jeudi 1 février 2018

Saintes : l'hôtel Brémond d’Ars transformé en 18 appartements

La ville de Saintes abrite de nombreux hôtels particuliers et demeures de caractère qui révèlent la richesse de son  patrimoine. Ainsi la Villa Musso (qui vient d’être vendue 650.000 euros par la municipalité à la société Urban Premium) ou l’hôtel Brémond d’Ars, en cours de rénovation par la CIR, située à Bordeaux. En mai 2019, ce vaste édifice abritera 18 logements haut de gamme.

L'entrée de l'hôtel Brémond d'Ars rue des Jacobins, inscrit au titre des M.H. en 1967
Importants travaux de restauration

L’hôtel, composé de deux bâtiments, l’un du XVIe, l‘autre du XVIIIe, est situé à l’angle des rues Martineau et des Jacobins. Cette immense demeure, occupée par la Comtesse Jeanne de Brémond d’Ars (dont certains Saintais se souviennent, son véhicule portant ses armoiries), puis par son fils Josias, homme politique, est restée de longues années à l’abandon. La voici qui en pleins travaux grâce à un investisseur, La Compagnie Immobilière de Restauration. Son objectif, réaliser des appartements de standing qu’elle revendra à des particuliers souhaitant faire des investissements. La restauration, confiée à l’architecte Pierre Edouard Brochet est  passionnante car plusieurs styles se côtoient en ces murs historiques. Les panneaux en bois peint, en particulier, sont magnifiques sans compter certains planchers, cheminées et escaliers. La fontaine extérieure est également intéressante.

La demeure Brémond d 'Ars comporte deux bâtiments distincts, l'un du XVe et l'autre du XVIIIe
Sous l’immeuble, se trouvent des caves voûtées
Au cœur du passé

Rue des Jacobins, deux lions gardent l’entrée de l’hôtel Brémond d’Ars. Leurs regards scrutent les visiteurs depuis des lustres. Grâce aux documents collectés par Annie Libaud, habitante passionnée par l’histoire du quartier, nous découvrons que le bâtisseur du 21 rue Martineau était l’échevin Dominique du Bourg en 1597 tandis que le 23 des Jacobins est attribué à Guillaume Gaudriaud, homme de loi, vers 1774, avant d’appartenir à la famille Drilhon au début du XXe siècle. L’ensemble des bâtiments a été réuni par la famille Brémond d’Ars.
Avec la disparition du dernier de la lignée, la demeure s’est tue, habitée par les silences qui ont envahi les grandes salles et balayé le temps d’avant. Aujourd’hui, qui se souvient des réceptions, des allées et venues, des personnages qui ont occupé une place dans le monde avant de se fondre dans la mouvance de l’oubli ? L’histoire est ainsi et Saintes n’échappe à la règle, de la puissante Mediolanum (symbolisée par l’amphithéâtre romain) à ceux qui s’illustrèrent dans les siècles suivants. Sans les historiens, que saurions-nous d’eux ? Outre les archives (quand elles ont survécu), les pierres apportent un témoignage. Altérées mais debout, elles racontent un style, le goût du moment, la situation du propriétaire. Ainsi l’hôtel Brémond d’Ars qui fera l’objet d’un prochain article dans le bulletin de la Société d’archéologie de la Charente-Martime.

Remarquable assemblage
Les marques des artisans d'antan
18 logements

Ce vaste édifice a donc été acquis par un promoteur, la Compagnie Immobilière de Restauration, qui a déjà réhabilité plusieurs immeubles à Saintes. Sur place, les corps de métiers s’activent et se succèdent. S’il n’y a pas de termites, un gros désamiantage a été nécessaire, ce travail de nettoyage ayant été confié à une entreprise spécialisée de dépollution. Les canalisations en plomb devront être changées. Actuellement, les équipes travaillent à la restauration des façades et à l’intérieur, aux plâtres et enduits. La couverture en ardoise est en partie refaite.
L’ensemble, qui comprendra 18 logements haut de gamme, sera livré en mai 2019. Cette rénovation entre dans la loi Monuments Historiques qui concerne tous les immeubles classés. Elle impose une réhabilitation dans le respect du bâtiment en accord avec les recommandations de l’architecte des B.F. et des autorités. La revente de ces appartements procure un avantage fiscal bien supérieur à la loi Malraux.
L’architecte bordelais, Pierre Edouard Brichet, intervient pour la première fois sur Saintes. « C’est un très gros chantier, il est passionnant. L’hôtel était dans un mauvais état, il s’est dégradé très rapidement en raison de fuites d’eau. Voici deux ans que je travaille sur le projet » souligne-t-il. Triés sur le volet, les artisans possèdent un savoir-faire dans la restauration de Monuments Historiques. Les entreprises retenues ont toutes une qualification. Entre autres, le couvreur vient de Rochefort en Aunis, les tailleurs de pierre de Poitiers, l’entreprise Ebeniste et associés, située en Gironde et spécialisée dans le patrimoine, est chargée des menuiseries extérieures, l'entreprise Bernard de la charpente, la société Gouraud des plâtres. Les éléments anciens (boiseries, cheminées, parquet) seront valorisés.

Boiseries et cheminée ancienne

Nous ne doutons pas que ces appartements auront beaucoup de charme ! Seul hic, le stationnement, ce dernier étant compliqué dans le quartier proche de la mairie, de la cathédrale et du marché. Trois places seulement seront créées dans la cour de l’hôtel. Les autres locataires seront appelés à se garer à l’extérieur (abonnement de 15 euros mensuels pour les résidents ou recherche de places gratuites, place Blair). « C’est un problème réel dans les villes anciennes. Si la commune oblige les promoteurs à créer des places de stationnement pour les occupants, le projet risque fort de ne pas aboutir » remarque Pierre Edouard Brochet.

Quel stationnement pour les futurs occupants ?
Par-delà cette question pratique que peuvent légitimement se poser les locataires, la renaissance de l’hôtel Brémond d’Ars est un atout pour le cœur de ville qui valorisera le patrimoine. D’autre part, la future résidence est située à quelques encablures du site Saint-Louis (ancien hôpital) qui va faire l’objet d’un important renouveau avec un hôtel de standing !

Les corps de métiers se succèdent
Au fond, se trouve la maison Berry (XVIIe) qui ne fait pas partie de cette opération.  Elle aurait été construite en 1630 par l’imprimeur Bichon. Elle était également la propriété des Brémond d’Ars.
• Compagnie Immobilière de restauration : Avec plus de 600 immeubles rénovés, le Groupe CIR poursuit son développement fidèle à son positionnement "coeur de ville" sur l'ensemble du territoire et autour de 5 dispositifs d'optimisation fiscale : Malraux, Monument Historique, Déficit Foncier, Nue-Propriété et Pinel en cœur de ville.


• Loi Monument Historique 2018 : pour qui ?

La loi Monument Historique 2018 s’adresse aux investisseurs situés dans les tranches d’imposition supérieures.
- Défiscalisation Monument Historique : principaux avantages
La loi de défiscalisation Monument Historique est la seule qui permette de déduire du revenu global d’un investisseur, sans aucun plafond, les travaux de restauration d’un investissement immobilier, ainsi que les intérêts d’emprunt. Cet investissement peut porter sur un appartement locatif, dans un immeuble classé ou inscrit.
- Principe de la loi de défiscalisation Monuments Historiques 2018
Le régime de protection des bâtiments classés Monument Historique date de 1913.
La défiscalisation Monument Historique (MH) concerne les propriétaires dans un immeuble classé Monument Historique ou « inscrit au titre des Monuments Historiques » (on ne parle plus de bâtiment ISMH), dans la mesure où au moins les façades et les toitures sont classées ou inscrites, et ce afin de favoriser la restauration de biens présentant un intérêt historique ou architectural. Il en est de même pour les immeubles bénéficiant du label Fondation du Patrimoine.
Les travaux de restauration et d’entretien (d’après la date de paiement) d’un programme Monument Historique classé ou inscrit, ainsi que les intérêts d’emprunt (murs et travaux), sont déductibles du revenu foncier. Le déficit ainsi créé est intégralement déductible du revenu imposable, sans limitation.
Par ailleurs, sous réserve de conclure une convention avec l’Etat, la transmission ou la donation de ces biens peut être exonérée de droits de succession.

Vue sur la cathédrale Saint Pierre
• Principe de la loi Malraux 2018

Le dispositif Malraux 2018 donne droit à une réduction d'impôt calculée sur le montant des travaux de restauration engagés par le contribuable à hauteur de : 30% pour les immeubles situés dans un Site Patrimonial Remarquable avec PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur) approuvé, les QAD (quartiers anciens dégradés) et les quartiers conventionnés NPNRU - Anciens secteurs sauvegardés ; 22% pour les immeubles situés dans un Site Patrimonial Remarquable avec PVAP (plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine) approuvé ou dont le programme de restauration a été déclaré d'utilité publique. Anciennes ZPPAUP et AVAP.
Le montant des travaux pour le calcul de la réduction d'impôt en loi Malraux 2018 est plafonné à 400.000 € pour une période de 4 années consécutives.
La Défiscalisation Malraux s'adresse depuis le 1er janvier 2013 aux contribuables français qui investissent dans des appartements à rénover (logements destinés à la location). Les travaux doivent aboutir à la restauration complète de l'immeuble et la qualité du bâti est suivie par un Architecte des Bâtiments de France.
 Les opérations en loi Malraux 2018 sont localisées la plupart du temps dans les Centres Villes Historiques et offrent aux investisseurs une excellente opportunité de défiscalisation et une bonne protection à moyen et long terme.

Détail de la fontaine, élément vraisemblablement rapporté par la famille Brémond d'Ars
Un mystérieux Henri a laissé son témoignage...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

superbe article Merci d'y rappeler le dernier passage du Marquis de Bremond d'Ars