dimanche 18 février 2018

Didier Lockwood nous a quittés : en 2006, Jonzac l'avait accueilli

Didier Lockwood (à gauche) avec Martin Taylor et Jean-Philippe Viret (archives)
Bien triste nouvelle. Le célèbre violoniste de jazz, Didier Lockwood, marié à la soprano Patricia Petibon, est mort brutalement dimanche matin à Paris à l'âge de 62 ans. En 2006, il était venu à Jonzac où il avait participé à la manifestation Drôles de Rue. Au sein du groupe S. Grappelli Héritage, sa prestation aux côtés de Martin Taylor à la guitare et Jean-Philippe Viret à la contrebasse avait été unanimement appréciée.

Place de la République (archives Jonzac)

Jérôme Carbonnel, du comité d'animation, se souvient d’un moment qui l’a particulièrement touché : « Nous rejoignions la place de la République où se trouvait la scène à l’époque. Nous nous sommes arrêtés sur la terrasse du Coq d’or où Mathias Guerry jouait du violon. Didier Lockwood l'a écouté avec attention et m’a alors confié son Stradivarius. Un sacré moment ! Séduit par le talent de Mathias, il l’a invité à le rejoindre lors du concert ». Des liens se sont tissés par la suite et des échanges par mail ont eu lieu jusqu’en août dernier. Dans la région, Didier Lockwood s'est produit à Royan durant l'été 2017, au Violon sur le Sable.
 
Aujourd’hui, chacun salue le génie de ce musicien, sa finesse, son enthousiasme et sa grande pudeur. 

Les violonistes Mathias Guerry et Emeline Alberghi

samedi 17 février 2018

Centre des congrès de Jonzac : et si son prix continuait à grimper ?

Le centre des congrès de Jonzac
Avec les nombreux avenants votés par la Communauté de Communes de Haute Saintonge, le Centre des Congrès atteint quelque 19.000.000 euros. Une dépense conséquente que le Président Belot a réalisée avec la caution de l'ensemble des maires, sans état d'âme pour les contribuables. En effet, l'objectif recherché est de dynamiser le territoire. Quand elle fonctionnera à plein régime, cette structure devrait rapporter des devises. Pour l'instant, « elle est en rodage » souligne l'élu qui attend l'ouverture de l'hôtel proche du casino, destiné à l'accueil des congressistes. Le casino sera lui-même en transformation à partir du mois de mars (avec suppression de l'actuelle salle de spectacles de 290 places).

Derrière ces perspectives "hollywoodiennes", des questions restent en suspens. Bien qu'ouvert, l'aménagement du centre des Congrès est-il réellement terminé ? Curieusement, les cuisines n'y avaient pas été prévues et il en sera doté (voir appel d'offres) : au vu du prix, nous devrions avoir celles du Crillon et pas une simple kitchenette ! S'y ajoute une autre observation. Si le centre est correctement doté en équipements utiles aux conférences, il ne dispose pas, pour l'instant, de tous les matériels techniques nécessaires aux grands spectacles (éclairage, sonorisation, etc). Ce qui oblige les organisateurs de manifestations à louer les services de professionnels extérieurs (d'où un surcoût, en plus de la location de la salle). Faut-il s'attendre, comme pour les cuisines, à de nouveaux investissements "avenants" de part de la CDCHS ?

 

Le marché concernant les équipemenst de cuisines
Pour assurer sa rentabilité, les tarifs de location du centre des congrès, fixés par la CDCHS qui le gère directement, sont importants. Agora : Tarif A 5400 euros TTC, tarif B 4320 euros, tarif C 3780 euros, tarif D 3240 euros, tarif E 2700 euros, forfait ménage obligatoire 30 euros l'heure. Système de vidéo projection 960 euros TTC ; Salles de séminaire : A la journée 420 euros ou 360 selon les salles retenues ; à la demi-journée de 300 à 240 euros ; pour toutes les salles 1920 euros. Ménage 30 euros l'heure ; Hall de 600 m2 : 1920 euros TTC, ménage obligatoire 30 euros l'heure.

Deux poids, deux mesures...

Si l'on peut se réjouir de disposer, à Jonzac, d'un centre des congrès digne d'une ville de grande taille comme Bordeaux, un problème devrait se poser rapidement pour les associations locales ou particuliers qui cherchent une salle de 300 ou 400 places et dont les moyens financiers sont limités. Jonzac, désormais dans la cour des grands, sera alors hors de portée de leur budget (le théâtre du château est trop petit, l'ancienne salle des fêtes ne sert pratiquement plus et la salle du casino n'existera plus).
On se retrouvera alors dans le même cas que pour le complexe aquatique des Antilles où les tarifs d'entrée, élevés surtout en période de vacances, peuvent devenir un obstacle. L'été, les personnes qui veulent tout simplement se baigner sans bourse délier ne peuvent plus bénéficier de l'ancienne piscine de Jonzac (rue Chanzy), supprimée, et doivent se rendre à Réaux (par exemple) où les tarifs sont abordables (adulte : 2,50€, enfant : 1,50€). Reste, aux Antilles, le bassin sportif avec lignes 25 mètres à 4 euros pour les adultes et 3 euros pour les jeunes à certains horaires.
Bref, ce qui peut sembler formidable en matière d'aménagement pour les uns pourrait s'avérer pénalisant pour les habitants du secteur qui n'ont pas la chance de rouler sur l'or...

Les Antilles de Jonzac

Communauté de Communes de Haute Saintonge : et pan sur le bec des "canards" ?

Sur Facebook, on peut trouver cette offre d'emploi émanant de la Communauté de Communes de Haute Saintonge que préside Claude Belot. La collectivité est en quête d'un "changé", plutôt d'un chargé de communication digitale (depuis l'erreur a été corrigée). Traduire : personne qui valorisera sur le net l'image que doit renvoyer la CDCHS, forte de son nouveau centre des congrès, auprès du public. 

Chargé ou changé de communication ? Depuis la faute a été corrigée !

Si cette annonce est à saluer puisqu'elle est source de travail, son contenu, où la personne recrutée sera chargée de modérer les réseaux sociaux, laisse interrogatif. Autrement dit, son rôle (entre autres) sera de supprimer les commentaires déplacés, ce qui est naturel, mais aussi ceux qui pourraient être désagréables pour l'image de la CDCHS. La liberté d'expression en serait alors altérée, elle qui a déjà du plomb dans l'aile en Haute Saintonge où la presse papier est généralement obligeante envers le président-maire de Jonzac. A sa décharge, elle n'a souvent pas d'autres moyens que de l'être. Ou alors, il faut s'appeler Le Canard Enchaîné !
Attendons la suite des événements...




La communauté des Communes de la Haute-Saintonge recherche un ou une chargée de communication digitale.
Les missions de communication digitale :
• Contribuer à l'analyse des besoins
• Participer à la définition de la stratégie de communication
• Proposer des solutions technologiques
• Animer les sites internet et les réseaux sociaux
• Développer la notoriété des sites
• Rédiger et actualiser les contenus,

Les missions de communication généraliste :
• Plans de communications
• Conseiller et accompagner les services
• Concevoir et rédiger des supports de communication
• Participer aux événements, salons et expositions,
• Réaliser la mise en page de documents
Le contrat
Premier contrat en CDD de 12 mois - 35h
Vous avez
• une première expérience significative serait appréciée
• une formation initiale en communication
• une culture numérique approfondie
Vous êtes
créatif / rigoureux / autonome / polyvalent
Envoyez votre candidature (lettre, CV avant le 15 mars) par courrier au :
Président de la Communauté des communes de haute-Saintonge
7 rue Taillefer
CS 70002
17501 Jonzac Cedex
ou par mail : isabelle.chaumeton@haute-saintonge.org

jeudi 15 février 2018

Crise à l'Université de La Rochelle

La crise qui agite l’université de La Rochelle depuis maintenant quatre mois et demi ne faiblit pas. Si rien ne se passe, va-t-on à la catastrophe ? Afin de tenter d’éviter une telle situation, les enseignants chercheurs juristes - qui sont, dans leur majorité, tout comme les étudiants en droit, opposés au projet d'établissement 2018/2021 - tentent un appel à l’autorité de tutelle. Ils ont adressé cette lettre ouverte au Ministre de l’Enseignement supérieur...  


Saintes : le conseil municipal vote les subventions aux associations

Le vote des subventions est un moment généralement attendu. Pour preuve, le public a répondu nombreux en ce mardi 13 février. Après certaines coupes opérées en 2014, l’opposition est attentive. Si les attributions ont entraîné des commentaires justifiés, le climat est resté plutôt détendu entre Jean-Philippe Machon et les membres de la gauche "plurielle" dont était absente Brigitte Favreau. Ses collègues lui ont adressé leurs vœux de prompt rétablissement.

Erol Ural succède à Jean-Claude Landreau (entre Mélissa Trouvé et Gérard Desrente)
L’une des premières questions à l’ordre du jour est la désignation d’un nouveau conseiller municipal, en l’occurrence Erol Ural, commercial en bureautique. Il succède à Jean-Claude Landreau, démissionnaire pour « raisons de santé ». Le maire salue le travail qu’il a accompli aux affaires sociales : « il a géré le CCAS avec succès. J'ai apprécié ses qualités relationnelles et son ouverture à la négociation ». Un nouvel adjoint sera désigné lors du prochain conseil municipal.

Serge Maupouet s'interroge sur le climat qui règne dans la majorité...
Alors que tout semblait sur les rails (normal dans une vie cheminote !), une question de Serge Maupouet surprend quelque peu Jean-Philippe Machon. « Où en êtes-vous avec votre majorité dans le contexte actuel ?» lui demande-t-il. Le maire, qui ne s’y attendait pas, fait d’abord des yeux ronds avant de répondre : « ils ont l’air en bonne santé ! Il n’y a pas d’interrogations particulières ». Serge Maupouet insinue un désaccord sur les choix du maire, lequel persiste et signe : « on se réunit tous les mercredis soir pour faire le point, il n’y a pas de souci ».
Et d’ajouter : « Et vous, dans l’opposition, ça va ? ». Sans doute a-t-il entendu parler de la fusion des Radicaux de droite et de gauche réunis dans le nouveau Mouvement Radical, parti que Renée Lauribe Benchimol (MRG) n’a pas rejoint. Serge Maupouet admet que la gauche à laquelle il appartient a quelquefois des divergences « mais nous nous entendons. Par contre, dans les bruits de couloir, chez vous… ce serait différent ». Jean-Philippe Machon finit par s’agacer : « que les gens parlent dans les couloirs est un bon point ! Nous travaillons dans la concertation et il en sera ainsi jusqu’à la fin de notre mandat ».
Les deux hommes en restent là, chacun campant sur ses positions en évitant ce grain de sable qui durcirait inévitablement l’échange…

Une nombreuse assistance

Jean-Philippe Machon : « Nous faisons confiance aux associations »

Josette Groleau et Philippe Callaud embrayent sur les subventions. Ne pas trop les réduire afin de donner des latitudes aux associations qui font battre le cœur de la ville.
Jean-Philippe Machon explique la position de la mairie (qui ne convainc pas Laurence Henry) : « nous sommes confrontés à la baisse des dotations de l’Etat. Nous avons choisi de réduire nos dépenses de fonctionnement ainsi que certaines subventions afin de ne pas augmenter les impôts locaux jusqu’à la fin de notre mandat. Nous avons baissé l’endettement de la ville qui était important et pouvons conduire à bien des projets grâce à l’aide de partenaires extérieurs, Conseil Départemental, Région, etc ».
Les demandes de subventions sont étudiées attentivement et un bilan financier est demandé : « Nous leur faisons confiance, mais il est normal que nous regardions comment est utilisé l’argent public qui ne doit pas servir de bas de laine rapportant des intérêts sur un livret. Il est logiquement affecté au fonctionnement de l’association et aux actions qu’elle conduit ». Ainsi, les associations qui présentent un an de trésorerie d’avance sur leurs comptes respectifs devront attendre, sauf si elles organisent un événementiel justifiant une participation municipale. Serge Maupouet estime qu’il est toujours possible de faire d’autres choix, surtout en ce qui concerne le social.

La ville attribue une subvention d’équilibre annuelle au CCAS et lui apporte divers concours ; en conséquence les deux parties ont conclu une convention. « Au CCAS, il n’y a pas de baisse des services et la gestion est meilleure » remarque le premier magistrat.
Une somme de 105.000 euros est affectée aux œuvres sociales, organisme au service des agents des collectivités. La baisse de cette subvention s’explique par le départ à la retraite d’un salarié et le calcul réalisé à partir du nombre d’agents.


• Associations à caractère social : 380.000 euros

Josette Groleau regrette que les subventions affectées ne soient pas plus précises. « Globalement, les subventions restent les mêmes, nous maintenons les moyens à un niveau élevé pour une ville comme Saintes » explique le maire. Philippe Callaud fait néanmoins remarquer que les centres sociaux, dont ne fait plus partie La Fenêtre, perçoivent moins que dans le passé : « Belle Rive et Bouffiers Bellevue reçoivent 296.000 euros en 2018 alors que les centres avaient globalement 422000 euros en 2014, Fenêtre inclus. Baisse également pour le Logis ». 

  
• Associations culturelles

Fanny Hervé souligne les efforts réalisés par le Gallia (après le licenciement de son ancien directeur). La municipalité soutient cette structure qui contribue par ses spectacles à la vie culturelle saintaise.  Philippe Callaud, quant à lui, déplore la disparition - entre autres - des Jeux Santons : « vous vous contentez de saupoudrer ! ». 


« Notre politique culturelle est claire » rétorque Jean Philippe Machon à Philippe Callaud. Ce dernier regrette l’implication d’une commission culture efficace : « à l’époque de Michel Baron, l’adjoint à la culture était saillant ! ». On n’est jamais mieux servi que par soi-même puisqu’il s’agissait de lui. Il est donc prêt à donner des conseils à Marie-Line Cheminade qui occupe ce poste actuellement !

• Associations sportives



 Le conseil s’accorde sur les pépinières de talents que sont les associations sportives.

• Comité de jumelage Vladimir : 500 euros. Saintes est jumelée avec Nivelles, Xanten, Salisbury, Cuevas, Vladimir et Tombouctou. Le maire de cette ville du Mali devrait se rendre à Saintes durant l’été pour fêter trente ans d’amitié. Compte-tenu de l’instabilité actuelle du pays, on ignore si ce responsable pourra assurer son déplacement en France. Globalement, les jumelages se portent bien.

• Association carnavalesque de la Saint-Sylvestre : 65000 euros. La cavalcade de fin d’année est unanimement appréciée, d’où un vote de l’ensemble du conseil. Jean-Philippe Machon rappelle que « Saintes est l’une des dernières villes qui fabriquent ses chars, à voir à la Récluse ».

• Associations diverses :


• Convention de prestations de services entre Saintes et Cognac :

Un manager du centre ville va être nommé. L’idée, qui n’est pas nouvelle, est de mettre en réseau des villes ayant des intérêts communs. Pourquoi pas avec Rochefort qui conserve une filière industrielle (quand Saintes rencontre des difficultés) ou encore Royan, la perle de l’Atlantique ?  

La Palu : François Ehlinger est inquiet quant à cet aménagement de loisir dans une zone Natura 2000, proche d’un dépôt d’ordures où se trouveraient des métaux lourds. Nous en reparlerons…

mercredi 14 février 2018

Saintes : L’héritage de nos ancêtres les Romains, amphithéâtre, mystérieux souterrain, rempart, arc de Germanicus, Thermes de Saint-Saloine

La valorisation du vallon des arènes apporte un éclairage particulier sur l’histoire de Saintes. En effet, après la conquête de ce territoire par les armées romaines au milieu du premier siècle avant J.C, la ville s’est rapidement développée pour devenir la première capitale de la province romaine d'Aquitaine portant le nom de Mediolanum. Alimentée par des aqueducs, elle était grouillante d’activités. D’imposantes structures ont été érigées. Parmi celles qui sont parvenues jusqu’à nous, l’amphithéâtre (du pain et des jeux), les thermes, le rempart, l’arc de Germanicus - qui marquait l’entrée dans la cité par sa rue principale, le decumanus maximus - et l’aqueduc. Temples et forum ont, quant à eux, disparu. Selon les historiens, cette agglomération comptait entre 10.000 et 20.000 habitants au IIe siècle de notre ère (25000 aujourd’hui). Malheureusement, sa prospérité connut un brutal coup d’arrêt avec les premières invasions barbares. Conséquence, un rempart fut édifié, ne protégeant plus qu’un périmètre de 16 hectares. Grandeur et décadence …
 

Des vestiges de la puissante Mediolanum sont encore visibles. Si vous aimez les balades, un parcours s’offre à vous, des arènes jusqu’aux thermes de Saint-Saloine. Suivez les guides, en l’occurrence Isabelle Oberson, directrice des affaires culturelles, et Murielle Perrin, animatrice en architecture et patrimoine. Seul témoignage fermé au public, le mystérieux souterrain de la maison Audiat (près des arènes) pour lequel les érudits émettent des hypothèses…
Frise d'un monument romain (musée lapidaire)
Murielle Perrin anime de nombreuses conférences

 • Que serait Saintes sans ses arènes ?


Sous des remblais durant une longue période, l’amphithéâtre de Saintes a été protégé...
Commençons par l’amphithéâtre, monument emblématique, qui occupe le devant de la scène avec cette question « gradins ou pas gradins ? ». L’avenir nous le dira.
Quelle que soit la suite des événements, entrer dans l’amphithéâtre, c’est remonter l’horloge du temps de 2000 ans. Inauguré sous le règne de l’empereur Claude, vers 40 après Jésus-Christ, le début de sa construction a vraisemblablement eu lieu à la même période que celle de l’édification de l’Arc votif de Tibère, appelé communément Arc de triomphe, dans les années 20 après J.C. La précocité de ces constructions de pierre, par rapport à la plupart des autres colonies romaines, s’explique par l’alliance instaurée à l’époque césarienne entre les troupes militaires romaines et les Santons, menacés d’être envahis par le peuple des Helvètes. C’est en relisant « la Guerre des Gaules » de Jules César, ouvrage cher aux latinistes, que l’on comprend combien cette architecture, dans un pays sans triomphe militaire, deviendra plus tard et au-delà du passage de la République à l’Empire, la représentation d’une gouvernance politique puissante. Miroir de la Grande Rome, les constructions de ses bâtiments, publics et de détente, font de la cité de « Mediolanum » un grand exemple de romanisation.


De cet important monument qui pouvait accueillir 15000 spectateurs, comptait 35 rangées de gradins et moult accès, ne reste que l’ossature. Toutefois, il conserve son côté "habité", de nombreux visiteurs percevant l’émotion que ressentaient les gladiateurs entrant dans l’arène, entre les portes des vivants et des morts. Cet espace symbolisait à la fois les goûts de l’époque (avec les réserves qu’on peut émettre aujourd’hui sur le contenu de certains spectacles) et un aspect spirituel gravitant autour de la fragilité de l’existence, entre lumière et ténèbres…

Le vallon des arènes
 • Derrière l’amphithéâtre, se trouve une importante nécropole qui a fait l’objet de fouilles. Dans tout l’Empire romain, c’est en Italie et en France qu’on trouve le plus grand nombre d’amphithéâtres.

• Mediolanum se « recroqueville », 
victime des invasions

Vestiges des remparts
Les hauts remparts, érigés pour se protéger des invasions, faisaient une boucle qui délimitait un périmètre se situant entre l’actuelle place du 11 novembre, secteurs de la Providence et ancien hôpital, le Cours national, les bords de la Charente, la place Blair avant de remonter. On aperçoit ce mur d’enceinte rue Bernard (près de la Providence) et plus bas, sur la place de Récollets (non loin de la cathédrale Saint-Pierre).
Le forum de Mediolanum se trouvait où est l’actuelle Providence. Cet emplacement de Saintes (belvédère du Site Saint-Louis) a toujours été un lieu stratégique où étaient situés les centres de gouvernance.
Les remparts ont été détruits à la fin du XVIIIe siècle. Sur les quais, sont apparus de superbes hôtels particuliers. Les fossés ont été comblés et le cours National est devenu, par la suite, la nouvelle grande artère de Saintes.

Derrière ces murs (actuelle Providence), se trouvait le forum de Mediolanum
Place des Récollets
Les remparts entouraient ce périmètre (carte de Jean-Claude Golvin)
• Alamans, Vandales, Alains… et Vikings
• Extrait du livre Charente-Maritime, d’Aunis et la Saintonge, des origines à nos jours :

Après la splendeur de Médiolanum aux premiers siècles de notre ère, suivent les invasions "barbares " dont les Alamans, Vandales et Alains. Plus tard, les Vikings sévissent dans la région durant l’été 844. En 845, ils lancent un raid au cours duquel périt Seguin, comte de Bordeaux, cependant que Saintes est détruite et pillée. Adémar de Chabannes décrit l’événement un siècle plus tard : « Seguin, comte de Bordeaux et de Saintes est capturé par les Normands et massacré. Saintes est incendiée et ses précieux trésors sont emportés ». Dès lors, l’Aquitaine est périodiquement attaquée.
L’expédition viking de 863 est particulièrement importante et meurtrière. Turpion, comte d’Angoulême, est tué en aval de Saintes. En 865, les annales de Saint-Bertin rapportent un combat victorieux livré par les Aquitains contre les Normands « établis sur la Charente ». L’historien André Debord a formulé l’hypothèse, interessante, que la base navale stable des Vikings dans la région était située à Taillebourg, dont la forme primitive serait «Trelleborg».
Le lieu présente des conditions idéales pour établir un port, à savoir une plage où l’on peut faire échouer les bateaux et rembarquer en profitant de la marée du jusant. Aux IXe et Xe siècles, le site était protégé par des marais côtiers et les masses forestières des deux rives de la Charente.
Les Vikings auraient quitté les lieux au Xe siècle. Cependant, on les vit reparaître sporadiquement dans l’ancienne Aquitaine jusqu’au début du XIe siècle.

A noter : Au IXe siècle, Saintes a été victime d'un tremblement de terre assez important, semble-t-il. En 1652, elle a connu une grave épidémie de peste.


• Souterrain mystérieux de la Maison Audiat (près des arènes)

La maison Audiat
Selon les recherches faites au fil des siècles, ce souterrain situé sur la pente nord du vallon proche du remblai Reversaux, a souvent été cité et exploré. Letelié le décrit : « il coupe l’arc de cercle que dessine la maison Audiat et traverse le mur de soutènement au niveau de la rue Audiat ». Des hypothèses ont placé le début de ce souterrain sur la colline de l‘ancien hôpital tandis que le géographe Claude Masse, sous Louis XIV, pense qu’il s‘agit d’un bout de l’aqueduc.

Maçonneries intactes
La Sauvagère voit en cette construction un moyen d’alimenter en eau les arènes lors de batailles navales (naumachies), spectacles appréciés du public. L’historien Bourignon souligne « qu’il est possible d’accéder à ce souterrain par un effondrement au dessus du coteau des arènes et le visiter sur 40 mètres de longueur ». L’abbé Lacurie en parle également, de même que les érudits du XIXe siècle que sont Charles Dangibeaud et Louis Audiat.
Aujourd’hui, le mystère n’a pas vraiment été éclairci (sauf que la maçonnerie romaine a traversé le temps, comme le montrent les photos). De nouvelles fouilles apporteraient-elles une réponse ?

Cheminées "fermées"
Un puits ?
De nombreuses interrogations et des époques successives...
• Qui était François Marie Bourignon ?

D’après la biographie saintongeaise de l’abbé Pierre-Damien Rainguet, on apprend qu’il est né à Saintes, en 1752, d’une famille d’artisans, s’appliquant dès sa jeunesse à l’étude des antiquités, que favorisait si bien sa ville natale par les nombreux monuments gallo-romains qu’elle possédait alors.
Bourignon ne tarda pas cependant à comprendre que, dépourvu de fortune, il lui importait de chercher un emploi plus lucratif que celui d’antiquaire.
Il se rendit à Paris pour y étudier la chirurgie. L’amour de la poésie l’emporta, et il s’appliqua, de concert avec quelques vaudevillistes, à la composition de petites pièces de théâtre qui lui assurèrent des triomphes faciles, mais sans beaucoup de profit.
Bientôt il rentra dans sa patrie sans avoir pris le temps de cultiver l’art de guérir, et se livra de nouveau à des recherches sur les antiquités de Saintes et des lieux environnants. Il établit, dans sa ville, un petit journal hebdomadaire intitulé : Affiches de Saintonge et d’Angoumois, qu’il sut rendre intéressant en y mêlant des articles scientifiques et littéraires. Plusieurs abonnés répondirent à son appel. La Révolution française étant survenue, Bourignon en embrassa les principes avec chaleur. Il fut nommé lieutenant-colonel de la garde nationale ; son journal devint dès lors l’écho des plus violentes déclamations républicaines.
Emporté par une ardeur peu commune, il parcourut les campagnes pour y prêcher les doctrines révolutionnaires, et il compromit, dans ces exercices forcés, sa frêle santé d’homme de lettres. On assure, de plus, que les mauvais traitements qu’il éprouva dans une commune, de la part de personnes opposantes et attachées à l’ancien ordre de choses, ne contribuèrent pas peu à son état maladif. Bourignon mourut au commencement de l’année 1793, victime de son enthousiasme démocratique.

Qu’aurait dit Bourignon, s’il eût prévu qu’un demi-siècle après ses importants travaux sur les antiquités saintongeaises, son pays eût détruit ou laissé détruire l’arc de triomphe de Germanicus, qu’il avait étudié avec tant de soin et dont il nous a conservé la double inscription dans son ouvrage ? Quels blâmes sévères n’eût-il point infligé aux projets barbares de ses concitoyens, et dont le plus inexplicable consiste à relever, au XIXe siècle, avec d’anciennes et de nouvelles pierres, un monument du Ier siècle ? Comme si l’on pouvait improviser des antiquités ! Vrais jalons de l’histoire, les monuments ne doivent-ils pas, pour parler à l’esprit des hommes, être contemporains des faits historiques qu’ils rappellent ? »…
• Source : Biographie saintongeaise - Pierre-Damien Rainguet - Paris - 1831

Quel dommage que ce pont, dont l'arc marquait l'entrée, n'ait pas été conservé...
• Louis Audiat (1833-1903) 

Il fut, entre autres, professeur de rhétorique et bibliothécaire-archiviste de Saintes. Valorisant la revue de l’Aunis et de la Saintonge, on lui doit de nombreuses recherches sur l’histoire de la ville. « Audiat était un grand bonhomme, bel historien et animateur hors pair d’une revue, dans une époque où partout régnait le ton de la polémique ; même si la fin de son parcours est incontestablement marquée par des excès en ce domaine (et que ses dérives de l’âge doivent interpeller ses héritiers que nous sommes tous), son œuvre reste. C’est là l’essentiel : il a créé une légende régionale et son personnage de grand érudit ombrageux en fait partie à part entière » écrit à son sujet l’ancien directeur de l’Académie de Saintonge, François Julien Labruyère.

Près de l'arc de Germanicus, le musée lapidaire est fermé pour des raisons de sécurité. Les petits éléments ont déjà été évacués vers la Trocante tandis que les blocs imposants y seront transportés à partir du 15 février. Un nouveau musée archéologique devrait être construit dans les années à venir.
• L’arc de Germanicus 
offert par Caius Julius Rufus


Classé au titre des Monuments Historiques en juillet 1905, l’Arc de Germanicus a été érigé en l'an 18 ou 19 pour l'empereur Tibère, son fils Drusus et son neveu et fils adoptif Germanicus. Sa construction a été financée par un riche citoyen, C. Julius Rufus.
« Il s'agit d'un arc routier à deux baies initialement bâti à l’arrivée de la voie romaine Lyon-Saintes (Lugdunum – Mediolanum), au niveau du pont romain sur la Charente (appelée Carentonus selon le poète Ausone au IVe siècle). Il fut restauré en 1666 puis, sur proposition de Prosper Mérimée en 1843, l'arc fut déplacé à quinze mètres de son emplacement pour des travaux sur les quais de la Charente. Il a été restauré en 1851 » expliquent les historiens.

Tel qu'il était avant d'être détruit au XIXe siècle
La dédicace sur l’attique est très abîmée pour la partie nommant l’empereur Tibère et son fils Drusus. La dédicace à son neveu et fils adoptif Germanicus, mieux conservée, permet de dater l’arc à l’année 18 ou 19 : elle a donné au monument sa dénomination usuelle. À Germanicus César, fils de Tibère Auguste, petit-fils du divin Auguste, arrière-petit-fils du divin Jules, augure, flamine augustal, consul pour la deuxième fois, salué imperator pour la deuxième fois.
Sous la dédicace, l’inscription sur l’entablement donne le nom du donateur C. Iulius Rufus, ainsi que son ascendance. Elle est répétée sur chaque face de l’arc. Ce qui se traduit par Caius Julius Rufus, fils de Caius Julius Catuaneunius, petit-fils de Caius Julius Agedomopas, arrière-petit-fils d’Epotsoviridius, inscrit dans la tribu Voltinia, prêtre de Rome et d’Auguste à l’autel qui se trouve au Confluent, préfet des ouvriers, a fait à ses frais cet arc.

• Sauvé par Victor et Prosper !

Une première restauration au XVIIe siècle...
L’arc a failli finir bien mal au XIXe siècle quand la municipalité a décidé de détruire le vieux pont dont il gardait l’entrée. De passage à Saintes, Victor Hugo tira la sonnette d’alarme, suivi de Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments Historiques. L’arc est sauvé en 1843 après des prises de position houleuses lors de réunions publiques (la mairie et les commerçants en particulier n’en voulaient plus !).
Bref, il est reconstruit, mais de façon peu minutieuse. Les pierres, déposées en vrac sur les bords du fleuve, n’ont pas été remontées telles qu’elles étaient assemblées initialement et de nouvelles ont été ajoutées. Il s’agissait, à l’époque, d’une installation temporaire. En 2018, l’arc est toujours là et il n’est pas question de déplacer cet honorable monument.
Seul reproche (personnel), un nettoyage un peu trop radical de l’ensemble a été effectué voici quelques années, lui donnant un aspect « Monsieur propre » qui n’est pas indiqué. La prochaine fois, il serait judicieux d’éviter ce genre de décapage, ne serait-ce que par respect pour les pierres vieilles de 2000 ans…

• Les thermes de Saint-Saloine

Mediolanum disposait d'infrastructures modernes dont des thermes (alimentés par l’aqueduc) que nous aurions sans doute plaisir à utiliser ! Nous devrons nous contenter des vestiges, à découvrir près du cimetière Saint-Vivien. Contrairement aux siècles obscurs suivants où la propreté était accessoire, les Romains étaient raffinés et le bain faisait partie d’un véritable rituel.
Lorsque les premières invasions contraignirent la population à se retrancher derrière une enceinte défensive, des quartiers entiers furent abandonnés. La plupart des bâtiments publics furent alors réaffectés. Les thermes devinrent une église, destination inattendue qui les sauvèrent en partie de la destruction…
Le site des thermes de Saint-Saloine est classé monument historique depuis le mai 1904.


Vestiges du caldarium : Du bâtiment d'origine, ne subsistent que quelques pans de mur présentant des niches de soutènement, vestiges du caldarium (partie des thermes où l'on pouvait prendre des bains chauds). Quelques pierres témoignent de l'église Saint-Saloine établie ultérieurement. Endommagé au XVIe siècle, ce sanctuaire a été abandonné et détruit.
Des fouilles ont permis de retrouver de nombreux sarcophages antiques et médiévaux dans le périmètre entourant l'ancienne église, prouvant la transformation du site en nécropole durant l'antiquité tardive et le haut Moyen Âge.


• Au XIXe siècle, un couple de commerçants (propriétaires du terrain), les Maraud-Bertaud, ont  réutilisé d'anciens sarcophages pour leurs propres funérailles. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !

Un sarcophage réutilisé !
• L'Aqueduc 
(à découvrir lors des journées du patrimoine)

Outre les parties souterraines, des vestiges sont visibles au golf de Saintes
 • Près de Royan, Barzan était-il le fameux Portus Santonum de Mediolanum ? En tout cas, la ville, qu’on appelle Noviogerum ou du Fâ, était vaste, disposait d’entrepôts, de thermes et d’un théâtre…

Maquette des thermes de Barzan
© PHOTOS NICOLE BERTIN

Ligne ferroviaire Niort-Thouars : le fret ferroviaire et l'activité économique en péril

Les carrières Roy et Kléber-Moreau, l'entreprise Amaltis, le Département des Deux-Sèvres et la Région Nouvelle-Aquitaine exigent de SNCF Réseau le maintien de l'exploitation de la ligne Niort-Thouars au 30 avril 2018 et la réalisation des travaux nécessaires à sa rénovation


Les entreprises, premières concernées, les collectivités, et l'ensemble des parlementaires des Deux-Sèvres ne peuvent accepter la décision prise par SNCF Réseau de fermer la ligne de fret entre Niort et Thouars, la ligne capillaire de fret la plus importante de Nouvelle-Aquitaine, au détriment d'entrepreneurs ayant fait le choix du ferroviaire et de tout un territoire qui a besoin de ses activités et de ses emplois.

SNCF Réseau a annoncé, le 25 janvier dernier, non seulement la fermeture de la partie encore ouverte de la ligne entre Niort et Parthenay au 30 avril 2018, mais aussi la multiplication par plus de deux du coût des travaux, pour seulement 44 des 77 km prévus, mettant en péril des entreprises et surtout de nombreux emplois.

Aucune solution n'a été ni anticipée ni proposée par SNCF Réseau à ses partenaires et clients, qui restent constructifs et ouverts à des modifications de leur mode d'exploitation pour permettre le maintien de leur activité.

« Nous dénonçons l'absence de considération et l'opacité des argumentations techniques de la part de SNCF Réseau pour les acteurs économiques des Deux-Sèvres, sur un projet pour lequel 8,5 M€ ont été réunis par l'ensemble des partenaires.

Nous dénonçons une attitude désinvolte et irrésolue qui, sous couvert d'arguments non étayés, met en péril la viabilité économique d'entreprises de la région et la politique en faveur du fret ferroviaire souhaitée par le gouvernement.

Nous sollicitons Élisabeth Borne, ministre des Transports, pour qu'elle nous reçoive, afin de valider notre engagement conjoint en faveur du fret ferroviaire, et qu'elle exige de SNCF Réseau son engagement réciproque.

Nous exigeons collectivement que SNCF Réseau s'investisse en faveur du fret ferroviaire et :

- réalise les travaux d'urgence afin que la partie sud, encore circulée, de la ligne Niort-Thouars ne ferme pas en avril 2018 comme annoncé aujourd'hui ;
- lance dans le même temps les études nécessaires sur la partie nord, fermée depuis décembre 2015, de la ligne Niort-Thouars qui fait partie intégrante du projet ;
- programme et  réalise les travaux pour la ligne Niort-Thouars sur la totalité de son tracé. »


• Les signataires :
Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine ;
Gilbert Favreau, président du Conseil départemental des Deux-Sèvres ;
les dirigeants des entreprises Amaltis, Kléber-Moreau et Roy ;
les députés Delphine Batho, Guillaume Chiche et Jean-Marie Fiévet ;
les sénateurs Jean-Marie Morisset et Philippe Mouiller.