antilles au centre ville, une liaison piétonnière a été créée, sans oublier la navette Chaintrier qui propose une offre satisfaisante avec plusieurs arrêts. A une époque où l’environnement est important, pourquoi ne pas imaginer, de la part de la collectivité, un bus électrique pour desservir les différents lieux de la ville ?
Pour attirer des visiteurs, l’UCJ sait que le centre ville doit être attractif, séduisant. Il ne faut pas tout attendre de la mairie, la balle est dans notre camp. En premier lieu, rassembler, faire preuve d’initiatives, se regrouper. Aujourd’hui, les gens aiment se promener librement dans des secteurs où les voitures ne viendront pas perturber leurs promenades ou leurs achats.
A Jonzac, il existe par ailleurs un gros souci de signalisation. Les curistes ont souvent du mal à se repérer. Les parkings Paul Bert, Champ de foire, Place du 8 mai sont mal indiqués. Pour une bonne lisibilité, des panneaux d’information clairs seraient utiles. Compte-tenu du plan de circulation, il faut se mettre à la place des personnes qui n’ont jamais mis les pieds à Jonzac ! Certains trottoirs auraient également besoin d’être repensés.

• Etes-vous inquiet par la fermeture de certains commerces dans les rues des Carmes et Sadi Carnot ?

Si certains commerces ont fermé, d’autres ont ouvert avec des projets qui tiennent la route. Le Gouvernement actuel encourage le commerce et l’installation d’entreprises. Dans la rue Sadi Carnot, je pense à Bleu Banquise qui marche bien. Dans ce quartier, la municipalité a acquis, voici quelques années, des bâtiments qui sont aujourd’hui en mauvais état. Les détruire permettrait de libérer un passage et faciliterait la circulation piétonnière au sein du cœur historique de Jonzac.

• Pour débattre de tous ces sujets, vous organisez une nouvelle réunion jeudi 1er février ?

Rendez-vous jeudi 1er mars à 19 h 30 salle de la mairie de Jonzac. Les personnes intéressées par l’avenir du commerce jonzacais sont cordialement invitées.

Hervé Gourdet : sculpter la pierre sous le regard des passants !
• En fin d’année dernière, sur une initiative des Amis de Jonzac, Hervé Gourdet, tailleur de pierre, a réalisé une statue place du château sous le regard du public. Il s’agit d’une porteuse d’eau en hommage à la ville. Principe original : une souscription a été lancée pour financer cette œuvre. Elle sera installée prochainement près de la fontaine du chemin de ronde. Originaire de Meux, Hervé Gourdet a étudié au lycée Champlain de Royan avant de participer à des chantiers de restauration.

Au printemps, la porteuse d'eau sera installée près de la fontaine du chemin de ronde

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