jeudi 22 février 2018

Base de loisirs de la Palu : lettre ouverte de Jean-François Saunoi au maire, Jean-Philippe Machon

Le projet d'aménagement de la Palu fait couler beaucoup d'encre et suscite moult commentaires. Ainsi cette lettre ouverte au premier magistrat : 

 
« Je vous serais reconnaissant de me transmettre l'état d'avancement du projet d'installation d'une base de loisirs sur le site de La Palu à Saintes à partir des éléments en votre possession qui ont été validés et qui sont par conséquent communicables aux administrés de la commune. Une enveloppe de 350K€ a été votée par le dernier Conseil municipal pour la phase 1 du projet. Combien de phases comporte-t-il, lesquelles et selon quel agenda ?

Au delà de cette présentation générale, pourriez-vous m'indiquer plus particulièrement la conformité de ce projet avec les textes en vigueur tels que le Grenelle de l'environnement, la loi "biodiversité", le PLU, le PADD et ses rapports de présentation de Saintes. Il semblerait que certaines des activités prévues sur cette base en bordure d'une zone qualifiée de zone naturelle sensible, soient en contradiction avec ces derniers documents d'application locale ? Est-il prévu des les modifier ou d'obtenir d'éventuelles dérogations auprès des autorités compétentes ?

Comment sera respecté le PPRI en application relatif aux risques d'inondation ? Quelles seront les dispositions qui seront prises pour la remise en état du terrain et des installations suite aux crues et décrues qui se produisent là chaque année ? Quelles seront les mesures de la qualité de l'eau sur le lieu de baignade envisagé compte tenu de la pollution du site du fait de la présence d'anciennes décharges enfouies en cet endroit (la rive droite du canal et du bassin de dérivation de la Charente), sans parler des résidus agricoles et industriels rejetés en amont ? Voir : http://www.charentelibre.fr/…/alerte-aux-pesticides

Comment seront gérées et éventuellement compensées les nuisances des activités telles que guinguette, navigation en pédalo ou en kayak (alors que le passage est interdit aux bateaux sur le canal), etc. vis-vis de la faune sauvage qui se verrait chassée de la prairie, sachant que si la rive est hors de la ZNIEFF et de la ZNICO, le bassin en fait partie ? Qu'est-ce qui sera entrepris pour la préservation de la flore sauvage ou pas, voire son développement ? 

Quelles seront les mesures prises dans le domaine des économies d'énergie et des normes environnementales en matière de construction et de déroulement des activités mises en oeuvre afin de lutter contre le réchauffement climatique ? Quels sont les organismes consultés ou parties-prenantes du projet et leur avis à son propos ?

Quelles sont les entreprises privées ou publiques qui ont eu, qui ont ou qui auront à intervenir sur ce projet et quelle est la provenance de chacune d'elles ? Combien d'emplois est-il prévu de créer et de quels types ?

Quelles sont les raisons pour lesquelles ce site de La Palu a été préféré à un autre pour ce genre d'activité, comme la friche de l'ancienne piscine olympique à proximité du camping municipal "Au fil de l'eau" ? Et pourquoi ne pas se contenter d'un parcours ornithologique éducatif en face de la prairie de La Palu d'où les promeneurs seraient invités à observer les oiseaux avec des lunettes en laissant aux animaux vivant là près du centre-ville la tranquillité qui leur conviendrait, le cas échéant en partenariat avec la LPO ? Quid des familles de cygnes qui se sont installées à Saintes avec leurs petits dès lors qu'ils seront en concurrence avec des pédalos ?

Merci de bien vouloir me répondre afin que je puisse en rendre compte à mes amis en toute connaissance de cause ».
 
Jean-François Saunoi

Jacques Ros : Point de vue sur les 2500 euros votés par la C.D.C de Haute-Saintonge à Jean-Michel Rapiteau, la nouvelle taxe Gemapi et le conseil municipal de Jonzac…

Il possède cette force tranquille qui a fait la renommée d’un certain Président avant lui. Sauf que Jacques Ros, chef de file de l’opposition jonzacaise, préfère la modestie et entend toujours faire passer la raison avant les grandes envolées politiques. Fin observateur, il monte au créneau quand les arguments lui semblent justifiés. Ayant quitté le Parti Socialiste, il adhère désormais à la France Insoumise dont il trouve l’engagement plus authentique. 
Il répond à nos questions sur la mairie de Jonzac et la Communauté de Communes (entre autres)
...

Jacques Ros, chef de file de l'opposition jonzacaise
• Jacques Ros, vous êtes à Jonzac le chef de file de l’opposition à Claude Belot. D’abord socialiste, vous avez rejoint la France Insoumise. Commet se porte le parti de Jean-Luc Mélenchon en Haute-Saintonge ?

Avec Muriel Villier, je suis co-responsable du groupe d’action de Jonzac. En effet, nous sommes structurés en plusieurs comités. Dès 15 militants, un groupe d‘action est créé, ce qui permet de déterminer les problématiques de terrain en petit comité, puis d’échanger quand nous nous retrouvons. Tous les groupes sont coordonnés. Ils sont quatre en Haute Saintonge : Jonzac, Pons, les Trois Monts et Mirambeau, soit une cinquantaine de militants actifs.
Quelles actions soutenons-nous ? Opposés à l’aéroport de Notre-Dame des Landes, nous sommes favorables à l’attribution des terres à ceux qui souhaitent les cultiver. Récemment, un quart d’entre nous a rejoint les 30.000 personnes qui ont fêté la victoire.
A la gare de Pons, nous étions aux côtés des autres manifestants, à l’initiative du sénateur Laurent, pour soutenir la ligne de chemin de fer Saintes/Bordeaux. Un document, réalisé par nos soins, sera distribué prochainement à ce sujet puisque les gares de Pons et Jonzac sont concernées.
Nous avons également participé à la réunion organisée par le comité anti-Linky de Jonza, à Saint-Germain de Lusignan. Au départ, j’avais un niveau d‘information peu élevé à ce sujet et cette rencontre m’a vraiment intéressé. Plus je me penche sur le problème de ce nouveau compteur que met en place Enedis, plus je comprends pourquoi cette société rencontre des oppositions.
Cette semaine, la revue Hebdo a consacré un article sur Linky qui analyse le récent rapport de la Cour des Comptes. Au départ, Enedis ne facture rien, mais elle se rattrapera par la suite et au final, ça coûtera plus cher aux usagers. La Cour des Comptes expose de vrais arguments financiers, auxquels s’ajoutent les inquiétudes sanitaires comme l’électrosensibilité et la capture des infos personnelles.
Nous avons également organisé une réunion publique à la suite du décès de l’agent d’entretien qui s’est immolé aux Ciments Français à Bussac-Forêt. Nous étions une quarantaine à aborder les problèmes rencontrés au travail.
A l’avenir, nous envisageons deux réunions : l’une sur l’eau avec l’association Nature Environnement et une autre sur la pauvreté avec, pour objectif, le logement, les vendeurs de sommeil et ceux qui s’enrichissent sur le dos des personnes défavorisées. Sur Jonzac, par exemple, des bailleurs s’arrangent pour profiter du système et nous en parlerons. Nous avons du pain sur la planche…

• Votre leader, Jean-Luc Melenchon, est assez discret pour l’instant…

Effectivement, ce qui n’empêche pas ses "lieutenants" de monter au créneau. Il s’agit d’un collectif qui a des arguments. Je pense qu’il attend d’avoir suffisamment de recul pour analyser la politique conduite par Emmanuel Macron…


• Politiquement, la droite et la gauche ont du plomb dans l’aile en France…

Effectivement, le climat politique est difficilement perceptible d’autant que le nouveau président des Républicains traverse une phase difficile. La fédération des forces dites de gauche m’intéresse. Se réunir avec le PS, mais sur quelles bases ? Le nouveau PS n’a pas de vécu et il aura à faire ses preuves. Je ne regrette pas d’avoir quitté ses rangs. La France Insoumise a une proximité politique avec Benoît Hamon. Il faut attendre et voir.


• Localement, au sein du conseil municipal de Jonzac, comment vivez-vous le rôle de chef de file de l’opposition face à Claude Belot qui envisage, selon ses déclarations dans l’hebdomadaire La Haute Saintonge, de se représenter aux prochaines municipales. Il aura alors 84 ans… 

Je vis cette fonction avec la conscience de remplir mon rôle, aux côtés de mes colistiers. Je suis fidèle aux engagements initiaux avec le même esprit : être dans l’analyse de ce qui est présenté, la critique argumentée et la proposition lorsque j’en ressens le besoin. Au dernier conseil, nous avons envisagé de créer un groupe mixte de commerçants et d’élus qui étudierait les perspectives d’avenir entre le centre ville et le secteur du Centre des Congrès. A ma connaissance, il ne s’est toujours pas réuni. C’est dommage car se donner du temps pour analyser sereinement ce qui va et ce qui ne va pas serait intéressant. Il faut qu’à la fin du printemps, les commerçants, avec l’appui de la municipalité, puissent être organisés dans le meilleur esprit. Nous avons perdu deux bons mois et n’avons toujours pas d’infos à ce sujet. L’association des commerçants doit se réorganiser et devrait procéder à l’élection d’un nouveau conseil d‘administration. Ceci explique sans doute cela.

Le centre des congrès de Jonzac
• Le centre des congrès de Jonzac, officiellement porté par la Communauté de Communes de Haute Saintonge, vous semble-t-il être un formidable outil ou le projet de trop de Claude Belot dans une ville qui compte moins de 3500 habitants ?

Le président Belot a raison de rappeler que ce centre n’est pas celui de Jonzac, mais de la Communauté de Communes qui regroupe 70.000 habitants. Quand j’ai abordé le sujet avec lui, les yeux dans les yeux, j’ai souligné que je trouvais l’équipement intéressant au niveau de son architecture, sa réalisation, mais j’ai exprimé des réserves quant à son avenir au niveau économique. Je ne le souhaite pas, mais je me pose des questions sur la pérennité de cette structure.
Claude Belot m’a répondu qu’il avait bordé le projet et s’était rendu à Nantes pour voir comment fonctionnait un outil de cette dimension. Par ailleurs, étant à l’origine des Antilles, complexe aquatique géré directement par la CDCHS, du casino et de l’hôtel qui ouvrira cette année à proximité, il assure maîtriser la gestion du centre des congrès en étant vigilant et en ne faisant pas n’importe quoi. Bien sûr, je demande à voir  ! Je pense qu’il compte beaucoup sur une relation privilégiée entre le casino et le centre des congrès.

• Que le Centre des Congrès, outil géré par une collectivité locale la CDCHS, soit lié à une structure privée, un casino, pourrait être sujet à commentaires…


Effectivement, présenté ainsi, on pourrait se poser des questions sur les liens qui unissent la CDCHS de Haute Saintonge et Antoine Arevian, gérant du casino de Jonzac, structure exploitée précédemment par le groupe Lucien Barrière.
Personnellement, j’ai une autre lecture. Le responsable du casino, considérant que sa salle de spectacle est trop petite, préfère la supprimer et organiser ses animations au centre des congrès flambant neuf où 500 places sont disponibles. Claude Belot et Antoine Arevian, président de la holding Arev Finance, en tireront profit tous les deux.
En fonction des textes de loi en vigueur, la ville de Jonzac profite largement de l’argent que lui verse le casino : il en est ainsi dans n’importe quelle ville qui possède un casino. En utilisant le centre des congrès, Antoine Arevian sait ce qu’il fait et ne cherche pas à perdre de l’argent ! Il s’apprête à réaliser des travaux de grande envergure dans le casino avec de nouveaux jeux qui généreront des bénéfices. Le développement du casino va s’accroître avec l’arrivée des congressistes.
A ce sujet, le planning d’occupation des salles du centre des congrès est géré par Christophe Cabri, premier adjoint de la ville de Jonzac, membre du bureau communautaire de la CDCHS et conseiller départemental…


De droite à gauche, Claude Belot, Mme Chaumeton, Jean-Michel Rapiteau, Jacky Quesson
• Revenons à la dernière réunion de la Communauté de Communes de Haute Saintonge. Vous êtes le seul élu à vous être abstenu quand il a été question de voter une indemnité mensuelle de 2500 euros bruts à Jean-Michel Rapiteau pour la direction générale de la nouvelle SEM Energies Midi Atlantic, cet élu étant par ailleurs premier vice-président rémunéré de la CDCHS, maire d’Orignolles, responsable de la Maison de l’Emploi de Haute Saintonge et chef d’entreprise…


Mise en place par la Communauté de Communes de Haute-Saintonge qui a déjà réalisé des parcs photovoltaïques, Claude Belot a souhaité créer la SEM Energies Midi Atlantic, société d’économie mixte locale dans le but de coordonner une stratégie territoriale en matière de développement des énergies renouvelables autour des bassins de vie du Sud Charente-Maritime, Sud Charente, Nord Gironde et secteur de Royan. Elle a pour actionnaires la CDCHS, la Communauté d’agglomération  de Royan, la CDC des 4 B (Charente), la Communauté de Communes de Haute-Gironde Saint-Ciers, le SDEER et des banques, la Caisse des Dépôts, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et la Caisse d’Epargne. Elle a été officiellement constituée le 5 février dernier.
L’objectif est d’avoir une vision globale et de promouvoir une exploitation cohérente des potentiels énergétiques. En conséquence, il s’agit de soutenir des projets d’investissement locaux, coopératifs et citoyens où interviendra une large part d’énergies renouvelables. La société aura pour capital 2200.000 euros dont 600.000 du SDEER, 200.000 de la CDCHS, 200.000 de la CARA, 200.000 de la CC Estuaire, 200.000 de la CDC de Charente, 220.000 de la Caisse des dépôts, 200.000 du Crédit agricole, 200.000 du Crédit mutuel et 180.000 de la Caisse d’Epargne. La CDCHS aura donc 9,09% du capital et disposera à ce tire de 19.998 actions.
Le président de cette SEM a été désigné. Il s’agit de Jean-Michel Rapiteau avec un suppléant, Jacky Quesson. Or, on s’aperçoit que Jean-Michel Rapiteau cumule cette fonction avec celle de directeur général de la SEM, ce qui lui permet, puisque cela a été voté en séance publique le 15 février, de percevoir une indemnité d’un montant maximum de 2500 euros bruts par mois.
Sans entrer dans le détail de ses multiples fonctions et casquettes, maire d’Orignolles, lié à la société de transports Rapiteau d’Orignolles, premier vice-président de la CDCHS, je me demande comment il va assumer une fonction supplémentaire. Personnellement, ce serait au dessus de mes forces de cumuler autant de mandats !
Sans devoir mettre en doute la santé de J.M. Rapiteau pour une SEM de cette envergure, le mieux aurait été de recruter une personne non élue avec les compétences requises. Cela éviterait tout sentiment de suspicion, certes malvenu, mais il vaut mieux que les choses soient claires dès le départ. D’où mon abstention au vote de l’indemnité de 25.00 euros mensuels…


•  Autre sujet qui a retenu votre attention, la compétence Gemapi, gestion des milieux aquatiques et protection contre les inondations. Une nouvelle taxe a été votée sur la CDCHS ?

La gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations est désormais une compétence de la CDCHS, comme l’a voulu le Gouvernement. Toutefois, lorsqu’on attribue une nouvelle compétence aux collectivités sans transfert de ressources avec, pour seule possibilité la création d’une taxe par habitant de 40 euros maximum, je crois qu’on mérite un carton rouge. A partir du 1er janvier 2018, la CDCHS va donc se substituer aux communes qui chapeautaient l’ensemble des syndicats de rivières. En conséquence, dans ce contexte difficile, elle a décidé de voter une taxe par habitant qui soit la plus équitable possible. A elle de gérer le cadeau empoisonné du Gouvernement !
Je suis monté au créneau pour une simple question d’égalité : une famille au SMIC avec trois enfants devraient payer 5 fois 40 euros et une famille de cadres aisés, toujours trois enfants, la même somme.  C'est injuste.
Bernard Maindron, maire d’Allas Champagne, a eu pour mission d’étudier la question sur ce territoire de 70.000 habitants. Pour 2018, un prévisionnel a été chiffré à 558.000 euros, soit 8,40 euros par habitant. Claude Belot a tranché. Plutôt que de prélever 40 euros comme la loi l’y autorise, un coefficient de proportionnalité sera appliqué aux taxes d’habitation, foncier bâti et non bâti et contribution foncière des entreprises. Bernard Maindron a vraiment fait bon travail et les taxes locales ne subiront que des majorations infimes à hauteur globale de 8,40 euros contre les 40 euros que l’Etat autorise.

Dans cette affaire qui consiste à taxer les contribuables, je ne comprends pas la position du Gouvernement qui a fait toute sa campagne sur le contraire, disant qu’il n’augmenterait pas les impôts et qu’il donnerait du pouvoir d’achat alors que certaines catégories de la population, dont les retraités, sont pénalisées. Il s’agit d’une attitude hypocrite. Il doit prendre en compte les éléments sociaux.

En ce qui concerne la taxe Gemapi, elle ne sera pas très importante, mais je serai vigilant en 2019 sur la réalité des dépenses de fonctionnement et d’investissement. Les 558.000 euros ont été définis par rapport aux dépenses actuelles des syndicats de gestion des cours d’eau. Il s’agit de faire coïncider ce budget aux dépenses à l’euro près et non de constituer un fonds supplémentaire de trésorerie à la CDCHS. Sur le territoire, il existe des zones blanches qui n’ont pas de syndicats. Je regrette l’absence d’Elise Dabouis, sous-préfet, qui aurait pu nous apporter le point de vue de l’Etat.

Ce qui serait intéressant, c’est que les communes qui ont cette compétence en moins à assumer, donc des dépenses réduites, puissent baisser leur fiscalité locale. On verra bien si elles le font !


mardi 20 février 2018

L’Hermione prête à prendre la mer avec la Francophonie

A la veille de son départ le 21 février, le coup d’envoi du grand voyage de l’Hermione sous la bannière Libres Ensemble de l’Atlantique à la Méditerranée a été donné lundi 19 février à La Rochelle par l’Association Hermione-La Fayette et l’Organisation internationale de la Francophonie
 
L'Hermione à La Rochelle - © Jean Dominique Lamy / association Hermione Lafayette
En présence de Michaëlle Jean, Secrétaire Générale de la Francophonie, Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat auprès de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-François Fountaine, Maire de la Rochelle, Président de la Communauté d’Agglomération, Hervé Blanché, Maire de Rochefort, Président de la Communauté d’Agglomération Rochefort Océan, Olivier Pagezy, Président de l’association Hermione-La Fayette, les gabiers ont dévoilé le globe de la Francophonie de la Rochelle, du sculpteur Bruce Krebs, tout juste restauré. Ils ont également hissé le pavillon de la Francophonie sur l’Hermione.

Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie et les gabiers francophones du mouvement "Libres Ensembles" - © Association Hermione-La Fayette
 Délégation Officielle Journée de la Francophonie - © CdA La Rochelle 
Mercredi 21 février à 8 heures, la Frégate de la Liberté mettra le cap sur Tanger, aux portes de la Méditerranée, avant de rejoindre Barcelone, Sète, Toulon, Marseille, Port Vendres, Nice, Bastia, Portimão, Pasaia, Bordeaux et Rochefort en juin prochain. Les premiers gabiers francophones sont à bord. Ils sont Canadien, Québécois, Malien, Sénégalais ou Mauricien. Ils font partie des 350 gabiers venant de 34 pays de l’espace francophone sélectionnés pour cette première grande étape de La Rochelle à Tanger, la plus difficile, par le Golfe de Gascogne très capricieux en février.


Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et Michaëlle Jean, secrétaire - © Association Hermione-La Fayette
Le commandant Cariou avec les gabiers Francophones du mouvement "Libres Ensembles" - © Association Hermione-La Fayette
• Verbatim
« Alors que la Méditerranée est le sanctuaire de tant de vies, le théâtre quotidien de tant de fractures, la Francophonie et l’association Hermione-La Fayette veulent lancer un message d’espoir fort et placer le navire historique sous les bannières de la liberté, de la paix, du respect et de la diversité. » Son Excellence Michaëlle Jean.

« La Rochelle est fière d’accueillir l’Hermione avant le départ de ce grand voyage Libres ensemble de l’Atlantique à la Méditerranée, elle qui défend depuis si longtemps les valeurs humanistes. Quel plus beau message de diversité, de solidarité et d’ouverture pouvons-nous envoyer au monde en ce début d’année ? » Jean-François Fountaine.

« Les 350 gabiers qui vont embarquer sont de futurs ambassadeurs de la Francophonie, du Libres ensemble et de l’Hermione. Ils vont témoigner de l’extraordinaire aventure humaine qu’ils vivront pendant quatre mois. » Olivier Pagezy.

« C’est la première fois que je fais partie d’un projet d’équipe de cette envergure. Rien ici ne se fait seul. On est tous essentiels, on doit s’entraider des plus petites tâches aux grandes manœuvres. C’est très impressionnant et ça nous rend très humble dans cette aventure. Ensemble, on est plus forts ». Daphné, 25 ans, gabière du Nouveau Brunswick, Canada.

« La navigation sur l’Hermione est un vrai défi, puisqu’il n’y a pas de mer au Mali. Je suis impatient de commencer cette traversée jusqu’à Tanger via le golfe de Gascogne, monter au mât, faire les manœuvres par tout temps… » Soulo, 26 ans, gabier malien.

En 2003, Bernadette Schmitt, maire de Saintes, cherchait un grand projet. Claude Belot était prêt à lui donner « un coup de pouce » !

Il était question de pierre, compagnonnage, gallo-romain et architecture…

Bernadette Schmitt a été élue maire de Saintes en mars 2001, succédant à Michel Baron
Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur la valorisation du vallon des arènes que Jean-Philippe Machon, actuel maire de Saintes, souhaite concrétiser. L’idée passe d’autant moins inaperçue que l’association Médiactions, que préside Cécile Trébuchet, s’est érigée contre la présence de nouveaux gradins dans l’amphithéâtre qui viendraient, dit-elle, altérer cet édifice vieux de 2000 ans. 

Si cette affaire fait couler de l’encre (de même que l’aménagement d’une base de loisirs à La Palu, semble-t-il), les grands projets ne datent pas d’aujourd’hui. Ils étaient déjà dans l’air du temps quand Claude Belot - actuel maire de Jonzac - était président du Conseil Général. Ainsi, cet article d’octobre 2003 extrait de nos archives. 
Replongeons-nous dans le contexte : le complexe aquatique des Antilles de Jonzac vient d’ouvrir ses portes et les projets sont nombreux dans le département. Certains concernent Saintes dont le maire est pour la première fois une femme, Bernadette Schmitt (la seule jusqu’à présent). 

Après avoir connu des entourloupettes alors qu’elle envisageait de constituer une CDA avec Gémozac, la fusion ayant finalement échoué en provoquant des soubresauts entre Loïc Girard, conseiller général de Gémozac, Yves Massias, président de la CDC de Gémozac et Claude Belot, président de la CDC de Haute Saintonge, ce dernier, qui était aussi à la tête du Département, fut-il pris de remords à son égard ? Toujours est-il qu’il se disait prêt à aider Madame le Maire de Saintes dans ses aménagements futurs. Si la place Bassompierre a été réalisée, la nouvelle passerelle n’a jamais vu le jour, mais ça, c’est une autre histoire ! 

Cet article met en scène un intervenant extérieur, Gilles Cornut Gentille, fils de l’ancien maire de Cannes qui fut ministre de Charles de Gaulle. A l’époque, il travaillait à l’aboutissement de grands projets, dont ceux de la Charente-Maritime. Sa société, située à Paris dans le VIIe arrondissement, « spécialisée dans le secteur d'activité du conseil pour les affaires et autres conseils de gestion » aurait cessé ses activités après un jugement rendu début 2018. Il est par ailleurs l’auteur de plusieurs ouvrages.
La lecture de ces archives apporte une foule de renseignements et un enseignement : il y a déjà longtemps que Saintes veut valoriser ses vestiges gallo-romains…


Automne 2003 : Les grands projets fleurissent en Charente-Maritime. Le dernier en date, les Antilles de Jonzac, vient de s’enrichir d‘un casino. A leur tour, les communes de la Saintonge Romane planchent sur de nouvelles perspectives. Des pistes ont été évoquées lundi dernier avec Gilles Cornut-Gentille. Mandaté par Léo Bertrand, Secrétaire d‘Etat au Tourisme de Jacques Chirac, il est l’un des proches collaborateurs de Claude Belot avec lequel il travaille depuis 1998. 

La Saintonge Romane alors présidée par Xavier de Roux aux côtés de Jean Rouger, 
Michel Doublet et Christophe Dourthe
Lundi matin, les édiles de la Saintonge Romane étaient réunis à l’annexe du Conseil Général de Saintes pour parler tourisme, image et aménagement du territoire. En ce début de XXIe siècle, quelles activités constitueront l’économie de demain ? Le monde change et les grandes chapelles ouvrières appartiennent au passé. Le Conseil Général mise sur « des grands projets » qui animeront les différents territoires du département et dont les structures seront suffisamment importantes pour drainer une large clientèle.
Les thèmes sont choisis en fonction les attraits du site d’implantation. A Marennes, la future cité de l’huître est un bon exemple de concordance entre un produit, son lieu de production et son environnement. Idem pour le Pôle mécanique de la Genétouze où les 4 x 4 profiteront des pistes sableuses et forestières du Sud-Saintonge. Prochainement, le « Paléoscope » de Saint-Césaire, dans le canton de Burie, verra le jour. Son héroïne est Pierrette, néandertalienne égarée dans le monde des Sapiens, dont les ossements ont été découverts lors de fouilles à la Roche à Pierrot par les équipes des professeurs Lévêque et Vandermeersch. Yves Coppens, paléontologue renommé, sera le parrain de cette structure dédiée à nos ancêtres.

« Et que fait-on quand il n’y a pas d’éléments particuliers sur lesquels s’appuyer ? » s’interrogent les participants. La réponse vient de Jonzac où Claude Belot a « imaginé » les Antilles à la suite d’un voyage aux « îles sous le vent ». Quelles ont été ses motivations ? Il s’agissait de donner une dimension propice à l’évasion en proposant en Haute-Saintonge une structure aquatique axée sur le bien-être et la baignade avec un lagon, une partie remise en forme et une serre tropicale. Quant à l’architecture des Hendricks, ni martiquinaise, ni guadeloupéenne, elle est étonnante par sa conception !

Inauguration des Antilles de Jonzac : Nannie Hendriks, le responsable de la SEMDAS, Roelof Hendriks, architecte (aujourd'hui disparu), et Claude Belot (archives Nicole Bertin)
La pierre, le compagnonnage, le gallo-romain, l’architecture ?

Tout cela est intéressant, direz-vous, mais vous oubliez Saintes, la capitale de la Saintonge. Que s’y passe-t-il ? Dans un avenir proche, Bernadette Schmitt et son conseil municipal dévoileront au public les plans de l’aménagement de la place Bassompierre. Cette démarche est le symbole d’une volonté plus étendue. « Aller au delà de la concrétisation des dossiers portés par Michel Baron dont le Gallia et la Rue Mauny, est nécessaire. Bernadette Schmitt doit, elle aussi, apporter sa pierre à l’édifice » soulignent les observateurs.
Claude Belot a-t-il entendu l’appel ? Il n’est pas interdit de le penser. Toujou rs est-il que Gilles Cornut Gentille, « homme de confiance » chargé de mener à bien les ambitions jonzacaises  - Antilles, casino, résidence Pierre et Vacances, lotissement, etc  - est venu à Saintes étudier ce qui peut y être fait. Sans doute faut-il y voir un signe de réconciliation politique entre le maire de Saintes et le président du Conseil Général qui n’ont pas toujours été sur la même longueur d’ondes (en matière de Communauté d‘Agglomération par exemple)...

La mission officielle de Gilles Cornut Gentille, confiée par le Secrétaire d’Etat au Tourisme Léo Bertrand, consiste à identifier « des sites en France à vocation touristique qui ne connaissent pas actuellement l’essor que leurs atouts devraient leur faire valoir et cela pour des problèmes d’infrastructures ferroviaires, hôtelières et autres. Ces sites, harmonieusement répartis sur le territoire national, devront toutefois être à proximité de zones hautement fréquentées ».
Accueilli par le député Xavier de Roux, président de la Saintonge Romane, il estime que ce secteur présente des caractéristiques correspondant aux critères définis par le Gouvernement. L’objectif numéro un est un recensement afin d’établir les potentialités.

Gilles Cornut Gentille, chargé de suivre les projets en Charente-Maritime
Les maires sont invités à présenter les atouts de leurs communes respectives. Dans la cité santone, Bernadette Schmitt pense que le gallo-romain a une place importance à jouer avec ses emblématiques arènes. Des animations régulières dans l’amphithéâtre permettraient de raconter l’histoire de la «Mediolanum » antique, d’autant que l’arc romain de Germanicus est encore visible, ce témoignage ayant miraculeusement échappé aux destructions du XIXe siècle. On pourrait également reconstituer les thermes. Catherine Bongard, maire adjoint, abonde dans son sens. L’histoire est un thème porteur : « nous devons trouver les bons outils pour la mettre en scène ».
D’autres propositions sont lancées. Parmi elles, faire de Saintes, riche en édifices religieux, la cité de la pierre et du compagnonnage, voire de l’architecture au cours des siècles puisqu’elle possède de nombreux vestiges, de l’amphithéâtre en passant par la crypte de Saint-Eutrope, les édifices du XVIIIe et des éléments contemporains (ville cheminote). Un partenariat pourrait s’instaurer avec les Lapidiales de Port d’Envaux et la manifestation de Lozay, « la pierre et le ciseau ».
Il y aussi le fleuve Charente où vogue la gabare (à ce sujet, une signalétique indiquant les commerçants et autres services aux ports d’escale serait la bienvenue) et les bords de Seugne qui sont incontestablement à valoriser. Depuis que les brigades vertes de Tourisme et Pêche ont rangé leur matériel, s’y promener devient épique. Un effort est à faire dans ces communes qui possèdent un marais remarquable (Courcion par exemple), « plus riche que son cousin poitevin », où les berges sont dans un état proche de la forêt vierge depuis la dernière tempête. Promeneurs et pêcheurs apprécieraient.
S’y ajoutent le circuit des église romanes, des châteaux comme ceux de la Roche-Courbon (dédié à la Belle au bois dormant), Crazannes (Chat botté), Panloy, Le Douhet (hanté par des fantômes) et la possibilité de créer le village de Bernard Palissy à la Chapelle des Pots (on cherche des financements, Bernadette Schmitt avouant humblement que la CDC du Pays Santon n’a plus d’argent).

Bernadette Schmitt et Michel Charasse en visite dans la région
Les propositions fusent car chaque lieu recèle un passé à mettre en valeur. Reste à trouver le lien fort qui les fédérera. « Saintes est connue. Toutefois, elle n’a plus l’éclat qu’elle avait dans le passé » remarque Gilles Cornut Gentille. Dans la salle, Véronique Bergozzoni, chargée de mission à la Saintonge Romane, ne partage pas cette opinion. Les commentaires des touristes démontreraient plutôt le contraire : « ils adorent la Saintonge et sont de plus en plus nombreux à s’y rendre » dit-elle. Quoi qu’il en soit, on peut toujours mieux faire :  La Saintonge sera donc remise en scène !

Dans un premier temps, le représentant de Léo Bertrand souhaite rencontrer les acteurs locaux : responsables de la société d’archéologie, historiens, Semdas, Saintonge Romane, mairie de Saintes, CDC. Un groupe sera constitué qui élaborera un projet de développement. Il devrait entraîner de nouveaux besoins en capacité d’hébergement. « Aujourd’hui, un hôtel deux étoiles, capable de recevoir l’équivalent de deux cars, serait le bienvenu » constatent les acteurs locaux.

La balle est maintenant dans le camp de Gilles Cornut Gentille : « compte-tenu des atouts de ce territoire, je suis confiant en son avenir » déclare-t-il...

• Christophe Dourthe imagine des randonnées gallo-romaines à travers la Saintonge Romane, Fontaines de Vénérand, aqueduc (où la société archéologique poursuit des travaux) , thermes de Saintes, amphithéâtre de Saintes, arènes de Thénac, etc

• Quand archéologie et nettoyage ne font pas bon ménage...
Pour lutter contre les inondations de la Charente, le plan de protection prévoit un dragage du fleuve. Or, les services de l’archéologie subaquatique ne l’entendent pas de cette oreille, les pirogues et autres vestiges du temps d’avant étant nombreux en aval de Saintes, vers Taillebourg, Bussac (qui rejoignait la Chapelle des Pots par un sentier de contrebande). Elus et chercheurs essaient de trouver une « eau » d‘entente...

• Pourquoi tant de centres culturels de rencontres ?

Question de Christophe Dourthe, conseiller général qui se demande pourquoi la Charente-Maritime possède deux centres culturels de rencontres, Rochefort et Saintes et un centre de culture européen, Saint-Jean d’Angély. En France, il en existe une dizaine et Paris a l’impression de donner énormément d’argent à la Charente-Maritime pour un résultat qui ne serait pas forcément à la hauteur des espérances. Dans la salle, d’ardents défenseurs des différentes structures firent savoir que chacun travaillait à présenter des projets...       

• Quand les Rochelais avaient peur de Saintes...
Xavier de Roux évoque l’époque de la construction de l’annexe du Conseil Général, projet porté avec Alain Bougeret : « Quand il a vu les plans de l’auditorium, François Blaizot, alors président, a cherché à minimiser le projet » déclare l’élu.
Les services sociaux se sont installés dans la cité santone et, compte-tenu de l’extension des activités, la surface des bureaux va être triplée. A proximité, les travaux du nouvel hôpital des Arènes se poursuivent. Ils feront de Saintes un grand centre de santé.

Photos archives © Nicole Bertin

Voyage dans le temps : Souriez, vous êtes à Mediolanum il y a 2000 ans !

Ou du moins au cœur des vestiges qui ornaient les édifices de la grande capitale gallo-romaine aux premiers siècles de notre ère. Lesquels, après leur découverte et moult pérégrinations, étaient exposés au musée lapidaire de la place Bassompierre. Ils sont actuellement en cours de « déménagement » vers la Trocante (avenue Jourdan), en l’attente d’une construction digne de ce nom qui devrait se trouver près de l’amphithéâtre.

Le musée lapidaire en plein "déménagement"

En 2016, le musée lapidaire de Saintes, situé sur la place Bassompierre, a fermé ses portes pour des raisons de sécurité. Le bâtiment ne pouvant être restauré sans ôter les collections, la mairie s’est trouvée dans l’obligation d'en interdire l'accès au public (ce qui est toujours regrettable) et de rechercher un nouveau lieu pour mettre les "objets" à l’abri. La Trocante a été choisie pour les abriter temporairement avant qu’ils ne reviennent dans le grand musée archéologique que le maire, Jean-Philippe Machon, souhaite construire près des arènes.

Au centre, un grand masque de théâtre de l'époque flavienne
Bel exemple de chapiteau orné
Ces dernières semaines, un premier transfert a été réalisé par les équipes municipales, chargées des éléments les plus "maniables" (frises, sculptures, mausolées, etc), soit une soixantaine de palettes sur 570 à transporter. La seconde tranche, concernant les éléments les plus massifs, a débuté jeudi dernier. Pour ces manipulations délicates, appel a été fait à la société Bovis qu’encadre un spécialiste Anthony Quatreveau. Il s’agit d’un vaste chantier concernant les gros blocs, colonnes, chapiteaux et autres ornementations.

Le musée lapidaire, tel que nous l'avons connu, a été conçu d’une manière différente des méthodes actuelles qui s’appuient sur la rigueur historique et architecturale. Si les frises, par exemple, étaient à peu près ajustées, il n’en était pas de même pour les colonnes qui pouvaient à la fois conjuguer des styles dorique et corinthien, preuve qu’elles avaient été assemblées pour produire un effet et non répondre à une réalité. L’ensemble, toutefois, était spectaculaire et respectable ! Etaient exposés des vestiges prestigieux qui devaient probablement se trouver sur le forum (différents édifices dont temples, etc). Des splendeurs, preuve que les tailleurs de pierre de Mediolanum, baptisée « la petite Rome », n’étaient pas des amateurs !

Les équipes de la société Bovis, encadrées par un spécialiste A. Quatreveau, sont chargées d’évacuer les gros blocs
Des assemblages spectaculaires, mais ne correspondant pas à la réalité de l'édifice initial !
A la fin du IIIe siècle, quand Mediolanum a été victime des premières invasions, la ville aux belles proportions s’est recroquevillée sur 16 hectares. Les remparts, alors édifiés pour la protéger, l’ont été avec les moyens du bord, c’est-à-dire les pierres que les habitants avaient sous la main. L’époque avait changé et le christianisme grandissant - avec la présence de Saint-Eutrope - commençait à chasser les dieux de l’Olympe. En conséquence, les témoignages du passé se sont retrouvés dans cette construction qui constituait une sorte de boucle (des quais à l'actuelle place du 11 novembre). Pour Bertrand Maratier, directeur du pôle archéologique de Saintes, « ces remparts servaient à la fois de protection, mais ils montraient aussi la puissance de la cité ».

Au XIXe siècle, des érudits ont estimé que ces témoignages devaient être valorisés. C’est alors que l’idée d’un musée a fait peu à peu son chemin, concrétisée dans les années 1930 par Charles Dangibeaud, conservateur. Après une certaine "errance", les éléments mis au jour lors des fouilles ont été exposés dans les anciens abattoirs réaménagés (ex-faïencerie). « De par sa grandeur à l'époque de Mediolanum, Saintes en Nouvelle Aquitaine possède une collection exceptionnelle » souligne l’archéologue. Un nouvel inventaire des pièces aura lieu prochainement, le dernier remontant à 1949…


Magnifique sculpture de l'époque flavienne
Du travail sur la planche !
• Au sujet du rempart, l'arc de Germanicus a été épargné !

Selon Louis Maurin, universitaire spécialiste de l'Antiquité et auteur de l'ouvrage "L'histoire de l'Aunis et de la Saintonge, des origines jusqu'à la fin du VIe siècle après J.C", « les matériaux du rempart provenaient en partie de la récupération de ruines éparses dans la ville qui ont du fournir des moellons calibrés pour les parements et informes pour le blocage. Cependant, si l'on découvre quotidiennement des murs  de construction romaine entièrement déchaussés, il est impossible d'attribuer une date à ces récupérations. Les parties construites en moellons de petit appareil de grands monuments comme l'amphithéâtre, les thermes de Saint-Saloine et de Saint-Vivien ont subsisté durant de longs siècles et, pour l'amphithéâtre, jusqu'à l'heure actuelle. Les blocs de soubassement semblent tous provenir d'une récupération systématique des parties de murs en grand appareil, mais aussi de dallages. Les matériaux n'ont pas manqué aux récupérateurs puisque, dans l'amphithéâtre, une partie des gradins et du parement en grand appareil ont été laissés sur place ».
L'historien s'interroge, par ailleurs, sur le sort réservé à l'arc de Germanicus, dont les blocs n'ont pas été utilisés pour le rempart. Sans doute faut-il voir à ce traitement l'attachement des habitants qui le considéraient comme « un bastion protecteur du passage de la Charente »...

 • Infos pratiques : 

- Dans un premier temps, chercheurs et étudiants devraient avoir accès à ces vestiges entreposés à la Trocante, ainsi qu’au public pour les Journées du Patrimoine.

- Quant à l’ancien musée lapidaire, compte-tenu de sa position stratégique sur la place Bassompierre, on peut imaginer plusieurs pistes une fois le bâtiment réparé. Un lieu de rendez-vous pour les peintres ou les photographes saintongeais, par exemple ?
 
Scènes de la vie quotidienne gravées sur un mausolée à l'époque de Mediolanum
Avis aux latinistes  !
Les travaux devraient s'étendre jusqu'en avril prochain

Bertrand Maratier, directeur du pôle archéologique, évoque le passé prestigieux de Mediolanum
Entre ombre et lumière, Mediolanum révèle ses beautés oubliées...
Photos © Nicole Bertin